Divers aspects de la pratique professionnelle

  • Une infirmière auxiliaire peut-elle administrer de l’immunoglobuline anti-D, tel que le WinRho ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut ;

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    L’immunoglobuline anti-D, tel le produit WinRho, est un dérivé sanguin pouvant être administré par la voie intramusculaire. Toutefois en raison des risques associés à l’administration de cette substance, l’infirmière auxiliaire doit se soumettre à la politique émise par le Comité provincial d’uniformisation des méthodes de soins en médecine transfusionnelle.

  • L’infirmière auxiliaire peut-elle avoir un rôle de responsable des soins infirmiers en résidence privée pour aînés (RPA) ?

    Oui, l’infirmière auxiliaire peut avoir un rôle de responsable de soins infirmiers. Elle peut également exercer toutes les activités de gestion ou les fonctions administratives qui lui sont confiées. 

    Une RPA pourrait désigner une infirmière auxiliaire exerçant dans ce milieu à titre d’infirmière auxiliaire chef ou de coordonnatrice des soins infirmiers, afin de souligner le lien hiérarchique qu’elle exerce sur le personnel soignant. Toutefois, malgré son titre, cette dernière a la responsabilité de se présenter comme infirmière auxiliaire et de ne pas laisser croire à la clientèle qu’elle est infirmière.
     
    Cette infirmière auxiliaire doit également s’assurer qu’elle n’exerce que les activités professionnelles qu’elle est légalement habilitée à exercer. Elle se doit de connaître, entre autres, les articles 37 p) et 37.1 5° du Code des professions et d’avoir une éthique déontologique (Code de déontologie) afin de ne pas transgresser les limites dans l’exercice de sa profession.

    Nous vous invitons à consulter L’avis conjoint de l’OIIQ et de l'OIIAQ concernant la désignation d’une infirmière auxiliaire exerçant des fonctions de directrice ou de responsable des soins infirmiers dans une résidence privée pour aînés (RPA).

  • L’infirmière auxiliaire peut-elle effectuer la réfection du pansement d’un cathéter veineux central ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. c) du Code des professions , l’infirmière auxiliaire peut : 

    « Prodiguer des soins et des traitements reliés aux plaies et aux altérations de la peau et des téguments, selon une ordonnance ou selon le plan de traitement infirmier. »

    L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences pour exercer cette activité. Elle respecte ainsi ses obligations déontologiques en lien avec la compétence et la qualité des soins.  

    Plusieurs établissements de santé ont une règle de soins infirmiers encadrant les soins reliés aux cathéters veineux centraux. L’infirmière auxiliaire qui exerce dans un de ces établissements doit s’y conformer.

    Il est à noter que le champ d’exercice de l’infirmière auxiliaire en ce qui concerne les activités reliées aux cathéters veineux centraux se limite à la réfection du pansement.
    Le rôle de l’infirmière auxiliaire dans la contribution à la thérapie intraveineuse déterminée par la section 3 du Règlement sur certaines activités professionnelles pouvant être exercées par une infirmière ou un infirmier auxiliaire permet les activités qu’avec les cathéters de 7,5 cm et moins.

  • Le rôle de l’infirmière auxiliaire lors des traitements d’oxygénothérapie

    Selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut;

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    Elle collabore avec l’équipe de soins et applique les techniques d’oxygénothérapie selon un PTI, une ordonnance verbale, écrite ou un protocole. Il n’y a pas de restriction quant à la concentration d’oxygène et au débit litre/minute que l’infirmière auxiliaire peut administrer.
    L’infirmière auxiliaire doit posséder les habiletés reliées à l’utilisation du matériel, aux techniques de soins à réaliser et reconnaître les signes et symptômes associés à la fonction respiratoire. Elle doit aviser un professionnel habilité dès l’apparition d’une détérioration respiratoire.  

    Toutefois, en situation d’urgence, l’infirmière auxiliaire pourrait exercer une activité qui ne lui est pas réservée. Par exemple, à défaut de joindre un médecin ou une infirmière rapidement, elle pourrait débuter l’administration de l’oxygène sans prescription. Nous vous invitons à consulter Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire, chapitre 4, Intervention de l’infirmière auxiliaire dans les situations d’urgence.

  • L’infirmière auxiliaire peut-elle transmettre de l’information et faire de l’enseignement à un patient ?

    Oui, l’infirmière auxiliaire peut transmettre de l’information à un patient ainsi qu’à ses proches en matière de soins, de santé et de services sociaux reliés à ses activités professionnelles. 

    En exerçant son rôle en matière d’éducation et d’information en relation avec son champ d’exercice, elle respecte l’article 39.4 du Code des professions :

    « L’information, la promotion de la santé, la prévention de la maladie, des accidents et des problèmes sociaux auprès des individus, des familles et des collectivités sont comprises dans le champ d’exercice du membre d’un ordre dans la mesure où elles sont reliées à ses activités professionnelles. »

    Nous vous invitons à consulter le chapitre 3 du document Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire et le champ de compétence A, du Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire qui en font une description plus détaillée au point 1 : Communiquer avec la personne et ses proches. Finalement, le mandat de transmission d’information ou d’enseignement des infirmières auxiliaires n’est pas limité aux patients et à ses proches. Nous vous invitons à consulter la question/réponse L’infirmière auxiliaire peut-elle donner la formation sur les soins invasifs et non invasifs aux non-professionnels (Loi 90)?

  • L’infirmière auxiliaire peut-elle donner la formation sur les soins invasifs et non invasifs aux non professionnels (Loi 90) ?

    Oui, l’infirmière auxiliaire peut former les non professionnels, tels que préposés aux bénéficiaires. 

    Les articles 39.7 et 39.8 du Code des professions confient aux non professionnels des activités de soins invasifs et non invasifs d’assistance aux activités de la vie quotidienne (AVQ).

    En résidence privée pour aînés (RPA), le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) ou le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) peut autoriser l’infirmière auxiliaire à procéder à la formation et à la supervision des préposés après s’être assurée qu’elle connaît et applique les règles de soins de l’établissement. Ainsi, par le biais de l’infirmière auxiliaire, le non professionnel peut apprendre les méthodes de soins, être supervisé lors de sa pratique et évalué sur ses compétences.

