Profession d’infirmière et infirmier auxiliaire - Une passion qui traverse les frontières

Dossier Immigration

Lydia Belal était médecin en Algérie ; John Alowanou, infirmier au Bénin. Tous deux ont traversé l’océan il y a quelques années et ont trouvé au cœur de la profession d’infirmière et infirmier auxiliaire une véritable passion. Ces derniers comptent parmi les membres de l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ) qui complètent avec succès le processus de reconnaissance d’équivalence pour l’exercice de la profession.

Annabelle-Baillargeon.gif#asset:9866:urlpar Annabelle Baillargeon, Directrice adjointe, Service des communications et des partenariats stratégiques
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En collaboration avec Marilou Couture, Inf. aux., directrice, Service de la formation professionnelle et des permis et secrétaire adjointe de l’Ordre

Avant même de quitter leur pays, ces deux professionnels en soins avaient entrepris les démarches afin de pouvoir pratiquer au Québec. 

Quelques collègues médecins avaient informé Mme Belal au sujet de la formation d’appoint visant l’obtention du droit de pratique à titre d’infirmière ou d’infirmier auxiliaire (FAPO).

« J’avais jeté un coup d’oeil au champ d’exercice pour bien comprendre de quoi il s’agissait. Je trouvais que le large éventail de possibilités dans des milieux variés était vraiment intéressant, le tout jumelé à toutes nos activités réservées et nos techniques à appliquer », mentionne l’infirmière auxiliaire.

M. Alowanou a lui aussi fait ses recherches avant d’arriver au Québec. « C’est important d’être bien renseigné sur le processus. Ça nous permet de mieux nous orienter dans les démarches et de ne pas nous décourager », ajoute-t-il.

Étapes

Plusieurs scénarios sont possibles lorsqu’une demande de reconnaissance d’équivalence est déposée. Après l’évaluation du portfolio des candidates n’ayant jamais exercé la profession au Québec, l’OIIAQ les convoque à l’évaluation diagnostique. Par la suite, leur dossier sera étudié par le comité d’étude des équivalences. Une recommandation est alors soumise au comité exécutif, qui déterminera si les candidates doivent suivre la formation initiale, celle d’appoint ou passer directement à l’examen professionnel (pour les candidats possédant un complément de formation réussi au Québec), tout dépendant si la personne bénéficie d’une équivalence partielle, totale ou si n’en bénéficie pas.

Selon les modalités des dossiers déposés, il peut s’écouler jusqu’à deux ans entre le dépôt d’une demande et l’obtention d’un permis.

« Il ne faut pas se décourager, ça se passe bien si l’on est bien préparé et qu’on a tous les renseignements. Il ne faut pas abandonner, j’encourage tous ceux qui ont la volonté de venir au Québec », ajoute M. Alowanou.

Les bienfaits de la formation

Lydia Belal a grandement apprécié sa formation FAPO. « Les enseignants étaient à la hauteur, assure-t-elle. Il y avait un bel échange puisque la classe était composée aussi d’élèves québécois qui n’avaient pas exercé leurs 400 heures en quatre ans. Ça permettait de bons échanges et de nous construire un beau bagage. »

Lydia-Belal.gif#asset:9954« Je trouvais que le large éventail de possibilités dans des milieux variés était vraiment intéressant, le tout jumelé à toutes nos activités réservées et nos techniques à appliquer. » - Lydia Belal
L’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ) figure parmi les dix ordres qui intègrent le plus les professionnels issus de l’immigration. L’Ordre aspire à être un exemple en matière d’inclusion et cherche à fixer les meilleurs moyens pour atteindre son objectif. 

Pour s’assurer d’accueillir ces candidates adéquatement, l’OIIAQ participe aux rencontres du Conseil interprofessionnel québécois (CIQ). Ces dernières réunissent différents ordres majoritairement issus du secteur de la santé, afin d’échanger sur l’intégration professionnelle des immigrants. 

Au cours de ces rencontres avec le CIQ, les intervenants se penchent sur les meilleures méthodes pour planifier la main-d’œuvre. Une réflexion est également portée sur la sensibilisation des milieux scolaires et de travail à la multiethnicité.

De plus, les participants travaillent en équipe pour cerner les sources de décrochage et les prévenir. La francisation des professionnels immigrants demeure l’enjeu incontournable auprès de tous les ordres. Ces rencontres permettent de cibler les principaux éléments à prendre en considération et à partager les bonnes pratiques pour assurer une pleine intégration positive.
John.gif#asset:9957« C’était la première fois que je me retrouvais dans un endroit avec autant de différentes cultures réunies. Ça nous permet d’apprendre énormément ! » - John Alowanou

Pour l’infirmier auxiliaire du Bénin, l’intégration aux cours s’est faite aisément. « C’était la première fois que je me retrouvais dans un endroit avec autant de différentes cultures réunies. Ça nous permet d’apprendre énormément », lance M. Alowanou.

