Pharmacothérapie

  • 1. Une infirmière auxiliaire peut-elle administrer de l’immunoglobuline anti-D, tel que le WinRho ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut ;

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    L’immunoglobuline anti-D, tel le produit WinRho, est un dérivé sanguin pouvant être administré par la voie intramusculaire. Toutefois en raison des risques associés à l’administration de cette substance, l’infirmière auxiliaire doit se soumettre à la politique émise par le Comité provincial d’uniformisation des méthodes de soins en médecine transfusionnelle.

  • 2. L’infirmière auxiliaire peut-elle procéder à un traitement de désensibilisation?

    Oui, elle peut y contribuer. Selon l’article 37.1 (5°) par. f) du Code des professions l’infirmière auxiliaire peut :

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    Le vaccin qui comporte des extraits d’allergènes est administré par voie sous-cutanée et comporte des risques de réactions systémiques graves. Le document publié par l’Association des allergologues et immunologues du Québec (AAIQ) Immunothérapie par voie sous-cutanée pour le traitement des allergies indique les normes à respecter lors du traitement, notamment que :

    • Le traitement de désensibilisation devrait être administré sous la supervision (surveillance) d'un médecin et d'un personnel médical convenablement qualifiés.
    • Une évaluation de l’état de santé doit être faite avant chaque administration.
    • Le patient doit rester 30 minutes dans la salle d’attente après l’administration.
    • Les réactions locales d’œdème doivent être mesurées après 30 minutes et colligées au dossier.
    • Le congé est autorisé par le médecin après la période d’attente.

    Pour en connaître davantage au sujet des allergies et de la désensibilisation/immunothérapie, nous vous invitons à consulter le site de L'Association des allergologues et immunologues du Québec (AAIQ).

    L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences pour contribuer au traitement de désensibilisation.   

    Plusieurs établissements de santé ont une règle de soins infirmiers en ce qui concerne les traitements de désensibilisation. L’infirmière auxiliaire qui exerce dans un tel établissement doit s’y conformer. 

  • 3. L’infirmière auxiliaire peut-elle participer à une campagne de vaccination ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. g) du Code des professions,  l’infirmière auxiliaire peut :
     
    « Contribuer à la vaccination dans le cadre d’une activité découlant de l’application de la loi sur la santé publique. »

    À l’extérieur du cadre d’une activité découlant de la Loi sur la santé publique, elle peut aussi contribuer à l’administration d’un vaccin selon une ordonnance individuelle, et ce, en vertu de l’activité réservée prévue à l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions.

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    Les lignes directrices du Protocole d’immunisation du Québec (PIQ) doivent être appliquées en tout temps. Afin de bien connaître les responsabilités professionnelles et légales de l’infirmière auxiliaire, nous vous invitons à consulter le PIQ. En voici quelques extraits :

    • Le délai entre l’évaluation par un médecin ou une infirmière et l’administration des produits par l’infirmière auxiliaire ne doit pas excéder deux heures.
    • La présence d’un médecin ou d’une infirmière dans le même édifice est requise. Ces derniers doivent être disponibles rapidement pendant que l’infirmière auxiliaire procède à la vaccination.
    • L’infirmière auxiliaire contribue à la collecte de l’information prévaccination à l’aide d’un questionnaire.
    • L’infirmière auxiliaire contribue à la surveillance requise immédiatement après la vaccination.
    • L’infirmière auxiliaire note les immunisations dans le dossier et le carnet de vaccination.

    Il est important de noter que certains vaccins comportent plus d’une dose, administrée à quelques mois d’intervalle, tel que le vaccin pour l’hépatite B. L’infirmière auxiliaire se doit d’appliquer les lignes directrices du PIQ pour chaque dose.
     
    Depuis 2009, les notions concernant la vaccination sont incluses dans le programme de formation initiale. L’infirmière auxiliaire diplômée avant 2009 doit détenir une attestation de formation.
     
    Il n’y a aucune restriction d’âge quant à la clientèle que l’on peut vacciner.

  • 4. Le rôle de l'infirmière auxiliaire lors de l'administration d'un PRN en ordonnance individuelle versus l'ordonnance collective.

    L’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions stipule que l’infirmière auxiliaire peut : 

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    Il existe deux types d’ordonnances; l’individuelle et la collective.

    L’ordonnance individuelle ne vise qu’une seule personne qui a préalablement fait l’objet d’une évaluation de la part d’un professionnel autorisé à prescrire.

