Pharmacothérapie

  • 01. Une infirmière auxiliaire peut-elle administrer de l’immunoglobuline anti-D, tel que le WinRho ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut :

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance.»

    L’immunoglobuline anti-D, tel le produit WinRho, est un dérivé sanguin pouvant être administré par la voie intramusculaire. Toutefois en raison des risques associés à l’administration de cette substance, l’infirmière auxiliaire doit se soumettre à la politique émise par le Comité provincial d’uniformisation des méthodes de soins en médecine transfusionnelle.

    POUR EN SAVOIR DAVANTAGE SUR LE CHAMP D'EXERCICE DE L'INFIRMIÈRE AUXILIAIRE

    Afin d’en savoir davantage sur le champ d’exercice, nous vous invitons à consulter Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire et le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.

  • 02. L’infirmière auxiliaire peut-elle exercer en médecine esthétique ?

    Oui, l’infirmière auxiliaire peut exercer dans ce milieu. Toutefois, elle doit le faire en collaboration avec un médecin, pour les raisons expliquées ci-dessous. Il est impossible pour une infirmière auxiliaire d’exercer seule dans une clinique esthétique.

    La collaboration avec un médecin est essentielle, puisque selon les lignes directrices émises par le Collège des médecins : 

    • Une évaluation doit être faite avant chaque séance de traitement.
    • Un médecin doit être accessible et disponible rapidement.
    • Une ordonnance individuelle doit être émise. Vous pouvez consulter les normes de rédaction d’une ordonnance de traitement médico-esthétique en suivant ce lien http://www.cmq.org/publication...

    Voici donc des exemples du rôle de l’infirmière auxiliaire en médecine esthétique.
     
    Injection de Botox

    Selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut :
    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    Cet article s’applique également pour l’injection d’agent de comblement.  
     
    Par contre, l’infirmière auxiliaire ne peut pas faire le traitement de varices, puisqu’il consiste à injecter une substance dans les veines et que l’infirmière auxiliaire ne peut administrer de médicaments ou de substances par cette voie.
     
    Prélèvement sanguin en vue d’un traitement de plasma riche en plaquettes (PRP)

    Selon l’article 37.1 (5°), par. i) du  Code des professions  peut :
    « Effectuer des prélèvements, selon une ordonnance. »

    Laser

    Comme l’article 37 p) du Code des professions permet à l’infirmière auxiliaire de « prodiguer des soins et des traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir la santé, de la rétablir et de prévenir la maladie.»

    L’infirmière auxiliaire peut effectuer certains traitements requérant l’utilisation de l’énergie en tenant compte du risque de préjudice. Pour se faire, elle doit travailler en étroite collaboration avec le médecin.

    Finalement, l’infirmière auxiliaire a la responsabilité de s’assurer qu’elle répond aux normes de la pratique en médecine esthétique et qu’elle respecte ses obligations déontologiques en lien avec la compétence et la qualité des soins.

    Nous vous invitons à consulter le document du Collège des médecins, La médecine esthétique.

    POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE CHAMP D'EXERCICE DE L'INFIRMIÈRE AUXILIAIRE

    Afin d’en savoir davantage sur le champ d'exercice, nous vous invitons à consulter Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire et le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.

  • 03. L’infirmière auxiliaire peut-elle participer à une campagne de vaccination ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. g) du Code des professions,  l’infirmière auxiliaire peut :
     
    « Contribuer à la vaccination dans le cadre d’une activité découlant de l’application de la loi sur la santé publique. »

    À l’extérieur du cadre d’une activité découlant de la Loi sur la santé publique, elle peut aussi contribuer à l’administration d’un vaccin selon une ordonnance individuelle, et ce, en vertu de l’activité réservée prévue à l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions.

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    Les lignes directrices du Protocole d’immunisation du Québec (PIQ) doivent être appliquées en tout temps. Afin de bien connaître les responsabilités professionnelles et légales de l’infirmière auxiliaire, nous vous invitons à consulter le PIQ. En voici quelques extraits :

    • L’infirmière auxiliaire obtient l’autorisation de l’infirmière, du médecin, de la sage-femme, de l’inhalothérapeute ou du pharmacien avant d’administrer un vaccin. 
    • L’infirmière auxiliaire contribue à la collecte de l’information prévaccination à l’aide d’un questionnaire.
    • L’infirmière auxiliaire contribue à la surveillance requise immédiatement après la vaccination.
    • L’infirmière auxiliaire note les immunisations dans le dossier et le carnet de vaccination.