    Vous trouvez une description du rôle de l’infirmière auxiliaire lors de la transmission d’informations dans Le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire, au champ de compétence A (communiquer) et au champ de compétence C (prestation de soins). Nous vous invitons à le consulter.

    Finalement, l’article 39.4 du Code des professions prévoit un rôle lié à l’information. Le mandat de formation des infirmières auxiliaires n’est pas limité aux non professionnels. Nous vous invitons à consulter la question/réponse L’infirmière auxiliaire peut-elle transmettre de l’information ou faire de l’enseignement à un patient.

  • Le rôle de l’infirmière auxiliaire lors de sa contribution à l’évaluation de l’état de santé d’une personne

    En tout temps, l’infirmière auxiliaire utilise son jugement clinique pour recueillir des données, observer les manifestations cliniques (objectives et subjectives) et relier ses observations à l’état de la personne et aux pathologies. Elle analyse ainsi l’information afin de contribuer, avec les autres membres de l’équipe interdisciplinaire, à évaluer l’état de santé de la personne et à réaliser le plan de soins. Dans l’ensemble de la démarche de soins, l’infirmière auxiliaire détermine les actions qui relèvent de sa responsabilité.

    Recueillir et analyser l’information

    Procéder à une collecte de données :

    • Consulte, selon le besoin, les dossiers, les proches ou les autres intervenants.
    • Pose les bonnes questions, au bon moment, à la bonne personne et adapte les questions afin d’obtenir l’information recherchée.
    •  Remplis le questionnaire et porte attention à ce que la personne exprime.

    Observer et mesurer les signes et symptômes :

    • Pose des questions précises afin de bien cerner les symptômes et utilise adéquatement les appareils et les échelles de mesure.
    • Reconnais les besoins de la personne reliés à sa pathologie et recherche les causes d’une manifestation inhabituelle.

    Relier les manifestations cliniques aux pathologies et à la situation de la personne :

    Assurer la surveillance et le suivi des données recueillies :

    • Connais les activités de suivi nécessaire à l’état de la personne.
    • Anticipe les problèmes potentiels et fais des visites fréquentes.

    Participer à l’élaboration de la démarche de soins

    Collaborer avec les différents intervenants à la détermination des besoins de la personne et à la planification des soins, des interventions et des services :

    • Interviens pour s’assurer que les décisions de l’équipe respectent les volontés de la personne et suggère des interventions en s’appuyant sur ce qu’elle sait de la personne.

    Collaborer avec l’infirmière à la réalisation :  du plan thérapeutique infirmier (PTI), du plan de soins et de traitements infirmiers, du plan de traitement d’une plaie :

    • Participe activement aux échanges et crée des liens de confiance avec l’équipe de soins.
    • Affirme ses idées avec respect et démontre de l’ouverture aux idées des autres.

    Planifier et prioriser ses interventions :

    • Modifie l’organisation de son travail pour faire face aux situations imprévues.
    • Prévois le temps suffisant pour réaliser ses interventions en toute sécurité et utilise efficacement les ressources à sa disposition.
    • Vérifie l’ordonnance et/ou le plan thérapeutique infirmier (PTI) afin d’assurer la réalisation des directives qui la concernent.

    Afin d’en apprendre davantage, nous vous invitons à consulter Le profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.

  • L’infirmière auxiliaire peut-elle procéder à un traitement de désensibilisation?

    Oui, elle peut y contribuer. Selon l’article 37.1 (5°) par. f) du Code des professions l’infirmière auxiliaire peut :

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    Le vaccin qui comporte des extraits d’allergènes est administré par voie sous-cutanée et comporte des risques de réactions systémiques graves. Le document publié par l’Association des allergologues et immunologues du Québec (AAIQ) Immunothérapie par voie sous-cutanée pour le traitement des allergies indique les normes à respecter lors du traitement, notamment que :

    • Le traitement de désensibilisation devrait être administré sous la supervision (surveillance) d'un médecin et d'un personnel médical convenablement qualifiés.
    • Une évaluation de l’état de santé doit être faite avant chaque administration.
    • Le patient doit rester 30 minutes dans la salle d’attente après l’administration.
    • Les réactions locales d’œdème doivent être mesurées après 30 minutes et colligées au dossier.
    • Le congé est autorisé par le médecin après la période d’attente.

    Pour en connaître davantage au sujet des allergies et de la désensibilisation/immunothérapie, nous vous invitons à consulter le site de L'Association des allergologues et immunologues du Québec (AAIQ).

    L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences pour contribuer au traitement de désensibilisation.   

    Plusieurs établissements de santé ont une règle de soins infirmiers en ce qui concerne les traitements de désensibilisation. L’infirmière auxiliaire qui exerce dans un tel établissement doit s’y conformer. 

  • L’infirmière auxiliaire peut-elle exercer lorsque sa formation de réanimation cardio-respiratoire (RCR) n’a pas été mise à jour ?

    Oui, l’infirmière auxiliaire peut exercer, mais il est à noter que de détenir la formation RCR à jour pourrait être une condition d’embauche ou une exigence de l’employeur en cours d’emploi. De plus, l’Ordre recommande fortement de maintenir à jour cette formation pour les raisons suivantes :

    Le droit d’exercer la profession d’infirmière auxiliaire n’est pas strictement lié à la mise à jour de ses connaissances. Elle doit aussi se conformer à certaines obligations déontologiques et légales.
     
    Il est énoncé à l’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires que :
     
    « Le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés. »

    En raison de la rapidité et de l’ampleur des changements cliniques ainsi que dans un but de protection du public, l’OIIAQ a adopté le Règlement sur la formation continue obligatoire des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec qui exige de consacrer dix heures à des activités de formation continue par période de référence de deux ans.
     
    L’article 6 du règlement mentionné ci-haut reconnaît au membre le droit de choisir les activités de formation qui répondent le mieux à ses besoins et qui ont un lien avec sa pratique professionnelle. À juste titre, la formation RCR est une formation reconnue par cet article.
     
    Par ailleurs, la Fondation des maladies du cœur (FMCQ) recommande la mise à jour aux deux ans de la formation RCR pour les professionnels de la santé.
     
