Divers aspects de la pratique professionnelle

  • Quelles sont les activités que l’infirmière auxiliaire peut exercer en obstétrique (soins mère-nouveau-né) ?

    L’infirmière auxiliaire peut exercer diverses activités professionnelles qui lui sont reconnues par la loi.

    Ainsi, elle peut notamment, en vertu de l’article 37p) du Code des professions, contribuer à l’évaluation de l’état de santé d’une personne (y compris, de la mère et/ou du nouveau-né) et à la réalisation du plan de soins, prodiguer des soins et des traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir la santé, de la rétablir et de prévenir la maladie.

    De plus, elle peut exercer auprès de la mère et du nouveau-né, l’une ou l’autre des neuf activités qui lui sont réservées à l’article 37.1 5o du Code des professions. Conséquemment, elle peut prodiguer des soins et des traitements reliés aux plaies selon une ordonnance ou selon le plan de traitement infirmier. Elle peut également administrer de l’ocytocine par voie intramusculaire, selon l’ordonnance, lorsque prescrit pour provoquer ou stimuler les contractions de l’utérus.

    De plus, l’infirmière auxiliaire peut, après évaluation de l’infirmière et selon ses directives, vérifier la fermeté et la hauteur de l’utérus, procéder au massage utérin afin de favoriser la contraction de l’utérus et surveiller ou observer la coulée des lochies pendant le massage. Enfin, l’infirmière auxiliaire doit consigner au dossier toute observation ou soins dispensés.
     
    Information

    Selon l’article 39.4 du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut dispenser de l’information dans la mesure où celle-ci est reliée aux activités professionnelles qu’elle peut exercer. Ainsi, elle peut dispenser de l’information relative à l’état de la mère et du nouveau-né, notamment en ce qui concerne l’allaitement du nouveau-né ou tout autre soin qu’elle prodigue à la mère et/ou au nouveau-né. À cette fin, elle utilise les outils développés par la direction des soins infirmiers.
     
    EXTRAITS DU PROGRAMME D’ÉTUDES PROFESSIONNELLES

    Santé, assistance et soins infirmiers (5325)

    La compétence 27 du programme d’études porte le titre Approche privilégiée pour la mère et le nouveau-né (Durée : 30 heures) et comporte notamment les éléments suivants :

    • Établir des liens entre la grossesse, la période post-partum et des manifestations cliniques chez la mère;
    • Relever les besoins d’une mère;
    • Relever les besoins du nouveau-né;
    • Veiller au confort d’une mère et du nouveau-né (cela inclut la vérification des lochies, soins périnéaux et engorgement mammaire).

    La compétence 28 du programme d’études est décrite comme suit : Soins à des mères et à des nouveau-nés (Durée : 30 heures). Ce module prévoit divers apprentissages devant permettre de donner des soins spécifiques à la mère ou à son nouveau-né. Il couvre divers aspects : respect de l’ordonnance, respect des procédés de soins, soins et pharmacothérapie, interprétation des signes vitaux et reconnaissance des manifestations cliniques liées à des altérations. Ce module doit aussi permettre à l’infirmière auxiliaire de communiquer de l’information relative aux soins donnés et à l’état de la mère ou du nouveau-né.

  • Est-ce qu’une infirmière auxiliaire peut, selon une ordonnance, effectuer un prélèvement sanguin chez un patient âgé de moins de 14 ans ?

    Tel qu’énoncé à l’article 37.1 5o du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut introduire un instrument, selon une ordonnance, dans une veine périphérique à des fins de prélèvement. Elle peut effectuer cette activité chez toutes les clientèles, et cela, sans restriction quant à l’âge de la personne, y compris chez les moins de 14 ans.

  • Une infirmière peut-elle demander à une infirmière auxiliaire de faire avec elle, la vérification de sang ou de produits sanguins, de médicaments et d’autres substances?

    À plusieurs reprises, l’OIIAQ a été consulté pour savoir si une infirmière auxiliaire pouvait, en collaboration avec une infirmière, faire la vérification de sang et produits sanguins. Compte tenu des risques de préjudice importants qui pourraient être causés suite à une erreur d’administration de sang ou produits sanguins, une procédure rigoureuse doit être suivie. L’infirmière doit se conformer à cette procédure et s’adjoindre une autre infirmière pour procéder à la vérification de sang ou de produits sanguins et à l’identification du patient.

    Advenant qu’une deuxième infirmière ne soit pas disponible pour procéder à cette vérification, l’OIIAQ est d’avis que l’infirmière peut demander à une infirmière auxiliaire présente de procéder avec elle aux vérifications d’usage.

    Cette même façon de procéder pourrait s’avérer utile lors de l’administration de médicaments ou substances lorsque celle-ci est réservée à l’infirmière et requiert une double vérification. Cette pratique doit toutefois demeurer exceptionnelle, c'est-à-dire, lorsqu’une autre infirmière n’est pas disponible.

    L’OIIAQ recommande que les procédures en vigueur dans les établissements soient mises à jour ou adaptées pour tenir compte de l’organisation du travail et des équipes de soins et soient rédigées de manière à être applicables.