    Il est important de noter que certains vaccins comportent plus d’une dose, administrée à quelques mois d’intervalle, tel que le vaccin pour l’hépatite B. L’infirmière auxiliaire se doit d’appliquer les lignes directrices du PIQ pour chaque dose.
     
    Depuis 2003, les notions concernant la vaccination sont incluses dans le programme de formation initiale. L’infirmière auxiliaire diplômée avant 2003 doit détenir une attestation de formation.

    Il n’y a aucune restriction d’âge quant à la clientèle que l’on peut vacciner.

    Nous vous invitons à consulter l’avis conjoint sur le rôle de l’infirmière auxiliaire dans la vaccination. 


    POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE CHAMP D'EXERCICE DE L'INFIRMIÈRE AUXILIAIRE

    Afin d’en savoir davantage sur le champ d'exercice, nous vous invitons à consulter Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire et le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.

  • 04. L’infirmière auxiliaire peut-elle procéder à un traitement de désensibilisation ?

    Oui, elle peut y contribuer. Selon l’article 37.1 (5°) par. f) du Code des professions l’infirmière auxiliaire peut :

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance.»

    Le vaccin qui comporte des extraits d’allergènes est administré par voie sous-cutanée et comporte des risques de réactions systémiques graves. Le document publié par l’Association des allergologues et immunologues du Québec (AAIQ) Immunothérapie par voie sous-cutanée pour le traitement des allergies indique les normes à respecter lors du traitement, notamment que :

    • Le traitement de désensibilisation devrait être administré sous la supervision (surveillance) d'un médecin et d'un personnel médical convenablement qualifiés.
    • Une évaluation de l’état de santé doit être faite avant chaque administration.
    • La personne doit rester 30 minutes dans la salle d’attente après l’administration.
    • Les réactions locales d’œdème doivent être mesurées après 30 minutes et colligées au dossier.
    • Le congé est autorisé par le médecin après la période d’attente.

    Pour en connaître davantage au sujet des allergies et de la désensibilisation/immunothérapie, nous vous invitons à consulter le site de L'Association des allergologues et immunologues du Québec (AAIQ).

    L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences pour contribuer au traitement de désensibilisation.   

    POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE CHAMP D'EXERCICE DE L'INFIRMIÈRE AUXILIAIRE

    Afin d’en savoir davantage sur le champ d'exercice, nous vous invitons à consulter Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire et le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.

  • 05. L'infirmière auxiliaire peut-elle administrer des médicaments à haut risque tel que des antinéoplasiques?

    Comme l’indique l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut : 

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    Il est important de bien comprendre l’article de loi qui permet à l’infirmière auxiliaire, selon une ordonnance, d’administrer tout médicament qui n’est pas administré par la voie intraveineuse. La première question à se poser est donc : « Est-ce que la médication que je dois administrer se donne par une voie qui m’est autorisée? »

    Ensuite, il faut comprendre qu’en raison des risques associés à l’administration de certaines substances, un médicament pourrait être soumis à une politique interne adoptée par un établissement de santé visant à encadrer la pratique. Par exemple, une telle politique interne peut rendre obligatoire la double vérification indépendante. Elle peut aussi limiter le droit d’administrer ces substances à certains professionnels, en vertu du droit de gérance de l’employeur. L’infirmière auxiliaire doit se conformer à la politique de l’établissement où elle exerce.
     
    Ce principe quant au risque d’administration de certaines substances est applicable également à la voie d’administration. En effet, bien que l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, cité ci-haut, exclut uniquement la voie intraveineuse, il existe d’autres voies par lesquelles l’infirmière auxiliaire ne pourra pas administrer de médicaments, en raison d’un trop grand risque de préjudice. À titre d’exemple, nous pourrions citer une injection intraoculaire.

    POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE CHAMP D'EXERCICE DE L'INFIRMIÈRE AUXILIAIRE

    Afin d’en savoir davantage sur le champ d'exercice, nous vous invitons à consulter Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire et le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.

