Soins reliés au système musculosquelettique

  • 01. L'infirmière auxiliaire peut-elle installer une immobilisation plâtrée ?

    Oui, l’infirmière auxiliaire peut installer une immobilisation plâtrée selon une ordonnance. 

    Elle peut aussi ajuster, enlever et réparer une immobilisation plâtrée ou en fibre de verre.  

    Afin de pouvoir exercer cette activité, l’infirmière auxiliaire doit réussir un programme de formation de 90 heures élaboré par l’Ordre et offert par le biais d’un centre hospitalier approuvé par le ministre de la Santé et des Services sociaux.
     
    Le règlement a été adopté le 26 septembre 2013. Il fait partie des trois activités autorisées. Si vous désirez en apprendre davantage, nous vous invitons à consulter le document Règlement sur certaines activités professionnelles qui peuvent être exercées en orthopédie par des personnes autres que des médecins.

  • 02. L’infirmière auxiliaire peut-elle effectuer l’examen du réflexe ostéotendineux à l’aide d’un marteau à réflexes ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. d) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « observer l’état de conscience d’une personne et surveiller les signes neurologiques ».

     L’infirmière auxiliaire peut contribuer à l’examen de la fonction motrice et du réflexe ostéotendineux. Toutefois, avant d’effectuer un examen, elle doit s’assurer d’avoir les connaissances et les compétences requises pour le faire, comme stipulé à l’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires : « Le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés. »
     
    De plus, l’article 5 indique que « le membre doit, avant de fournir des services professionnels, tenir compte des limites de sa compétence et des moyens dont il dispose ».

    Le réflexe ostéotendineux est une réaction involontaire normale de contraction musculaire à la suite d’une percussion du tendon. Il est recherché à l’aide d’un marteau à réflexes. Lorsque le marteau percute le tendon, on excite un nerf qui va remonter l'information jusqu'à la moelle épinière. L'influx revient alors immédiatement vers le muscle.

    Les réflexes tendineux (étirement ou myotatique) testés comprennent, entre autres :

    • le coude;
    • le genou;
    • le poignet. 

    L’évaluation de ces réflexes renseigne sur la possibilité d’une affection neurologique. Plusieurs autres réflexes peuvent aussi être évalués :

    • Moue et points cardinaux (les lèvres);
    • Palmonmentier (contraction du menton à une stimulation de la paume de la main);
    • Clonus (contractions musculaires rythmiques et rapides provoquées par l’étirement passif et brutal d’un tendon);
    • Préhension et les signes de Hoffmann et Tromner (doigts).
  • 03. L’infirmière auxiliaire peut-elle faire un test de l’équilibre de Berg ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. d) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « observer l’état de conscience d’une personne et surveiller les signes neurologiques ».

    Selon l’article 37 p) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire « contribue à l’évaluation de l’état de santé d’une personne et à la réalisation du plan de soins, prodigue des soins et des traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir la santé, de la rétablir et de prévenir la maladie et fournir des soins palliatifs. »
    À titre d’exemple, l’infirmière auxiliaire peut contribuer à l’examen de la fonction motrice, comme celui de la marche et de l’équilibre. Le test d’équilibre de Berg permet de dépister les personnes à risque de chute en mesurant deux types d’équilibre, soit :

    • l’équilibre statique (debout sans mouvement des pieds); 
    • l’équilibre dynamique (se lever et s’asseoir).

     Composé de 14 épreuves, il a l’avantage d’être sécuritaire pour les personnes évaluées et le formulaire d’échelle de BERG comprend toutes les informations pertinentes à sa réalisation. Selon la cotation, sur une échelle de 0 à 4, le score global peut être utilisé pour orienter la personne vers une évaluation en physiothérapie (pour un accessoire d’aide à la marche), un programme d’exercice adapté ou des interventions multifactorielles.

    Toutefois, avant d’effectuer un examen, elle doit s’assurer d’avoir les connaissances et les compétences requises pour le faire. Comme mentionné dans le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire, « elle analyse et utilise son jugement clinique pour : procéder à une collecte de données; Observer les manifestations cliniques, objectives et subjectives; Analyser et transmettre ses observations au professionnel concerné ».

  • 04. L'infirmière auxiliaire peut-elle retirer une immobilisation plâtrée chez la clientèle pédiatrique ?

