Soins en santé mentale

  • 01. Est-ce qu'une infirmière auxiliaire peut exercer sa profession en santé mentale ?

    Ce secteur d'activités n'échappe pas à la mouvance que vit présentement le réseau de la santé. En effet, les rôles et responsabilités des divers intervenants se redéfinissent actuellement comme en témoigne la Loi modifiant le Code des professions et d'autres dispositions législatives dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines

    Dans ce secteur comme dans les autres d'ailleurs, une collaboration interprofessionnelle doit exister pour maximiser la prestation de soins et de services auxquels les personnes sont en droit de s'attendre. De tout temps, les infirmières auxiliaires ont reçu une formation les préparant à œuvrer dans ce secteur d'activités. Dans le programme actuellement en vigueur Santé, Assistance et soins infirmiers (SASI), 2 modules totalisant 120 heures de formation sont consacrés aux notions spécifiques reliées à la santé mentale.

    Conséquemment, les activités réservées à l'infirmière auxiliaire l'autorisent à jouer un rôle important en santé mentale et à collaborer étroitement avec les autres intervenants, notamment les infirmières. Plus particulièrement, l'infirmière auxiliaire peut contribuer à l'évaluation de l'état de santé de ces personnes, veiller à l'administration des divers médicaments prescrits, en surveiller les effets, documenter ses observations et participer aux rencontres interdisciplinaires.

    Pour en savoir davantage sur la Collaboration de l'infirmière auxiliaire en santé mentale.

  • 02. L’infirmière auxiliaire peut-elle contribuer à l’évaluation de l’état mental ?

    Oui, la contribution à l’évaluation de l’infirmière auxiliaire n’est pas restreinte par la clientèle ou le milieu.

    Selon l’article 37 p) du Code des professions l’infirmière auxiliaire peut « contribuer à l’évaluation de l’état de santé d’une personne et à la réalisation du plan de soins, prodiguer des soins et des traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir la santé, de la rétablir et de prévenir la maladie et fournir des soins palliatifs ».
    L’infirmière auxiliaire est une partenaire essentielle et une professionnelle compétente qui œuvre auprès de la population nécessitant des soins dans plusieurs spécialités, notamment en santé mentale. Nous vous invitons à consulter le document sur la collaboration de l’infirmière auxiliaire en santé mentale.

     En tout temps, l’infirmière auxiliaire utilise son jugement professionnel pour recueillir des données, observer les manifestations cliniques objectives et subjectives, et relier ses observations à l’état de la personne et aux pathologies.

    Elle analyse ainsi l’information afin de contribuer, avec les autres membres de l’équipe interdisciplinaire, à évaluer l’état de santé de la personne et à réaliser le plan de soins. Dans l’ensemble de la démarche de soins, l’infirmière auxiliaire détermine les actions qui relèvent de sa responsabilité professionnelle.

    Elle recueille et analyse les informations subjectives et objectives portant sur le fonctionnement émotionnel et cognitif de la personne.

    L’examen de l’état mental peut être réalisé au cours d’un entretien formel à l’aide de documents à cocher ou de questions prédéterminées à poser ou par l’observation du fonctionnement quotidien. En référence au Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire :

    « Afin de contribuer à l’évaluation, elle procède à une collecte de données :

    • Consulte selon le besoin, les dossiers, les proches ou les autres intervenants;
    • Pose les bonnes questions, au bon moment, à la bonne personne et adapte les questions afin d’obtenir l’information recherchée;
    • Remplis les questionnaires et porte attention à ce que la personne exprime.

    Elle observe et mesure les signes et symptômes :

    • Pose des questions précises afin de bien cerner les symptômes et utilise adéquatement les appareils et les échelles de mesure;
    • Reconnais les besoins de la personne reliés à sa pathologie et recherche les causes d’une manifestation inhabituelle. »

    Le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire mentionne que l’infirmière auxiliaire doit : « assurer la surveillance et le suivi des données recueillies, l’infirmière auxiliaire est à l’affût des indices d’une situation anormale, connait les activités de suivi nécessaire à l’état de la personne, elle anticipe les problèmes potentiels et effectue des visites fréquentes. »

  • 03. L’infirmière auxiliaire peut-elle administrer un médicament au besoin (PRN) de manière autonome ?

    Oui, l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ) et l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) ont clarifié le rôle de l’infirmière auxiliaire en lien avec l’administration d’un médicament PRN en ordonnance individuelle. Vous pouvez consulter : l'avis conjoint OIIAQ-OIIQ pour en savoir plus à ce sujet.

    Selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    L’ordonnance individuelle ne vise qu’une seule personne qui a préalablement fait l’objet d’une évaluation de la part d’un professionnel autorisé à prescrire. Ainsi, comme l’évaluation a déjà été faite, l’infirmière auxiliaire pourra prendre la décision d’administrer le médicament prescrit au besoin, lorsque les manifestations ou symptômes pour lesquels il a été prescrit sont observés chez le patient.
    L’ordonnance collective vise un groupe de personnes. Cela implique que la personne qui fait l’objet de l’ordonnance n’a pas, au préalable été évaluée par le médecin.
    Consultez à ce sujet Les ordonnances collectives - Guide d'exercice du Collège des médecins.