  • 06. La double vérification d’insuline est-elle obligatoire ?

    Les normes de gestion des médicaments d'Agrément Canada portent sur une manipulation sécuritaire des médicaments. Afin d’éviter les erreurs lors de l’administration de médicaments à haut risque, ce qui pourrait porter un préjudice grave au patient, la norme 18.5 indique d’effectuer une double vérification avec deux professionnels de la santé. Cette procédure se nomme la double vérification indépendante (DVI).

    Pour optimiser son efficacité, la double vérification indépendante d’un médicament exige que deux professionnels de la santé vérifient, séparément, chacun des éléments de préparation et d’administration d’un médicament. Il en est ainsi afin que le professionnel qui prépare la médication n’influence pas ou ne dirige pas le professionnel qui en fait la vérification.
     
    La DVI est une recommandation et non pas une obligation. Par contre, certains milieux de travail ne peuvent appliquer cette procédure, puisqu’en raison de l’organisation des ressources humaines, il y est difficile d’avoir accès à deux professionnels de la santé. Nous pourrions citer à titre d’exemple les soins à domicile et les résidences privées pour aînés (RPA).  Dans ces cas-ci, il est d’autant plus important de se souvenir de l’article 14 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires , qui oblige l’infirmière auxiliaire à faire preuve de diligence lors de l’administration de médicaments. Cet article se lit ainsi :
     
    « Le membre doit être diligent lors de l’administration d’un médicament ou d’une substance. À cette fin, il doit notamment avoir une connaissance suffisante du médicament ou de la substance et respecter les principes et méthodes concernant son administration. » 

  • 07. Une infirmière auxiliaire peut-elle procéder au décompte des narcotiques ?

    Il faut immédiatement mentionner qu'il n'existe aucune disposition dans les lois et règlements applicables interdisant à l’infirmière auxiliaire de procéder au décompte des narcotiques, de signer la feuille de contrôle, de transporter les narcotiques de la pharmacie jusqu'à l’unité de soins et d'avoir accès à l'armoire à narcotiques.

    Selon le Règlement sur l'organisation et l'administration des établissements, le pharmacien doit établir et appliquer des politiques sur la préparation, la distribution et le contrôle de l'utilisation des médicaments, des drogues ou des poisons. Cette obligation s'applique dans tous les établissements du réseau de la santé.

    Ces politiques peuvent prévoir les conditions de transport des narcotiques dans l'établissement, les procédures d'accès à l'armoire à narcotiques ainsi que les mesures de contrôle de ceux-ci. À cette fin, chaque établissement de santé a l'obligation d'établir les mesures nécessaires pour assurer le contrôle des narcotiques. Il peut donc en toute légalité permettre à une infirmière auxiliaire d'appliquer ces mesures, de procéder au décompte des narcotiques et de signer la feuille de contrôle. Enfin, il doit désigner une personne responsable des clés de l'armoire à narcotiques sur chaque unité de soins. L’infirmière auxiliaire peut donc être responsable de l'armoire à narcotiques et assumer la responsabilité de son contrôle.
     
    Les cabinets automatisés décentralisés

    Depuis quelques années, on retrouve dans certaines unités de soins des établissements de santé du Québec, des cabinets automatisés décentralisés. Ces appareils de distribution des médicaments comportent plusieurs avantages, dont l’amélioration de l’accessibilité aux médicaments et la réduction du risque d’erreurs, de pertes ou de vols de narcotiques, puisque l’appareil en fait lui-même le décompte.

    POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE CHAMP D'EXERCICE DE L'INFIRMIÈRE AUXILIAIRE

    Afin d’en savoir davantage sur le champ d'exercice, nous vous invitons à consulter Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire et le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.

  • 08. L’infirmière auxiliaire peut-elle recevoir une ordonnance téléphonique ?

    L’infirmière auxiliaire qui exécute une ordonnance le fait généralement à partir d’une ordonnance écrite par un médecin ou un professionnel habilité à prescrire, comme une infirmière praticienne spécialisée ou un pharmacien. Cependant, il arrive qu’une ordonnance soit transmise verbalement ou par téléphone par l’un de ces professionnels.