    Finalement, il est à noter qu’une infirmière auxiliaire qui ne détient pas une formation RCR à jour n’est pas dispensée de son obligation d’intervenir en cas d’urgence et de porter secours à une personne dont la vie est en péril. Le chapitre 4 des Activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire explique le rôle et les responsabilités de l’infirmière auxiliaire dans de telles situations. 

  • L’infirmière auxiliaire peut-elle participer à une campagne de vaccination ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. g) du Code des professions,  l’infirmière auxiliaire peut :
     
    « Contribuer à la vaccination dans le cadre d’une activité découlant de l’application de la loi sur la santé publique. »

    À l’extérieur du cadre d’une activité découlant de la Loi sur la santé publique, elle peut aussi contribuer à l’administration d’un vaccin selon une ordonnance individuelle, et ce, en vertu de l’activité réservée prévue à l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions.

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    Les lignes directrices du Protocole d’immunisation du Québec (PIQ) doivent être appliquées en tout temps. Afin de bien connaître les responsabilités professionnelles et légales de l’infirmière auxiliaire, nous vous invitons à consulter le PIQ. En voici quelques extraits :

    • Le délai entre l’évaluation par un médecin ou une infirmière et l’administration des produits par l’infirmière auxiliaire ne doit pas excéder deux heures.
    • La présence d’un médecin ou d’une infirmière dans le même édifice est requise. Ces derniers doivent être disponibles rapidement pendant que l’infirmière auxiliaire procède à la vaccination.
    • L’infirmière auxiliaire contribue à la collecte de l’information prévaccination à l’aide d’un questionnaire.
    • L’infirmière auxiliaire contribue à la surveillance requise immédiatement après la vaccination.
    • L’infirmière auxiliaire note les immunisations dans le dossier et le carnet de vaccination.

    Il est important de noter que certains vaccins comportent plus d’une dose, administrée à quelques mois d’intervalle, tel que le vaccin pour l’hépatite B. L’infirmière auxiliaire se doit d’appliquer les lignes directrices du PIQ pour chaque dose.
     
    Depuis 2009, les notions concernant la vaccination sont incluses dans le programme de formation initiale. L’infirmière auxiliaire diplômée avant 2009 doit détenir une attestation de formation.
     
    Il n’y a aucune restriction d’âge quant à la clientèle que l’on peut vacciner.

  • Les obligations de l’infirmière auxiliaire exerçant dans une résidence privée pour aînés (RPA) concernant la distribution ou l’administration des médicaments

    L’organisation des soins dans les RPA a créé une réalité qui est propre à ce milieu, soit la distribution de médicaments. Bien qu’il s’agisse d’une activité déréglementée, l’infirmière auxiliaire qui est appelée à faire cette tâche doit mettre en pratique les connaissances qu’elle détient à titre de professionnelle de la santé. 

    Ainsi, elle a la responsabilité de distribuer les médicaments selon les bonnes normes de pratique, expliquée ci-dessous. Sa responsabilité face au résident est la même que dans le cadre de l’administration des médicaments. Effectivement, lorsque le Code des professions ou le Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires utilise l’expression « administration de médicament », il faut la comprendre au sens large et inclure la notion de distribution.

    Par conséquent, lors de la distribution ou de l’administration de médicaments, l’infirmière auxiliaire doit vérifier tous les médicaments, même s’ils sont présentés sous forme de dispill, préparés et vérifiés par un pharmacien. Elle doit aussi s’assurer de connaître entre autres les effets recherchés et les effets indésirables de la médication et de respecter les sept bons principes d’administration de la médication (7 bons) :  

    • Bon produit
    • Bonne heure
    • Bonne dose
    • Bon usager
    • Bonne voie d’administration
    • Bonne inscription
    • Bonne surveillance

     De plus, elle doit apposer ses initiales à la feuille d’administration des médicaments (FADM), et ce, pour chaque médicament qui a été distribué ou administré, selon le cas.

    Toutefois, en matière de distribution de médicaments, l’application de certains de ces éléments est différente qu’en matière d’administration.  Ainsi, l’élément « bonne heure » réfère plutôt à l’obligation de s’assurer que le résident comprenne bien à quel moment de la journée il doit prendre sa médication. L’infirmière auxiliaire doit aussi vérifier que la dose précédente ait bien été prise par le résident afin de s’assurer que le délai prescrit entre les doses soit respecté. Pour la vérification de la voie d’administration en matière de distribution, on réfère plutôt à la vérification que le médicament est servi par le pharmacien dans la voie prescrite.
     
    Ce faisant, l’infirmière auxiliaire respecte l’article 14 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires:
     
    « Le membre doit être diligent lors de l’administration d’un médicament ou d’une substance. À cette fin, il doit notamment avoir une connaissance suffisante du médicament ou de la substance et concernant son administration. »

    Finalement, les gestionnaires des RPA ont la responsabilité de mettre à la disposition des infirmières auxiliaires les outils nécessaires, telles les FADM, afin de leur permettre d’exercer dans le respect de leurs obligations professionnelles. 

  • L’infirmière auxiliaire peut-elle exercer en tant que travailleuse autonome ?

    Oui, l’infirmière auxiliaire peut exercer comme travailleuse autonome. À titre d’exemple, elle peut développer une entreprise en soins de pieds, de prélèvements sanguins ou de soins généraux. 

    En tout temps, elle doit s’assurer de respecter son champ d’exercice qui, en vertu de l’article 37p) du Code des professions, se lit comme suit : 

    « Contribuer à l’évaluation de l’état de santé d’une personne et à la réalisation du plan de soins, prodiguer des soins et des traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir la santé, de la rétablir et de prévenir la maladie et fournir des soins palliatifs. »

    Pour ce faire, l’infirmière auxiliaire se doit de connaître les activités réservées énumérées à l’article 37.1 (5°) du Code des professions et d’avoir une éthique déontologique (Code de déontologie) afin de ne pas transgresser les limites dans l’exercice de sa profession.

    Nous vous invitons à consulter le document  Démarrer une entreprise, obligations légales et professionnelles de l'infirmière auxiliaire qui présente les règles applicables aux infirmières auxiliaires exerçant en entreprise. Également, le Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaire établit des règles quant aux honoraires demandés et à la publicité que le membre peut faire. 