La formation permet aussi aux candidates à la profession de se familiariser avec le système de santé québécois et aux termes utilisés spécifiquement dans la province. « Nous avons différentes appellations, par exemple, nous appelons “sparadra ” un diachylon », indique Mme Belal.

« Un coeur ou une rate, ça ne change pas. L’anatomie reste la même, c’est le système de santé qui peut varier », enchaîne-t-elle.

« Chez moi, le patient ou une personne qui l’accompagne doit passer à la caisse pour honorer les frais de bases. Ici, il y a l’assurance. Les démarches ne sont pas les mêmes », cite en exemple M. Alowanou.

Polyglotte

Au Bénin, John Alowanou a été habitué aux différents dialectes parlés dans son pays. Avec comme langue de travail le français, il arrivait à communiquer avec ses collègues sans problème. « La réalité ici avec les diversités culturelles tant dans les cours que dans les milieux de soins se rapproche de ce que j’ai connu. Je suis habitué à cette gymnastique », souligne-t-il.

Les professionnels en soins remarquent que la langue constitue la principale barrière pour les patients qui ne parlent pas français. Leur propre expérience d’intégration dans la province permet de créer des liens plus facilement avec cette clientèle dans les établissements de soins.

Il faut savoir que l’Office québécois de la langue française (OQLF) ne permet pas à l’Ordre de délivrer un permis aux candidats qui n’ont pas une connaissance appropriée de la langue française à l’exercice de leur profession. Ainsi, un permis temporaire est délivré suite à la réussite de l’examen professionnel. La candidate ayant reçu son permis par la voie des équivalences aura alors jusqu’à quatre ans pour se conformer aux exigences de l’OQLF pour se voir délivrer un permis permanent, sans quoi son dossier sera fermé.

Un rôle essentiel

Dans l’exercice de leur profession, ces professionnels en soins sont fiers du rôle important qu’ils jouent dans les équipes de soins. Selon eux, la relation de confiance avec le patient est indispensable pour offrir des soins sécuritaires et de qualité.

« Je suis content de pratiquer ce métier, puisque je touche davantage aux soins comme infirmier auxiliaire dans mon milieu de travail, indique John Alowanou qui exerce en CHSLD. Tout se joue au premier contact, si l’on ne détecte pas quelque chose, ça peut affecter toute la chaîne. Nous sommes les yeux et les oreilles, notre place est importante et nous devons la prendre ! »

Quelques années après avoir été sur les bancs d’école, Lydia Belal continue de pratiquer, en plus d’enseigner à son tour à la relève.

« L’école est une vraie ruche d’abeilles, compare l’enseignante d’origine algérienne. Les élèves sont curieux et mon rôle est de les orienter dans leur parcours. J’ai la chance d’avoir l’opportunité de contribuer à l’avancement de la profession et j’en suis très redevable ! »

« Pour moi, mon rôle est essentiel pour participer avec l’équipe de soins au bien-être du patient, poursuit-elle. Je suis née le 5 mai, la même date que la Journée des infirmières et infirmiers auxiliaires, j’étais faite pour ça ! »

Tableaux 2017-2018

Décisions concernant la délivrance des permis

DEMANDES DE PERMIS REÇUESDemandes de permis accordées
Québec1 2451 245
Équivalence de diplôme--
Canada1111
Hors Canada--
Équivalence de formation168168
Canada1717
Hors Canada151151
Permis régulier délivré suite à des permis temporaires4141


Décisions concernant les demandes d'équivalence de formation

Demandes d’équivalence
reçues
Demandes
d’équivalence
accordées
Demandes d’équivalence refusées
1. Québec24213
2. Ontario211
3. Provinces de l’Atlantique1-1
4. Provinces de l’Ouest et les Territoires---
TOTAL (hors du Québec, mais au Canada)27225
5. France963
6. Dans le reste de l’Union européenne642
7. États-Unis---
8. Dans le reste du monde29827820
TOTAL (hors du Canada) 31328825

Le processus de reconnaissance d’équivalence pour l’exercice de la profession d’infirmière et infirmier auxiliaire*

* Ces étapes peuvent varier en fonction du dossier de chaque candidat.

Processus de reconnaissance d'équivalence

Les membres doivent également se conformer au Règlement de la formation continue obligatoire, qui demande aux infirmières et infirmiers auxiliaires de compléter dix heures de formation tous les deux ans.

Pour répondre à toutes questions concernant l’admission par équivalence ou les types de permis : 
514 282-9511 poste 240 / 1 800 283-9511
equivalence@oiiaq.org


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