    Selon l’article 37.1 (5°), par. f). du  Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut :

    « Administrer par des voies autres que la voie intraveineuse des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    Par conséquent, l'infirmière auxiliaire peut recevoir des professionnels autorisés à prescrire une ordonnance verbale ou téléphonique concernant l’administration de tous les médicaments ou traitements compris dans ses activités réservées. Elle peut également administrer ledit médicament ou prodiguer ledit traitement sans attendre que le médecin confirme ultérieurement par écrit ladite ordonnance au dossier de la personne.

    Elle doit s’assurer de respecter les règles de rédaction d’une ordonnance et par le fait même la retranscrire au dossier de la personne ainsi qu’à la feuille d’administration des médicaments (FADM) si besoin. 

    Nous vous invitons à consulter les documents suivants concernant la rédaction d’une ordonnance : Le Règlement sur les normes relatives aux ordonnances faites par un médecin et Les ordonnances individuelles faites par un médecin.

  • 09. Une infirmière peut-elle demander à une infirmière auxiliaire de faire avec elle, la vérification de sang ou de produits sanguins, de médicaments et d’autres substances ?

    À plusieurs reprises, l’OIIAQ a été consulté pour savoir si une infirmière auxiliaire pouvait, en collaboration avec une infirmière, faire la vérification de sang et produits sanguins. Compte tenu des risques de préjudice importants qui pourraient être causés suite à une erreur d’administration de sang ou produits sanguins, une procédure rigoureuse doit être suivie. L’infirmière doit se conformer à cette procédure et s’adjoindre une autre infirmière pour procéder à la vérification de sang ou de produits sanguins et à l’identification du patient.

    Advenant qu’une deuxième infirmière ne soit pas disponible pour procéder à cette vérification, l’OIIAQ est d’avis que l’infirmière peut demander à une infirmière auxiliaire présente de procéder avec elle aux vérifications d’usage.

    Cette même façon de procéder pourrait s’avérer utile lors de l’administration de médicaments ou substances lorsque celle-ci est réservée à l’infirmière et requiert une double vérification. Cette pratique doit toutefois demeurer exceptionnelle, c'est-à-dire, lorsqu’une autre infirmière n’est pas disponible.

    L’OIIAQ recommande que les procédures en vigueur dans les établissements soient mises à jour ou adaptées pour tenir compte de l’organisation du travail et des équipes de soins et soient rédigées de manière à être applicables.

  • 10. L’infirmière auxiliaire peut-elle administrer un médicament au besoin (PRN) de manière autonome ?

    L’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ) et l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) souhaitent clarifier le rôle de l’infirmière auxiliaire en lien avec l’administration d’un médicament PRN en ordonnance individuelle.

    Consultez l'avis conjoint OIIAQ-OIIQ pour en savoir plus à ce sujet.

  • 11. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut collaborer au processus d’administration d’un médicament par un dispositif d’accès intrarachidien, tel que la pompe intrathécale ?

    Oui, l’infirmière auxiliaire peut collaborer à l’administration d’un médicament par pompe intrathécale, conformément aux articles 37.1 (5°) par. e) et 37.1 (5°) par. f) du Code des professions

    Toutefois, l’infirmière auxiliaire doit exercer cette activité en collaboration avec un médecin ou une infirmière, en raison des risques de préjudices importants. 

    L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESS) a publié le document Neurostimulateurs médullaires et pompes intrathécales visant à encadrer la pratique. On y mentionne entre autres les conditions optimales du remplissage des pompes par :

    • Un système de double vérification du médicament et de la pompe.
    • Le respect rigoureux des normes de stérilité afin d’assurer la sécurité du patient.

    De plus, si cela s’applique, l’infirmière auxiliaire doit se conformer à la politique interne adoptée par un établissement de santé visant à encadrer la pratique. Finalement, elle doit avoir les connaissances et les compétences pour exercer cette activité. Elle respecte ainsi ses obligations déontologiques en lien avec la compétence et la qualité des soins.  

  • 12. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut administrer un vaccin en pharmacie communautaire ?

    Oui, selon le Code des professions à l’article 37.1 (5°), par. g), l’infirmière auxiliaire peut « contribuer à la vaccination dans le cadre d’une activité découlant de l’application de la Loi sur la santé publique ». 