    Oui, conformément à l’article 6 du Règlement sur certaines activités professionnelles qui peuvent être exercées en orthopédie par des personnes autres que des médecins, l’infirmière auxiliaire peut, à la suite d’une ordonnance, installer, ajuster, enlever et réparer une immobilisation plâtrée ou en fibre de verre et exercer ses activités auprès de tout type de clientèle et tous les milieux de soins. Pour exercer les activités, l’infirmière auxiliaire doit réussir le programme de formation complémentaire Immobilisations plâtrées pour infirmières et infirmiers auxiliaires donné par un centre hospitalier.

    Les plâtres sont installés dans le but de stabiliser le membre, afin de diminuer la douleur et favoriser une bonne guérison. Dans les cas de fractures, ils servent à protéger les tissus des dommages que pourraient leur être causés par les fragments d'os.

    Comme stipulé dans le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire, elle contribue à l’évaluation de l’état de santé. De plus, l’article 13 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires indique que :

     « Le membre doit prodiguer les soins et les traitements à un patient avec diligence. Il doit notamment:

    1° intervenir promptement auprès du patient lorsque son état de santé l’exige;
    2° assurer la surveillance requise par l’état de santé du patient;
    3° prendre les moyens raisonnables pour assurer la continuité des soins et des traitements».

    L’infirmière auxiliaire transmet des informations sur les signes et symptômes à surveiller et à partager aux parents pour éviter de futures complications, notamment :

    • Une douleur importante et persistante au membre blessé et ce, malgré l'administration de l'acétaminophène;
    • Une coloration bleutée ou froideur des doigts ou des orteils;
    • Une enflure importante des doigts ou des orteils.

    De plus, lorsqu’elle prodigue des soins, l’infirmière auxiliaire fait de l’enseignement à la personne et aux proches en lien avec ses activités professionnelles, tel qu’indiqué à l’article 37 p) du Code des professions. Elle collabore aussi avec les différents intervenants à la détermination des besoins de la personne et suggère des interventions tout en respectant les recommandations de l’équipe multidisciplinaire. Lors du retrait du plâtre ou de l’attelle, en plus de remettre un dépliant explicatif, elle fournit des informations pertinentes telles que :

    • Garder la peau bien hydratée en appliquant une crème plusieurs fois par jour;
    • Faire des exercices pour retrouver la mobilité du membre;
    • Recommander la reprise des activités sportives ou avec contact.
  • 05. L’infirmière auxiliaire peut-elle fabriquer une attelle d’un membre à appareiller ?

    Non, l’article 6 du Règlement sur certaines activités professionnelles qui peuvent être exercées en orthopédie par des personnes autres que des médecins n’autorise pas l’infirmière auxiliaire à procéder à la fabrication d’une attelle.

    Toutefois, les activités professionnelles que peut faire l’infirmière auxiliaire qui a réussi la formation, à la suite d’une ordonnance, auprès de tout type de clientèles et tous les milieux de soins sont notamment :

    • Sélectionner le matériel pour installer, ajuster ou retirer une attelle;
    • Procéder à l’installation, à l’ajustement ou au retrait de l’attelle;
    • Informer le patient des éléments de surveillance clinique et des recommandations en lien avec le port d’une attelle dans le but de prévenir ou détecter une complication.

    Le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire stipule le rôle de contribution à l’état de santé de la personne. L’infirmière auxiliaire utilise son jugement clinique pour recueillir des données et observer des manifestations cliniques telles que :

    • La vérification de l’intégrité de la peau, du confort et de la douleur de la personne;
    • Le positionnement le membre de façon sécuritaire.

    Elle participe à la réalisation du plan de soin par :

    • Le respect des étapes de la méthode de soin de l’établissement;
    • L’enseignement à la personne sur les précautions et surveillance;
    • La continuité des soins en rédigeant une note au dossier claire, concise et précise.

    La fabrication d’orthèse ou d’attelle sur mesure a pour but d’immobiliser, protéger la structure atteinte, gérer la douleur, corriger une déformation ou de suppléer à la fonction du membre. Que ce soit pour les membres supérieurs ou inférieurs, une multitude de solutions s’offrent aux personnes :

    • Bottes de décharge (3D) pour des personnes diabétiques ou pour remplacer un plâtre;
    • Chaussures orthopédiques pour corriger un affaissement de la voûte plantaire, arthrite, arthrose, une déformation ou inégalité de la jambe;
    • Chevillières pour des entorses, arthrose, tendinite;
    • Orthèses flexibles, rigides ou articulées pour les pieds, orteils, tibia;
    • Orthèses moulées pour tout le corps;
    • Talonnettes sur mesure pour l’asymétrie des membres inférieurs.
  • 06. L’infirmière auxiliaire peut-elle enseigner le fonctionnement des béquilles ?