  • Est-ce qu’une infirmière auxiliaire peut, selon une ordonnance, procéder à l’irrigation de l’oreille externe?

    L’OIIAQ confirme que l’activité qui consiste à nettoyer ou irriguer l'oreille externe par l'injection d'une solution dans le conduit auditif peut être exercée par une infirmière auxiliaire, selon une ordonnance. Elle doit s’assurer de bien connaître la méthode de soins et être en mesure d’identifier les diverses alertes cliniques afin de cesser l'irrigation si le patient se plaint notamment de douleurs, de nausées ou de vertiges.

    Il est important de préciser qu’une évaluation doit être faite par un médecin ou une infirmière avant et après le traitement.

  • Quelles sont les conditions qu'une infirmière auxiliaire doit respecter avant d'administrer un médicament prescrit sous ordonnance collective ?

    Dans le cadre d'une entente avec l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, nous avons convenu du rôle de l'infirmière auxiliaire en lien avec les ordonnances collectives. Nous vous invitons à consulter cette entente.

  • Une infirmière auxiliaire peut-elle administrer un médicament prescrit au besoin (PRN) et ce, sans une évaluation préalable de l'infirmière?

    L’OIIAQ confirme que l’infirmière auxiliaire peut administrer un médicament prescrit au besoin (PRN). D’ailleurs, le document conjoint OIIQ-OIIAQ intitulé Orientations pour une utilisation judicieuse de la Règle de soins infirmiers  suggère une règle de soins infirmiers portant sur l’administration de médicaments prescrits au besoin (PRN). Les conditions de cette règle de soins précisent ceci :

    • Lorsqu’un médicament est prescrit au besoin (PRN), l’infirmière doit déterminer à partir de son évaluation de l’état de santé du client les conditions d’administration du médicament qu’elle consigne au plan thérapeutique infirmier pour assurer l’administration adéquate et appropriée. L’ajustement du médicament PRN est réservé à l’infirmière.
    • Les infirmières auxiliaires peuvent administrer les médicaments prescrits au besoin (PRN) en respectant les conditions prévues au plan thérapeutique infirmier, notamment lorsqu’il y est mentionné la nécessité d’une évaluation préalable par une infirmière.
    • Le plan thérapeutique infirmier ne peut prévoir systématiquement une évaluation préalable de la condition du client par l’infirmière avant que les infirmières auxiliaires procèdent à l’administration de médicaments prescrits au besoin (PRN) dans le cadre d’une ordonnance médicale individuelle, à moins que cette évaluation ne soit requise ou justifiée par la condition du client. »

    Donc, il faut comprendre que si l’infirmière n’a pas donné d’indication contraire au plan thérapeutique infirmier, l’infirmière auxiliaire pourra administrer un médicament qui est prescrit au besoin (PRN) et devra par la suite, en assurer le suivi auprès de l’infirmière

  • Quelles conditions une infirmière auxiliaire doit-elle respecter lorsqu’elle prodigue des soins de pieds?

    Conformément à l’article 37.1 5o c) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut :

    « Prodiguer des soins et traitements reliés aux plaies et aux altérations de la peau et des téguments, selon une ordonnance ou selon le plan de traitement infirmier. »

    Elle peut donc dispenser des soins de pieds si le patient détient une ordonnance d’un médecin ou d’un podiatre ou un plan de traitement infirmier élaboré par une infirmière. Il est entendu que l’ordonnance ou le plan de traitement infirmier ne sont pas requis pour la coupe d’ongles normaux. De plus, l’OIIAQ recommande aux infirmières auxiliaires de suivre une formation spécialisée en soins de pieds. Pour être reconnue par l’OIIAQ, cette formation doit être dispensée par un professionnel de la santé soit, un médecin, une infirmière, une infirmière auxiliaire ou un podiatre.

  • Est-ce qu'une infirmière auxiliaire peut exercer sa profession en santé mentale ?

    Ce secteur d'activités n'échappe pas à la mouvance que vit présentement le réseau de la santé. En effet, les rôles et responsabilités des divers intervenants se redéfinissent actuellement. D'ailleurs, la Loi modifiant le Code des professions et d'autres dispositions législatives dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines devrait être mise en vigueur prochainement. 

    Dans ce secteur comme dans les autres d'ailleurs, une collaboration interprofessionnelle doit exister pour maximiser la prestation de soins et de services auxquels les patients sont en droit de s'attendre. De tout temps, les infirmières auxiliaires ont reçu une formation les préparant à oeuvrer dans ce secteur d'activités. Dans le programme actuellement en vigueur Santé, Assistance et soins infirmers (SASI), 2 modules totalisant 120 heures de formation sont consacrés aux notions spécifiques reliées à la santé mentale.