  • Le rôle de l’infirmière auxiliaire lors d’une chute d’un résident ou d’un patient

    À la suite d’une chute d’un résident ou d’un patient, il doit y avoir évaluation de l’état de santé de ce dernier. Le rôle de l’infirmière auxiliaire dans l’évaluation de l’état de santé d’une personne en est un de contribution. Dans le document, Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire, chapitre 2 p.7, il y est mentionné que :

    « Suivant le champ d’exercice reconnu à l’infirmière auxiliaire, elle peut contribuer à l’évaluation de l’état de santé de la personne et à la réalisation du plan de soins. Cependant, elle ne peut pas exercer cette activité en pleine et entière autonomie. Elle doit agir en collaboration avec l’infirmière dont le champ d'exercice consiste à évaluer l’état de santé d’une personne, à déterminer et à assurer la réalisation du plan de soins et de traitements infirmiers… »

    Par conséquent, l’infirmière auxiliaire ne peut prendre seule une décision quant à la condition postchute d’un résident ou d’un patient, ni quant à sa prise en charge.
     
    Lorsque l’infirmière auxiliaire intervient à la suite de la chute d’un résident ou d’un patient, elle doit observer son état et procéder à une collecte de données. Selon les résultats de ces données :

    • Si la personne est autonome et peut décider de se relever seule et sans aucune forme d’assistance, l’infirmière auxiliaire doit s’assurer qu’elle peut le faire en toute sécurité. Le patient pourrait s’aider d’un meuble pour se relever, mais ne peut recevoir l’assistance de l’infirmière auxiliaire pour le faire.
    • Si la personne n’est pas en mesure de se relever seule, l’infirmière auxiliaire doit joindre sur place ou par téléphone, un médecin ou une infirmière pour communiquer ses observations et données afin qu’une décision soit prise et qu’elle puisse recevoir des instructions, le cas échéant.
    • S’il est impossible de joindre un médecin ou une infirmière, l’infirmière auxiliaire doit communiquer avec Info Santé (811) pour recevoir des instructions, le cas échéant. Si la situation est urgente, elle doit communiquer sans délai avec le 911 pour assurer une prise en charge de la personne par les ambulanciers.

    Dans tous les cas, l’infirmière auxiliaire doit consigner au dossier ses observations et données pertinentes et rédiger un rapport d’incident/accident. Elle doit aussi assurer un suivi, le cas échéant, auprès du résident ou du patient, du répondant de celui-ci et des intervenants concernés. 

    Tout établissement de santé devrait prévoir des politiques et procédures devant être suivies par l’infirmière auxiliaire en situation de chute d’un résident ou d’un patient.

  • La thérapie intraveineuse en contexte pédiatrique

    Le rôle de l’infirmière auxiliaire lors de la contribution à la thérapie intraveineuse est déterminé par la section 3 du Règlement sur certaines activités professionnelles pouvant être exercées par une infirmière ou un infirmier auxiliaire.

    L’infirmière auxiliaire qui exerce en contexte pédiatrique* doit se limiter aux activités professionnelles énumérées à l’article 6 du règlement cité ci-haut, soit;

    • Surveiller une perfusion intraveineuse et en maintenir le débit;
    • Arrêter une perfusion intraveineuse si administrée à l’aide d’un cathéter intraveineux périphérique court de moins de 7,5 cm;
    • Retirer un cathéter intraveineux périphérique court de moins de 7,5 cm.

    De ce fait, elle n’est donc pas autorisée à exercer les activités suivantes :

    • L’installation d’un cathéter intraveineux;
    • L’administration des solutés;
    • L’irrigation du cathéter intraveineux;
    • La modification du débit;
    • Le changement du sac de soluté.

    Seulement en contexte pédiatrique, l’infirmière auxiliaire n’est pas dans l’obligation d’avoir suivi la formation réglementaire.

    *Le contexte pédiatrique réfère à une clientèle de moins de 14 ans, peu importe le milieu de soins. 

  • L'infirmière auxiliaire peut-elle effectuer les prélèvements pour des ITS (infections transmissibles sexuellement) et les prélèvements PAP (frottis de Papanicolaou) ?

    Oui, tel qu’énoncé à l’article 37.1 (5°), par. b) du Code des professions , l’infirmière auxiliaire peut : 
    « Effectuer des prélèvements selon une ordonnance. »

    L’activité réservée n’est pas restrictive. Par exemple, l’infirmière auxiliaire peut prélever des sécrétions pour effectuer un test de chlamydia en introduisant une tige montée dans l’urètre. Elle peut effectuer un frottis vaginal pour le test PAP. Dans un tout autre ordre d’idées, elle peut prélever des sécrétions bronchiques par aspiration avec la trachéostomie.
     
    Dans le document, Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire, chapitre 2 p. 11, on y trouve une brève description de cette activité réservée, soit :

    « Par cette activité, l’infirmière auxiliaire peut effectuer tout type de prélèvement, sauf le prélèvement sanguin qui est prévu par une autre disposition soit, l’article 37.1 5 i).
    Cela inclut, entre autres, le prélèvement de sang par ponction capillaire, les prélèvements d’urine, de selles, des sécrétions anales, des expectorations, des sécrétions des conjonctives, du vagin, de la gorge, des oreilles, du nez et des sécrétions d’une plaie. »

    De plus, certains prélèvements exigent l’introduction d’un instrument.  Par exemple, lors de prélèvements de sécrétions gastriques, l’installation d’un tube nasogastrique est nécessaire. Nous pouvons donc relier l’activité à deux articles, soit celui mentionné ci-haut et l’article suivant :

     37.1 5 h) Introduire un instrument ou un doigt, selon une ordonnance, au-delà du vestibule nasal, au-delà des grandes lèvres, du méat urinaire ou de la marge de l’anus ou dans une ouverture artificielle du corps humain.
     
    L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences pour exercer les activités qui lui sont réservées.

  • Est-ce que l'infirmière auxiliaire peut procéder aux soins reliés à un drain ?