    Oui, l’article 39.4 du Code des professions permet à un professionnel de faire de l’enseignement au sujet de ses activités professionnelles.  L’article 6 du Règlement sur certaines activités professionnelles qui peuvent être exercées en orthopédie par des personnes autres que des médecins prévoit que l’infirmière auxiliaire peut ajuster un appareil orthopédique ou une aide à la marche selon l’ordonnance médicale individuelle ainsi que les besoins et les activités du patient.

    Par conséquent, elle peut :

    • Informer le patient des modalités d’utilisation sécuritaire ainsi que des conséquences possibles d’une utilisation inadéquate;
    • Informer le patient des modalités et des lieux d’approvisionnement (prêt, achat, location).

     Pour exercer les activités, l’infirmière auxiliaire doit réussir le programme de formation complémentaire Immobilisations plâtrées pour infirmières et infirmiers auxiliaires donné par un centre hospitalier.
    L’enseignement d’une activité autorisée effectuée par une infirmière auxiliaire est une des compétences que souligne le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.

    L’infirmière auxiliaire doit connaître et savoir utiliser de façon sécuritaire les différents appareils orthopédiques et aides à la marche tels que : canne, béquilles, déambulateur, fauteuil roulant, etc. Lorsque nécessaire, elle procède à l’enseignement du fonctionnement des béquilles et à la mise en charge ou non du membre atteint. Elle peut également transmettre des informations sur :

    • L’ajustement de la partie sous les aisselles, bout et poignée de la béquille;
    • Se lever et s’asseoir;
    • Monter et descendre un escalier sans rampes avec les béquilles.

    L’infirmière auxiliaire se doit d’identifier les situations cliniques nécessitant une intervention auprès d’un membre de l’équipe multidisciplinaire tel qu’un physiothérapeute, si des recommandations d’utilisation adéquate de béquilles ou de tout autre appareil sont nécessaires. Comme le mentionne l’article 15 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires, « si l’état du patient l’exige, le membre doit consulter un membre d’un autre ordre professionnel ou toute autre personne compétente, ou diriger ce patient vers l’une de ces personnes ».

  • 07. L’infirmière auxiliaire peut-elle ajuster un corset moulé thoraco-lombo-sacré (TLSO) ?

    Oui, selon l’article 6 du Règlement sur certaines activités professionnelles qui peuvent être exercées en orthopédie par des personnes autres que des médecins, l’infirmière auxiliaire peut, à la suite d’une ordonnance, exercer ces activités auprès de tout type de clientèle et tous les milieux de soins :

    1° installer, ajuster, enlever et réparer une immobilisation plâtrée ou en fibre de verre;
    2° installer, ajuster et enlever des attelles;
    3° ajuster les appareils orthopédiques et les aides à la marche.

    Toutefois, le moulage d’un corset est effectué par l’orthésiste en appliquant des bandes de plâtre sur le tronc de la personne. De plus, il est possible que d’autres recommandations soient faites par un ergothérapeute durant la période de soins. Tel que stipulé dans le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire, « l’infirmière auxiliaire collabore avec les différents intervenants à la planification des soins, des interventions et des services ».

    Des interventions peuvent être effectuées lors de l’installation du corset de même que des conseils pour le confort. Le port et le retrait du corset moulé permettent de stabiliser la blessure et aider à la guérison. Les deux parties du corset s’emboîtent une dans l’autre et des encoches situées au-dessus des crêtes iliaques pour s’assurer du positionnement et les bandes velcros sont placées au même endroit de chacune des deux parties du corset. IL existe aussi une extension (appelée SOMI) lorsque le corset est utilisé pour les fractures dorsales hautes. Une pièce rigide fixée sur le devant qui sert d’appui pour le menton.

    De plus, l’infirmière auxiliaire assure une surveillance en demeurant à l’affut des indices d’une situation anormale, anticipe les problèmes potentiels : la présence d’inconfort, irritation et apparition de rougeurs, et des difficultés rencontrées quotidiennement lors des déplacements, de s’assoir et de se relever, lors de l’habillage et de l’hygiène. Comme mentionné plus haut, une attention particulière doit être effectuée et enseignée à la personne quant à l’intégrité de la peau sous le corset et à la présence d’humidité. Dans les activités de suivi des soins, l’infirmière auxiliaire transmet des informations pertinentes en matière de soins, de santé et de services sociaux reliées à ses activités professionnelles : elle remet la documentation concernant le suivi médical, les soins infirmiers et les précautions qu’y se rapportent à l’utilisation d’un corset.


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