    À l’extérieur du cadre d’une activité découlant de la Loi sur la santé publique, elle peut aussi contribuer à l’administration d’un vaccin selon une ordonnance individuelle, et ce, en vertu de l’activité réservée prévue à l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions : « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    À cet effet, l’infirmière auxiliaire doit respecter les lignes directrices du Protocole d’immunisation du Québec (PIQ).

    Le 18 mars 2020, le projet de loi n°31 (Loi modifiant principalement la Loi sur la pharmacie afin de faciliter l'accès à certains services) est entré en vigueur. Nous vous invitons à consulter le guide d’exercice intitulé La vaccination par le pharmacien qui contient certaines règles d’applications.
    Dorénavant, le pharmacien qui possède une attestation de formation s’ajoute à la liste des vaccinateurs, inscrit initialement dans le PIQ, soit l’infirmière, le médecin, et/ou la sage-femme.

    Peu importe le milieu où elle administre un vaccin, l’infirmière auxiliaire doit posséder les qualifications nécessaires en réanimation cardiorespiratoire (RCR) et les maintenir à jour. L’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires stipule que « le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés. »

    La collaboration de l’infirmière auxiliaire ne se limite pas seulement à la préparation ou à l’administration du vaccin, elle peut aussi, notamment :

    • procéder à la collecte de l’information pré-vaccination à l’aide d’un questionnaire;
    • contribuer à la surveillance requise immédiatement après la vaccination;
    • noter les immunisations dans le dossier et le carnet de vaccination.

    Comme mentionné dans le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire, elle :

    • « assure la surveillance et le suivi des données recueillies »;
    • « est à l’affût des indices d’une situation anormale »;
    • « connaît les activités de suivi nécessaires à l’état de la personne ».


    L’infirmière auxiliaire peut également appliquer les mesures d’urgence décidées par le pharmacien dans un contexte donné. Dans une situation d’extrême urgence où la vie de la personne est en danger, l’infirmière auxiliaire doit viser au maintien de la vie, tel que stipulé à l’article 7 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires.
    Afin d’en apprendre davantage, nous vous invitons à consulter La Loi sur la pharmacie, le Règlement sur la prescription d’un médicament par un pharmacien ainsi que le Règlement sur l’administration d’un médicament par un pharmacien qui précisent les modalités d’une vaccination par le pharmacien.
     


  • 13. L’infirmière auxiliaire peut-elle procéder à l’administration du vaccin en s’assurant que depuis la prescription, le patient n’a pas de signes ou de symptômes qui l’empêcheraient d’être vaccinée ?

    Oui, le jour de la vaccination, l’infirmière auxiliaire peut procéder à l’administration du vaccin en s’assurant que depuis la prescription, la personne n’a pas de signes ou de symptômes qui l’empêcheraient d’être vaccinée. L’infirmière auxiliaire n’a pas à obtenir de nouveau l’autorisation du prescripteur sur place avant de vacciner, puisqu’elle a la prescription en main.


    Voici comment s’inscrit le champ d’exercice de l’infirmière auxiliaire, concernant notamment sa contribution à la vaccination :

    • Par sa contribution à l’évaluation, l’infirmière auxiliaire utilise son jugement professionnel pour recueillir des données, observer les manifestations cliniques objectives et subjectives et relier ses observations à l’état de la personne.
    • Tel qu’inscrit dans les responsabilités professionnelles de celle-ci au Protocole d’Immunisation du Québec (PIQ), l’infirmière auxiliaire contribue à la collecte des informations prévaccination à l’aide du questionnaire prévu à cet effet.
      • En cas de doute, à l’aide de son jugement clinique, elle doit se référer au vaccinateur, soit le pharmacien, l’infirmière, le médecin, la sage-femme ou l’inhalothérapeute.

     
    Le jour de la vaccination, si à la suite de la collecte des informations auprès de la personne, aucun signe et symptôme n’est présent, elle peut procéder à la vaccination, tant qu’un professionnel habilité à évaluer est disponible, en présence ou à distance, en cas de nécessité. 

    Nous vous invitons à consulter l’avis conjoint sur le rôle de l’infirmière auxiliaire dans la vaccination. 

  • 14. L’infirmière auxiliaire peut-elle effectuer la reconstitution d’un médicament à partir d’une forme sèche au service externe du bloc opératoire ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. e) du Code des professionsl’infirmière auxiliaire peut « mélanger des substances en vue de compléter la préparation d’un médicament, selon une ordonnance ».