    Oui, l’infirmière auxiliaire peut procéder aux divers soins reliés à un drain (Jackson Pratt, Penrose, Hémovac). Elle peut, entre autres, irriguer un drain, en faire le un pansement et retirer un drain. Par contre, certains drains (péricardique, ventriculaire, thoracique) sont considérés à haut risque de préjudice pour le patient en raison du site. L’OIIAQ émet une réserve quant au rôle de l’infirmière auxiliaire dans les soins reliés à ces types de drains.

    Nous pouvons associer ces activités de soins à plusieurs activités réservées du Code des professions.
     
    Le document Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire fait une brève description des activités réservées que nous pouvons associer aux soins des drains.

    37.1 (5°), par. a). Appliquer les mesures invasives d’entretien du matériel thérapeutique

    Cette activité comprend « toutes les mesures qui, lorsqu’elles ne sont pas effectuées adéquatement, sont susceptibles d’entraîner une contamination du matériel installé et d’affecter la condition du patient ». Cela implique, entre autres, la responsabilité d’assurer le bon fonctionnement et l’entretien des cathéters, tubes, drains ou stomies.
     
    À titre d’exemple, l’infirmière auxiliaire peut irriguer un drain biliaire.
     
    37.1 (5°), par. c).  Prodiguer des soins et des traitements reliés aux plaies et aux altérations de la peau et de téguments, selon une ordonnance ou selon un plan de traitement infirmier ;

    Il peut s’agir ici de faire un pansement aseptique avec mèche ou drain ou encore du premier pansement postopératoire.
     
    37.1 (5°), par. h).  Introduire un instrument ou un doigt, selon une ordonnance, au-delà du vestibule nasal, des grandes lèvres, du méat urinaire, de la marge de l’anus ou dans une ouverture artificielle du corps humain;

     ** Cette dernière activité dit : « introduire », mais comprend aussi « retirer » **

    À titre d’exemple, l’infirmière auxiliaire peut retirer un drain percutané.
     
    Selon Les méthodes de soins informatisées (MSI), la plupart des drains doivent être retirés par le médecin avec l’assistance de l’infirmière. L’OIIAQ considère que l’infirmière auxiliaire serait en mesure d’assister le médecin si elle a les connaissances et les compétences pour effectuer cet acte.

    Plusieurs établissements de santé ont une règle de soins infirmiers encadrant les soins reliés aux drains ou à certains types de drains. L’infirmière auxiliaire qui exerce dans un de ses établissements doit s’y conformer. 

  • Est-ce que l'infirmière auxiliaire peut procéder à l'irrigation de l'oreille externe ?

    Oui, l’activité qui consiste à nettoyer ou irriguer l'oreille externe par l'injection d'une solution dans le conduit auditif peut être exercée par une infirmière auxiliaire selon une ordonnance ou une directive verbale d’une infirmière ou d’un médecin.  En exerçant ce soin, elle respecte l’article 37p) du Code des professions :

    « Contribuer à l’évaluation de l’état de santé d’une personne et à la réalisation du plan de soins, prodiguer des soins et des traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir la santé, de la rétablir et de prévenir la maladie et fournir des soins palliatifs. »

    Il est important de préciser qu’une évaluation doit être faite par un médecin ou une infirmière avant et après le traitement. Pendant le traitement, l’infirmière auxiliaire contribue à l’évaluation en observant la solution de retour, en vérifiant le conduit auditif à l’aide de l’otoscope et l’acuité auditive à l’aide de la voix. Elle doit s’assurer de bien connaître la méthode de soins et être en mesure d’identifier les diverses alertes cliniques afin de cesser l'irrigation si le patient se plaint notamment de douleurs, de nausées ou de vertiges. Elle doit aviser le médecin ou l’infirmière de toute anomalie. 

  • Est-ce que l'infirmière auxiliaire peut exercer auprès de la clientèle pédiatrique ?

    Oui, l’infirmière auxiliaire peut exercer auprès de la clientèle pédiatrique toutes les activités comprises dans son champ d’exercice. Seule la thérapie intraveineuse ne peut être pratiquée, en vertu d’une restriction quant à l’exercice de cette activité. 

    Toutefois, selon l’article 6 du Règlement sur certaines activités pouvant être exercées par une infirmière ou un infirmier auxiliaire, l’infirmière auxiliaire peut, afin d’éviter une rupture de services en pédiatrie dans les centres hospitaliers :

    • surveiller une perfusion intraveineuse et en maintenir le débit;
    • arrêter une perfusion intraveineuse si administrée à l’aide d’un cathéter intraveineux périphérique court de moins de 7,5 centimètres;
    • retirer un cathéter intraveineux périphérique court de moins de 7,5 centimètres.

    Ainsi, l’infirmière auxiliaire peut exercer neuf activités réservées et trois activités autorisées. Vous trouverez leur description dans le document : Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire.

    Les neuf activités réservées et les deux activités autorisées (l’entretien d’une trachéostomie reliée à un ventilateur et l’immobilisation plâtrée) ne sont pas restrictives quant à la clientèle visée ou la spécialité.
     
    Il est à noter que la plupart des établissements prévoient un plan d’intégration afin d’optimiser les connaissances et les compétences des infirmières auxiliaires lors de la prestation des soins avec la clientèle pédiatrique. 

  • L'infirmière auxiliaire peut-elle installer une immobilisation plâtrée ?

    Oui, l’infirmière auxiliaire peut installer une immobilisation plâtrée selon une ordonnance. 

    Elle peut aussi ajuster, enlever et réparer une immobilisation plâtrée ou en fibre de verre.  

    Afin de pouvoir exercer cette activité, l’infirmière auxiliaire doit réussir un programme de formation de 90 heures élaboré par l’Ordre et offert par le biais d’un centre hospitalier approuvé par le ministre de la Santé et des Services sociaux.
     
    Le règlement a été adopté le 26 septembre 2013. Il fait partie des trois activités autorisées. Si vous désirez en apprendre davantage, nous vous invitons à consulter le document Règlement sur certaines activités professionnelles qui peuvent être exercées en orthopédie par des personnes autres que des médecins.

  • L'infirmière auxiliaire peut-elle contribuer à l'évaluation de l'état de santé par l'auscultation ?

    Afin de répondre à la question, il est important de bien comprendre le terme auscultation. 