    Comme le rôle de l’infirmière auxiliaire dans l’évaluation en est un de contribution, l’évaluation et la prise de décision doivent être faites par un professionnel habileté à évaluer. Ainsi, l’infirmière auxiliaire participe à la collecte de données, transmet l’information et peut appliquer l’ordonnance collective selon une directive verbale ou écrite.
    Le médicament (PRN) est prescrit au besoin, sous une ordonnance individuelle, en lien avec des manifestations cliniques précises, mais occasionnelles. Lorsque les manifestations cliniques pour lesquelles le PRN a été prescrit sont présentes, l’infirmière auxiliaire peut administrer ce PRN de façon autonome.
    L’infirmière auxiliaire doit respecter son champ d’exercice tel que l’exige l’article 15 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires :

    « Si l’état d’un patient l’exige, le membre doit consulter un autre membre, un membre d’un autre ordre professionnel ou toute autre personne compétente, ou diriger ce patient vers l’une de ces personnes. »

  • 04. Une ordonnance est-elle nécessaire à l’infirmière auxiliaire pour prendre les signes neurologiques ?

    Non, cette activité peut être exercée de façon autonome, c’est-à-dire que l’infirmière auxiliaire peut décider à la suite d’une situation telle qu’une chute ou un changement dans l’état de la personne, de prendre ses signes neurologiques. Elle peut aussi être exercée selon une ordonnance, un plan thérapeutique infirmier (PTI) ou un protocole.

    Selon l’article 37.1 (5°), par. d) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « observer l’état de conscience d’une personne et surveiller les signes neurologiques ».

    L’infirmière auxiliaire doit connaître et comprendre les éléments à observer afin d’assurer une surveillance adéquate des signes neurologiques. De plus, elle analyse l’information afin de contribuer, avec les autres membres de l’équipe interdisciplinaire, à évaluer l’état de santé de la personne et à réaliser le plan de soin, comme le décrit le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire.

    L’infirmière auxiliaire se doit d’intervenir en situation d’urgence et détient l’entière responsabilité professionnelle pour l’ensemble des activités qu’elle est légalement habilitée à exercer.

    Les troubles neurologiques comprennent, entre autres :

    • l’épilepsie;
    • la maladie d’Alzheimer et autres démences;
    • les maladies cérébrales vasculaires, y compris l’accident vasculaire cérébral;
    • la migraine et autres céphalées;
    • la sclérose en plaques;
    • la maladie de Parkinson;
    • les traumatismes crâniens.
  • 05. Les outils de repérage psychométriques peuvent-ils être utilisés par l’infirmière auxiliaire ?

    Oui,

    selon l’article 37.1 (5°), par. d) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « observer l’état de conscience d’une personne et surveiller les signes neurologiques ».

    Ces outils peuvent être utilisés par l’infirmière auxiliaire pour observer les signes, les paramètres et les réactions de tout type de clientèle et dans tous les milieux de soins. Cette activité est exercée selon une ordonnance, un plan thérapeutique infirmier (PTI), un protocole ou de façon autonome, c’est-à-dire que l’infirmière auxiliaire peut décider à la suite d’une situation telle qu’un changement dans l’état de la personne, d’effectuer ce type de tests de repérage.

     Les outils de repérage psychométriques permettent de valider la présence de trouble neurocognitif (TNC).

    Par la suite, l’infirmière auxiliaire analyse l’information et assure le suivi des données recueillies afin de contribuer, avec les autres membres de l’équipe, à évaluer l’état de santé de la personne, comme le stipule le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.

    L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences requises pour exercer cette activité. Elle respecte ainsi ses obligations déontologiques en lien avec la compétence et la qualité des soins. Elle doit agir en collaboration avec un professionnel dont le champ d’exercice comprend l’évaluation de l’état de santé.
    L’évaluation clinique pour repérer les troubles cognitifs se fait à l’aide des outils de repérage psychométriques :

    • DRD : dépistage rapide la démence;
    • L’épreuve des cinq mots de Dubois;
    • Le MIS (Memory Impairement Screen) : quatre mots + horloge + rappel différé des mots;
    • Horloge.

    Plusieurs facteurs influencent le rendement et la performance de ces tests :

    • Niveau de scolarité;
    • État affectif;
    • Troubles de langage antérieurs (bégaiement);
    • Déficiences sensorielles non compensées (auditives, visuelles);
    • Prise de certains médicaments;
    • L’environnement dans lequel les tests sont effectués.

    Des outils plus complets tels que Folstein et MoCa sont aussi utilisés, mais nécessitent plus de temps. La notoriété du MMSE est, à l’échelle internationale, le test neuropsychologique le plus utilisé dans le processus de repérage rapide des troubles neurocognitifs.


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