    Conséquemment, les activités réservées à l'infirmière auxiliaire l'autorisent à jouer un rôle important en santé mentale et à collaborer étroitement avec les autres intervenants, notamment les infirmières. Plus particulièrement, l'infirmière auxiliaire peut contribuer à l'évaluation de l'état de santé de ses patients, veiller à l'administration des divers médicaments prescrits, en surveiller les effets, documenter ses observations et participer aux rencontres interdisciplinaires.

  • Une infirmière auxiliaire peut-elle procéder au décompte des narcotiques?

    Il faut immédiatement mentionner qu'il n'existe aucune disposition dans les lois et règlements applicables interdisant à l’infirmière auxiliaire de procéder au décompte des narcotiques, de signer la feuille de contrôle, de transporter les narcotiques de la pharmacie jusqu'à l’unité de soins et d'avoir accès à l'armoire à narcotiques.

    Selon le Règlement sur l'organisation et l'administration des établissements, le pharmacien doit établir et appliquer des politiques sur la préparation, la distribution et le contrôle de l'utilisation des médicaments, des drogues ou des poisons. Cette obligation s'applique dans tous les établissements du réseau de la santé.

    Ces politiques peuvent prévoir les conditions de transport des narcotiques dans l'établissement, les procédures d'accès à l'armoire à narcotiques ainsi que les mesures de contrôle de ceux-ci. À cette fin, chaque établissement de santé a l'obligation d'établir les mesures nécessaires pour assurer le contrôle des narcotiques. Il peut donc en toute légalité permettre à une infirmière auxiliaire d'appliquer ces mesures, de procéder au décompte des narcotiques et de signer la feuille de contrôle. Enfin, il doit désigner une personne responsable des clés de l'armoire à narcotiques sur chaque unité de soins. L’infirmière auxiliaire peut donc être responsable de l'armoire à narcotiques et assumer la responsabilité de son contrôle.
     
    Les cabinets automatisés décentralisés

    Depuis quelques années, on retrouve dans certaines unités de soins des établissements de santé du Québec, des cabinets automatisés décentralisés. Ces appareils de distribution des médicaments comportent plusieurs avantages, dont l’amélioration de l’accessibilité aux médicaments et la réduction du risque d’erreurs, de pertes ou de vols de narcotiques, puisque l’appareil en fait lui-même le décompte.

  • Quelles sont les obligations d’une infirmière auxiliaire à l’égard de la rédaction des notes d’observation?

    La rédaction des notes d’observation au dossier médical du patient soulève plusieurs questions d’ordre légal et professionnel. L’infirmière auxiliaire doit donc y porter une attention toute particulière dans le cadre de sa pratique. Les notes d’observation qu’elle inscrit au dossier constituent le reflet de sa compétence professionnelle et de la qualité des soins qu’elle dispense aux patients. Par ailleurs, l’infirmière auxiliaire doit toujours inscrire son titre professionnel à la suite de sa signature et, à cet égard, l’OIIAQ recommande à ses membres l’utilisation de l’abréviation « inf. aux. » et pour les membres anglophones, les initiales « L.P.N ».

    En vertu du Règlement sur l’organisation et l’administration des établissements, l’infirmière auxiliaire a l’obligation de rédiger elle-même les notes d’observation dans le dossier du patient dont elle a la responsabilité. Cette obligation s’impose dans toutes les circonstances, incluant les cas où les dossiers des patients sont informatisés. Enfin, l’infirmière auxiliaire est liée par une obligation de confidentialité à l’égard de toutes les informations consignées au dossier du patient et ce, notamment en vertu des articles 48 à 50 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires.

  • Est-ce qu’une infirmière auxiliaire peut recevoir une ordonnance téléphonique?

    Tout d’abord, il faut préciser que l’infirmière auxiliaire peut, selon l’article 37.1 5o f) « Administrer par des voies autres que la voie intraveineuse des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance ». En vertu du Règlement sur les normes relatives aux ordonnances faites par un médecin , le médecin peut transmettre une ordonnance sous plusieurs formes. Même si l’ordonnance est généralement écrite, il arrive parfois que cette ordonnance soit faite verbalement ou par téléphone. Le médecin qui communique verbalement une ordonnance doit se conformer à l’article 3 dudit règlement. 

    L’ordonnance téléphonique (OT) doit ensuite être consignée au dossier médical du patient par l’infirmière auxiliaire. Conséquemment, l'infirmière auxiliaire peut recevoir du médecin une OT concernant l’administration de tous les médicaments ou traitements compris dans ses activités réservées. De même, elle peut administrer ledit médicament ou prodiguer le traitement sans attendre que le médecin confirme ultérieurement par écrit ladite ordonnance au dossier du patient.

    Transcription d’une ordonnance au dossier du patient et à la feuille d’administration des médicaments (FADM)

    Compte tenu de ce qui précède, l'infirmière auxiliaire est aussi habilitée à recevoir et retranscrire au dossier du patient et à la FADM, si besoin est, les ordonnances émises ou toutes modifications apportées à celles-ci par un médecin. L’infirmière auxiliaire doit aussi assurer le suivi auprès de l’infirmière concernant toutes modifications apportées aux médicaments ou traitements prescrits au patient.


Partage