    L’auscultation se fait à l’aide du stéthoscope et permet d’identifier et d’interpréter des signes et symptômes afin d’avoir une donnée clinique. L’auscultation est indissociable de l’évaluation. Ainsi, lorsqu’il y a auscultation, il y a évaluation de l’état physique. Cet acte est réservé à l’infirmière.

    L’un des champs de compétence de l’infirmière auxiliaire est de contribuer à l’évaluation de l’état de santé de la personne.  Elle doit, entre autres, observer et mesurer des signes et symptômes.
     
    Lorsque l’infirmière auxiliaire désire utiliser le stéthoscope afin de vérifier la présence ou l’absence de signes cliniques, nous utilisons alors le terme observer.
     
    En conclusion, l’infirmière auxiliaire observe s’il y a présence ou absence de bruits à l’aide du stéthoscope, dans son rôle de contribution à l’évaluation. Elle transmet ses observations à l’infirmière, qui en auscultant, procède à une évaluation de l’état physique en interprétant et identifiant les bruits.

    Nous vous invitons à consulter le document de l’OIIQ, L’auscultation pulmonaire : une activité d’évaluation clinique.

  • Le rôle de l'infirmière auxiliaire lors de l'administration d'un PRN en ordonnance individuelle versus l'ordonnance collective.

    L’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions stipule que l’infirmière auxiliaire peut : 

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    Il existe deux types d’ordonnances; l’individuelle et la collective.

    L’ordonnance individuelle ne vise qu’une seule personne qui a préalablement fait l’objet d’une évaluation de la part d’un professionnel autorisé à prescrire.

    L’ordonnance collective vise un groupe de personnes ou une ou plusieurs situations cliniques. Elle permet à un professionnel de la santé ou à une personne habilitée d’exercer certaines activités réservées ou autorisées sans avoir à obtenir une ordonnance individuelle du médecin, et ce, dans les circonstances cliniques et aux conditions qui y sont précisées. Cela implique que la personne qui fait l’objet de l’ordonnance n’a pas, au préalable, à être évaluée par le médecin. Consulter Les ordonnances collectives - Guide d'exercice

    Toutefois, prendre la décision d’initier l’ordonnance collective à l’égard d’un patient en particulier requiert une évaluation afin de s’assurer que ce patient présente les conditions cliniques précisées dans l’ordonnance. Comme le rôle de l’infirmière auxiliaire dans l’évaluation en est un de contribution, cette évaluation et la prise de décision doivent être faites par l’infirmière. Ainsi, l’infirmière auxiliaire participe à la collecte de données, transmet l’information à l’infirmière et cette dernière autorise l’administration d’un médicament pour un patient en particulier après son évaluation. C’est ce qu’on appelle « individualiser une ordonnance collective ».

    Pour sa part, le PRN est une médication prescrite au besoin en lien avec des manifestations cliniques précises, mais occasionnelles.

    L’ordonnance individuelle en PRN est administrée de façon autonome par l’infirmière auxiliaire lorsque les manifestations cliniques pour lesquelles le PRN a été prescrit sont présentes. Comme toute ordonnance individuelle, le patient a fait l’objet d’une évaluation préalable par le médecin. Par la suite, elle est en mesure de s’assurer que les manifestations cliniques énumérées au PRN sont présentes et ainsi, administrer le médicament prescrit.
     
    Plusieurs établissements de santé ont une règle de soins infirmiers en ce qui concerne l’application d’une ordonnance individuelle en PRN. L’infirmière auxiliaire qui exerce dans un tel établissement doit s’y conformer. 
    L’ordonnance collective en PRN devra respecter les règles d’individualisation expliquées ci-haut.
    Nous vous invitons à consulter l’avis conjoint entre l’OIIAQ et l’OIIQ en lien avec les ordonnances collectives.

  • L'infirmière auxiliaire peut-elle administrer des médicaments à haut risque tel que des antinéoplasiques ?

    Comme l’indique  l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut : 

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    Il est important de bien comprendre l’article de loi qui permet à l’infirmière auxiliaire, selon une ordonnance, d’administrer tout médicament qui n’est pas administré par la voie intraveineuse. La première question à se poser est donc : « Est-ce que la médication que je dois administrer se donne par une voie qui m’est autorisée ? »

    Ensuite, il faut comprendre qu’en raison des risques associés à l’administration de certaines substances, un médicament pourrait être soumis à une politique interne adoptée par un établissement de santé visant à encadrer la pratique. Par exemple, une telle politique interne peut rendre obligatoire la double vérification indépendante. Elle peut aussi limiter le droit d’administrer ces substances à certains professionnels, en vertu du droit de gérance de l’employeur. L’infirmière auxiliaire doit se conformer à la politique de l’établissement où elle exerce.
     
    Ce principe quant au risque d’administration de certaines substances est applicable également à la voie d’administration. En effet, bien que l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, cité ci-haut, exclut uniquement la voie intraveineuse, il existe d’autres voies par lesquelles l’infirmière auxiliaire ne pourra pas administrer de médicaments, en raison d’un trop grand risque de préjudice. À titre d’exemple, nous pourrions citer une injection intraoculaire.

  • La double vérification d’insuline est-elle obligatoire ?

    Les normes de gestion des médicaments d'Agrément Canada portent sur une manipulation sécuritaire des médicaments. Afin d’éviter les erreurs lors de l’administration de médicaments à haut risque, ce qui pourrait porter un préjudice grave au patient, la norme 18.5 indique d’effectuer une double vérification avec deux professionnels de la santé. Cette procédure se nomme la double vérification indépendante (DVI).

    Pour optimiser son efficacité, la double vérification indépendante d’un médicament exige que deux professionnels de la santé vérifient, séparément, chacun des éléments de préparation et d’administration d’un médicament. Il en est ainsi afin que le professionnel qui prépare la médication n’influence pas ou ne dirige pas le professionnel qui en fait la vérification.
     