    L’ordonnance collective vise un groupe de personnes ou une ou plusieurs situations cliniques. Elle permet à un professionnel de la santé ou à une personne habilitée d’exercer certaines activités réservées ou autorisées sans avoir à obtenir une ordonnance individuelle du médecin, et ce, dans les circonstances cliniques et aux conditions qui y sont précisées. Cela implique que la personne qui fait l’objet de l’ordonnance n’a pas, au préalable, à être évaluée par le médecin. Consulter Les ordonnances collectives - Guide d'exercice

    Toutefois, prendre la décision d’initier l’ordonnance collective à l’égard d’un patient en particulier requiert une évaluation afin de s’assurer que ce patient présente les conditions cliniques précisées dans l’ordonnance. Comme le rôle de l’infirmière auxiliaire dans l’évaluation en est un de contribution, cette évaluation et la prise de décision doivent être faites par l’infirmière. Ainsi, l’infirmière auxiliaire participe à la collecte de données, transmet l’information à l’infirmière et cette dernière autorise l’administration d’un médicament pour un patient en particulier après son évaluation. C’est ce qu’on appelle « individualiser une ordonnance collective ».

    Pour sa part, le PRN est une médication prescrite au besoin en lien avec des manifestations cliniques précises, mais occasionnelles.

    L’ordonnance individuelle en PRN est administrée de façon autonome par l’infirmière auxiliaire lorsque les manifestations cliniques pour lesquelles le PRN a été prescrit sont présentes. Comme toute ordonnance individuelle, le patient a fait l’objet d’une évaluation préalable par le médecin. Par la suite, elle est en mesure de s’assurer que les manifestations cliniques énumérées au PRN sont présentes et ainsi, administrer le médicament prescrit.
     
    Plusieurs établissements de santé ont une règle de soins infirmiers en ce qui concerne l’application d’une ordonnance individuelle en PRN. L’infirmière auxiliaire qui exerce dans un tel établissement doit s’y conformer. 
    L’ordonnance collective en PRN devra respecter les règles d’individualisation expliquées ci-haut.
    Nous vous invitons à consulter l’avis conjoint entre l’OIIAQ et l’OIIQ en lien avec les ordonnances collectives.

  • 5. L'infirmière auxiliaire peut-elle administrer des médicaments à haut risque tel que des antinéoplasiques ?

    Comme l’indique  l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut : 

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    Il est important de bien comprendre l’article de loi qui permet à l’infirmière auxiliaire, selon une ordonnance, d’administrer tout médicament qui n’est pas administré par la voie intraveineuse. La première question à se poser est donc : « Est-ce que la médication que je dois administrer se donne par une voie qui m’est autorisée ? »

    Ensuite, il faut comprendre qu’en raison des risques associés à l’administration de certaines substances, un médicament pourrait être soumis à une politique interne adoptée par un établissement de santé visant à encadrer la pratique. Par exemple, une telle politique interne peut rendre obligatoire la double vérification indépendante. Elle peut aussi limiter le droit d’administrer ces substances à certains professionnels, en vertu du droit de gérance de l’employeur. L’infirmière auxiliaire doit se conformer à la politique de l’établissement où elle exerce.
     
    Ce principe quant au risque d’administration de certaines substances est applicable également à la voie d’administration. En effet, bien que l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, cité ci-haut, exclut uniquement la voie intraveineuse, il existe d’autres voies par lesquelles l’infirmière auxiliaire ne pourra pas administrer de médicaments, en raison d’un trop grand risque de préjudice. À titre d’exemple, nous pourrions citer une injection intraoculaire.

  • 6. La double vérification d’insuline est-elle obligatoire ?

    Les normes de gestion des médicaments d'Agrément Canada portent sur une manipulation sécuritaire des médicaments. Afin d’éviter les erreurs lors de l’administration de médicaments à haut risque, ce qui pourrait porter un préjudice grave au patient, la norme 18.5 indique d’effectuer une double vérification avec deux professionnels de la santé. Cette procédure se nomme la double vérification indépendante (DVI).

    Pour optimiser son efficacité, la double vérification indépendante d’un médicament exige que deux professionnels de la santé vérifient, séparément, chacun des éléments de préparation et d’administration d’un médicament. Il en est ainsi afin que le professionnel qui prépare la médication n’influence pas ou ne dirige pas le professionnel qui en fait la vérification.
     
    La DVI est une recommandation et non pas une obligation. Plusieurs établissements de santé en ont toutefois fait une règle de soins infirmiers et l’infirmière auxiliaire qui exerce dans un tel établissement doit s’y conformer.  Par contre, certains milieux de travail ne peuvent appliquer cette procédure, puisqu’en raison de l’organisation des ressources humaines, il y est difficile d’avoir accès à deux professionnels de la santé. Nous pourrions citer à titre d’exemple les soins à domicile et les résidences privées pour aînés (RPA).  Dans ces cas-ci, il est d’autant plus important de se souvenir de l’article 14 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires , qui oblige l’infirmière auxiliaire à faire preuve de diligence lors de l’administration de médicaments. Cet article se lit ainsi :
     
    « Le membre doit être diligent lors de l’administration d’un médicament ou d’une substance. À cette fin, il doit notamment avoir une connaissance suffisante du médicament ou de la substance et respecter les principes et méthodes concernant son administration. » 

  • 7. Une infirmière peut-elle demander à une infirmière auxiliaire de faire avec elle, la vérification de sang ou de produits sanguins, de médicaments et d’autres substances?