    La DVI est une recommandation et non pas une obligation. Plusieurs établissements de santé en ont toutefois fait une règle de soins infirmiers et l’infirmière auxiliaire qui exerce dans un tel établissement doit s’y conformer.  Par contre, certains milieux de travail ne peuvent appliquer cette procédure, puisqu’en raison de l’organisation des ressources humaines, il y est difficile d’avoir accès à deux professionnels de la santé. Nous pourrions citer à titre d’exemple les soins à domicile et les résidences privées pour aînés (RPA).  Dans ces cas-ci, il est d’autant plus important de se souvenir de l’article 14 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires , qui oblige l’infirmière auxiliaire à faire preuve de diligence lors de l’administration de médicaments. Cet article se lit ainsi :
     
    « Le membre doit être diligent lors de l’administration d’un médicament ou d’une substance. À cette fin, il doit notamment avoir une connaissance suffisante du médicament ou de la substance et respecter les principes et méthodes concernant son administration. » 

  • Quelles sont les activités que l’infirmière auxiliaire peut exercer en obstétrique (soins mère-nouveau-né) ?

    L’infirmière auxiliaire peut exercer diverses activités professionnelles qui lui sont reconnues par la loi.

    Ainsi, elle peut notamment, en vertu de l’article 37p) du Code des professions, contribuer à l’évaluation de l’état de santé d’une personne (y compris, de la mère et/ou du nouveau-né) et à la réalisation du plan de soins, prodiguer des soins et des traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir la santé, de la rétablir et de prévenir la maladie.

    De plus, elle peut exercer auprès de la mère et du nouveau-né, l’une ou l’autre des neuf activités qui lui sont réservées à l’article 37.1 5o du Code des professions. Conséquemment, elle peut prodiguer des soins et des traitements reliés aux plaies selon une ordonnance ou selon le plan de traitement infirmier. Elle peut également administrer de l’ocytocine par voie intramusculaire, selon l’ordonnance, lorsque prescrit pour provoquer ou stimuler les contractions de l’utérus.

    De plus, l’infirmière auxiliaire peut, après évaluation de l’infirmière et selon ses directives, vérifier la fermeté et la hauteur de l’utérus, procéder au massage utérin afin de favoriser la contraction de l’utérus et surveiller ou observer la coulée des lochies pendant le massage. Enfin, l’infirmière auxiliaire doit consigner au dossier toute observation ou soins dispensés.
     
    Information

    Selon l’article 39.4 du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut dispenser de l’information dans la mesure où celle-ci est reliée aux activités professionnelles qu’elle peut exercer. Ainsi, elle peut dispenser de l’information relative à l’état de la mère et du nouveau-né, notamment en ce qui concerne l’allaitement du nouveau-né ou tout autre soin qu’elle prodigue à la mère et/ou au nouveau-né. À cette fin, elle utilise les outils développés par la direction des soins infirmiers.
     
    EXTRAITS DU PROGRAMME D’ÉTUDES PROFESSIONNELLES

    Santé, assistance et soins infirmiers (5325)

    La compétence 27 du programme d’études porte le titre Approche privilégiée pour la mère et le nouveau-né (Durée : 30 heures) et comporte notamment les éléments suivants :

    • Établir des liens entre la grossesse, la période post-partum et des manifestations cliniques chez la mère;
    • Relever les besoins d’une mère;
    • Relever les besoins du nouveau-né;
    • Veiller au confort d’une mère et du nouveau-né (cela inclut la vérification des lochies, soins périnéaux et engorgement mammaire).

    La compétence 28 du programme d’études est décrite comme suit : Soins à des mères et à des nouveau-nés (Durée : 30 heures). Ce module prévoit divers apprentissages devant permettre de donner des soins spécifiques à la mère ou à son nouveau-né. Il couvre divers aspects : respect de l’ordonnance, respect des procédés de soins, soins et pharmacothérapie, interprétation des signes vitaux et reconnaissance des manifestations cliniques liées à des altérations. Ce module doit aussi permettre à l’infirmière auxiliaire de communiquer de l’information relative aux soins donnés et à l’état de la mère ou du nouveau-né.

  • Une infirmière peut-elle demander à une infirmière auxiliaire de faire avec elle, la vérification de sang ou de produits sanguins, de médicaments et d’autres substances?

    À plusieurs reprises, l’OIIAQ a été consulté pour savoir si une infirmière auxiliaire pouvait, en collaboration avec une infirmière, faire la vérification de sang et produits sanguins. Compte tenu des risques de préjudice importants qui pourraient être causés suite à une erreur d’administration de sang ou produits sanguins, une procédure rigoureuse doit être suivie. L’infirmière doit se conformer à cette procédure et s’adjoindre une autre infirmière pour procéder à la vérification de sang ou de produits sanguins et à l’identification du patient.

    Advenant qu’une deuxième infirmière ne soit pas disponible pour procéder à cette vérification, l’OIIAQ est d’avis que l’infirmière peut demander à une infirmière auxiliaire présente de procéder avec elle aux vérifications d’usage.

    Cette même façon de procéder pourrait s’avérer utile lors de l’administration de médicaments ou substances lorsque celle-ci est réservée à l’infirmière et requiert une double vérification. Cette pratique doit toutefois demeurer exceptionnelle, c'est-à-dire, lorsqu’une autre infirmière n’est pas disponible.

    L’OIIAQ recommande que les procédures en vigueur dans les établissements soient mises à jour ou adaptées pour tenir compte de l’organisation du travail et des équipes de soins et soient rédigées de manière à être applicables.

  • Quelles conditions une infirmière auxiliaire doit-elle respecter lorsqu’elle prodigue des soins de pieds?

    Conformément à l’article 37.1 (5°), par. c). du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut :

    « Prodiguer des soins et traitements reliés aux plaies et aux altérations de la peau et des téguments, selon une ordonnance ou selon le plan de traitement infirmier. »

    Elle peut donc dispenser des soins de pieds si le patient détient une ordonnance d’un médecin ou d’un podiatre ou un plan de traitement infirmier élaboré par une infirmière. Il est entendu que l’ordonnance ou le plan de traitement infirmier ne sont pas requis pour la coupe d’ongles normaux. De plus, l’OIIAQ recommande aux infirmières auxiliaires de suivre une formation spécialisée en soins de pieds. Pour être reconnue par l’OIIAQ, cette formation doit être dispensée par un professionnel de la santé soit, un médecin, une infirmière, une infirmière auxiliaire ou un podiatre.

  • Est-ce qu'une infirmière auxiliaire peut exercer sa profession en santé mentale ?

    Ce secteur d'activités n'échappe pas à la mouvance que vit présentement le réseau de la santé. En effet, les rôles et responsabilités des divers intervenants se redéfinissent actuellement comme en témoigne la Loi modifiant le Code des professions et d'autres dispositions législatives dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines

    Dans ce secteur comme dans les autres d'ailleurs, une collaboration interprofessionnelle doit exister pour maximiser la prestation de soins et de services auxquels les patients sont en droit de s'attendre. De tout temps, les infirmières auxiliaires ont reçu une formation les préparant à oeuvrer dans ce secteur d'activités. Dans le programme actuellement en vigueur Santé, Assistance et soins infirmers (SASI), 2 modules totalisant 120 heures de formation sont consacrés aux notions spécifiques reliées à la santé mentale.

    Conséquemment, les activités réservées à l'infirmière auxiliaire l'autorisent à jouer un rôle important en santé mentale et à collaborer étroitement avec les autres intervenants, notamment les infirmières. Plus particulièrement, l'infirmière auxiliaire peut contribuer à l'évaluation de l'état de santé de ses patients, veiller à l'administration des divers médicaments prescrits, en surveiller les effets, documenter ses observations et participer aux rencontres interdisciplinaires.

    Pour en savoir davantage sur la Collaboration de l'infirmière auxiliaire en santé mentale.

  • Une infirmière auxiliaire peut-elle procéder au décompte des narcotiques?

    Il faut immédiatement mentionner qu'il n'existe aucune disposition dans les lois et règlements applicables interdisant à l’infirmière auxiliaire de procéder au décompte des narcotiques, de signer la feuille de contrôle, de transporter les narcotiques de la pharmacie jusqu'à l’unité de soins et d'avoir accès à l'armoire à narcotiques.

    Selon le Règlement sur l'organisation et l'administration des établissements, le pharmacien doit établir et appliquer des politiques sur la préparation, la distribution et le contrôle de l'utilisation des médicaments, des drogues ou des poisons. Cette obligation s'applique dans tous les établissements du réseau de la santé.

    Ces politiques peuvent prévoir les conditions de transport des narcotiques dans l'établissement, les procédures d'accès à l'armoire à narcotiques ainsi que les mesures de contrôle de ceux-ci. À cette fin, chaque établissement de santé a l'obligation d'établir les mesures nécessaires pour assurer le contrôle des narcotiques. Il peut donc en toute légalité permettre à une infirmière auxiliaire d'appliquer ces mesures, de procéder au décompte des narcotiques et de signer la feuille de contrôle. Enfin, il doit désigner une personne responsable des clés de l'armoire à narcotiques sur chaque unité de soins. L’infirmière auxiliaire peut donc être responsable de l'armoire à narcotiques et assumer la responsabilité de son contrôle.
     
    Les cabinets automatisés décentralisés

    Depuis quelques années, on retrouve dans certaines unités de soins des établissements de santé du Québec, des cabinets automatisés décentralisés. Ces appareils de distribution des médicaments comportent plusieurs avantages, dont l’amélioration de l’accessibilité aux médicaments et la réduction du risque d’erreurs, de pertes ou de vols de narcotiques, puisque l’appareil en fait lui-même le décompte.

  • Quelles sont les obligations d’une infirmière auxiliaire à l’égard de la rédaction des notes d’observation?

    La rédaction des notes d’observation au dossier médical du patient soulève plusieurs questions d’ordre légal et professionnel. L’infirmière auxiliaire doit donc y porter une attention toute particulière dans le cadre de sa pratique. Les notes d’observation qu’elle inscrit au dossier constituent le reflet de sa compétence professionnelle et de la qualité des soins qu’elle dispense aux patients. Par ailleurs, l’infirmière auxiliaire doit toujours inscrire son titre professionnel à la suite de sa signature et, à cet égard, l’OIIAQ recommande à ses membres l’utilisation de l’abréviation « inf. aux. » et pour les membres anglophones, les initiales « L.P.N ».

    En vertu du Règlement sur l’organisation et l’administration des établissements, l’infirmière auxiliaire a l’obligation de rédiger elle-même les notes d’observation dans le dossier du patient dont elle a la responsabilité. Cette obligation s’impose dans toutes les circonstances, incluant les cas où les dossiers des patients sont informatisés. Enfin, l’infirmière auxiliaire est liée par une obligation de confidentialité à l’égard de toutes les informations consignées au dossier du patient et ce, notamment en vertu des articles 48 à 50 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires.

  • Est-ce qu’une infirmière auxiliaire peut recevoir une ordonnance téléphonique?

    Tout d’abord, il faut préciser que l’infirmière auxiliaire peut, selon l’article 37.1 (5°), par. f). « Administrer par des voies autres que la voie intraveineuse des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance ». En vertu du Règlement sur les normes relatives aux ordonnances faites par un médecin , le médecin peut transmettre une ordonnance sous plusieurs formes. Même si l’ordonnance est généralement écrite, il arrive parfois que cette ordonnance soit faite verbalement ou par téléphone. Le médecin qui communique verbalement une ordonnance doit se conformer à l’article 3 dudit règlement. 

    L’ordonnance téléphonique (OT) doit ensuite être consignée au dossier médical du patient par l’infirmière auxiliaire. Conséquemment, l'infirmière auxiliaire peut recevoir du médecin une OT concernant l’administration de tous les médicaments ou traitements compris dans ses activités réservées. De même, elle peut administrer ledit médicament ou prodiguer le traitement sans attendre que le médecin confirme ultérieurement par écrit ladite ordonnance au dossier du patient.

    Transcription d’une ordonnance au dossier du patient et à la feuille d’administration des médicaments (FADM)

    Compte tenu de ce qui précède, l'infirmière auxiliaire est aussi habilitée à recevoir et retranscrire au dossier du patient et à la FADM, si besoin est, les ordonnances émises ou toutes modifications apportées à celles-ci par un médecin. L’infirmière auxiliaire doit aussi assurer le suivi auprès de l’infirmière concernant toutes modifications apportées aux médicaments ou traitements prescrits au patient.


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