    À plusieurs reprises, l’OIIAQ a été consulté pour savoir si une infirmière auxiliaire pouvait, en collaboration avec une infirmière, faire la vérification de sang et produits sanguins. Compte tenu des risques de préjudice importants qui pourraient être causés suite à une erreur d’administration de sang ou produits sanguins, une procédure rigoureuse doit être suivie. L’infirmière doit se conformer à cette procédure et s’adjoindre une autre infirmière pour procéder à la vérification de sang ou de produits sanguins et à l’identification du patient.

    Advenant qu’une deuxième infirmière ne soit pas disponible pour procéder à cette vérification, l’OIIAQ est d’avis que l’infirmière peut demander à une infirmière auxiliaire présente de procéder avec elle aux vérifications d’usage.

    Cette même façon de procéder pourrait s’avérer utile lors de l’administration de médicaments ou substances lorsque celle-ci est réservée à l’infirmière et requiert une double vérification. Cette pratique doit toutefois demeurer exceptionnelle, c'est-à-dire, lorsqu’une autre infirmière n’est pas disponible.

    L’OIIAQ recommande que les procédures en vigueur dans les établissements soient mises à jour ou adaptées pour tenir compte de l’organisation du travail et des équipes de soins et soient rédigées de manière à être applicables.

  • 8. Une infirmière auxiliaire peut-elle procéder au décompte des narcotiques?

    Il faut immédiatement mentionner qu'il n'existe aucune disposition dans les lois et règlements applicables interdisant à l’infirmière auxiliaire de procéder au décompte des narcotiques, de signer la feuille de contrôle, de transporter les narcotiques de la pharmacie jusqu'à l’unité de soins et d'avoir accès à l'armoire à narcotiques.

    Selon le Règlement sur l'organisation et l'administration des établissements, le pharmacien doit établir et appliquer des politiques sur la préparation, la distribution et le contrôle de l'utilisation des médicaments, des drogues ou des poisons. Cette obligation s'applique dans tous les établissements du réseau de la santé.

    Ces politiques peuvent prévoir les conditions de transport des narcotiques dans l'établissement, les procédures d'accès à l'armoire à narcotiques ainsi que les mesures de contrôle de ceux-ci. À cette fin, chaque établissement de santé a l'obligation d'établir les mesures nécessaires pour assurer le contrôle des narcotiques. Il peut donc en toute légalité permettre à une infirmière auxiliaire d'appliquer ces mesures, de procéder au décompte des narcotiques et de signer la feuille de contrôle. Enfin, il doit désigner une personne responsable des clés de l'armoire à narcotiques sur chaque unité de soins. L’infirmière auxiliaire peut donc être responsable de l'armoire à narcotiques et assumer la responsabilité de son contrôle.
     
    Les cabinets automatisés décentralisés

    Depuis quelques années, on retrouve dans certaines unités de soins des établissements de santé du Québec, des cabinets automatisés décentralisés. Ces appareils de distribution des médicaments comportent plusieurs avantages, dont l’amélioration de l’accessibilité aux médicaments et la réduction du risque d’erreurs, de pertes ou de vols de narcotiques, puisque l’appareil en fait lui-même le décompte.

  • 9. L’infirmière auxiliaire peut-elle recevoir une ordonnance téléphonique ?

    L’infirmière auxiliaire qui exécute une ordonnance le fait généralement à partir d’une ordonnance écrite par un médecin ou un professionnel habilité à prescrire, comme une infirmière praticienne spécialisée ou un pharmacien. Cependant, il arrive qu’une ordonnance soit transmise verbalement ou par téléphone par l’un de ces professionnels.

    Selon l’article 37.1 (5°), par. f). du  Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut :

    « Administrer par des voies autres que la voie intraveineuse des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    Par conséquent, l'infirmière auxiliaire peut recevoir des professionnels autorisés à prescrire une ordonnance verbale ou téléphonique concernant l’administration de tous les médicaments ou traitements compris dans ses activités réservées. Elle peut également administrer ledit médicament ou prodiguer ledit traitement sans attendre que le médecin confirme ultérieurement par écrit ladite ordonnance au dossier du patient.

    Elle doit s’assurer de respecter les règles de rédaction d’une ordonnance et par le fait même la retranscrire au dossier du patient ainsi qu’à la feuille d’administration des médicaments (FADM) si besoin. 

    Nous vous invitons à consulter les documents suivants concernant la rédaction d’une ordonnance : Le Règlement sur les normes relatives aux ordonnances faites par un médecin et Les ordonnances individuelles faites par un médecin.


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