    L’infirmière auxiliaire est impliquée dans la préparation des médicaments et des solutions. Par exemple, la reconstitution d’agent hémostatique topique ou à la préparation de solution avec antibiotique ainsi qu’à l’étiquetage de leur contenant.

    La préparation des médicaments consiste en l’exécution d’un ensemble de manipulations préalables à l’administration des médicaments et vise à s’assurer de disposer dans une forme prête à être transférée, au bon moment et en toute sécurité, les médicaments vers le service interne en salle d’opération.
    En service externe du bloc opératoire, la préparation des médicaments comprend diverses étapes :

    • la vérification du médicament, selon l’ordonnance;
    • la dilution d’un médicament liquide;
    • la reconstitution du médicament à partir d’une forme sèche et sa dilution;
    • le prélèvement, dans une seringue, de la dose requise à partir d’un flacon, d’une fiole ou d’une ampoule et l’étiquetage approprié de cette seringue.

    L’infirmière auxiliaire peut transférer à l’infirmière qui assure le service interne tout type de médicaments.
    Ainsi, les médicaments intraveineux ou à haut risque déjà préparés et prêts à être administrés peuvent être transférés par une infirmière auxiliaire du service externe vers le service interne en utilisant une technique stérile. Pour des informations supplémentaires, nous vous invitons à consulter les activités de l’infirmière auxiliaire au bloc opératoire.

  • 15. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut initier un protocole de détresse respiratoire inscrit au formulaire d’administration des médicaments (FADM) ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance ».

    Le protocole prescrit au dossier, au FADM ou au PTI a préalablement été évalué par un professionnel autorisé. Le PRN est une médication prescrite au besoin en lien avec des manifestations cliniques précises, mais occasionnelles.
     
    Les médicaments administrés lors du protocole de détresse respiratoire :

    • Benzodiazépines (versed injectable);
    • Opioïdes (morphin injectable) ;
    • Anticholinergies (scopolamine injectable).

    L’ordonnance individuelle en PRN est administrée de façon autonome par l’infirmière auxiliaire lorsque les manifestations cliniques pour lesquelles le PRN a été prescrit sont présentes. Comme toute ordonnance individuelle, la personne a fait l’objet d’une évaluation préalable par le médecin. Par la suite, elle est en mesure de s’assurer que les manifestations cliniques énumérées au PRN sont présentes. Elle peut ensuite administrer le médicament prescrit. 

    L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences pour exercer cette activité. Elle respecte ainsi les article 13 et 15 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires :

     « 13. Le membre doit prodiguer les soins et les traitements à un patient avec diligence. Il doit notamment:
    1° intervenir promptement auprès du patient lorsque son état de santé l’exige;
    2° assurer la surveillance requise par l’état de santé du patient;
    3° prendre les moyens raisonnables pour assurer la continuité des soins et des traitements.
    […]
     15. Si l’état d’un patient l’exige, le membre doit consulter un autre membre, un membre d’un autre ordre professionnel ou toute autre personne compétente, ou diriger ce patient vers l’une de ces personnes. »

    De plus, le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire mentionne que l’infirmière auxiliaire doit « relier les manifestations cliniques aux pathologies et à la situation de la personne- Recherche les causes d’une manifestation inhabituelle chez la personne ». 

  • 16. L’infirmière auxiliaire peut-elle administrer une solution de dialyse péritonéale ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance ».

    De plus, cette activité est reliée à une autre activité: « Appliquer les mesures invasives d'entretien du matériel thérapeutique », prévue à l’article 37.1 (5°), par a) du Code des professions.
    La dialyse péritonéale est une technique qui permet aux toxines du sang contenu dans les capillaires du péritoine de diffuser vers la cavité péritonéale.
     
    Un suivi est assuré par une équipe interdisciplinaire. L’équipe est formée d’infirmières, d’un néphrologue, d’une nutritionniste, d’un travailleur social et d’un pharmacien.
    L’entente conjointe conclue entre l’OIIAQ et l’OIIQ concernant l’exercice de l’infirmière auxiliaire dans le domaine de dialyse péritonéale se trouve à l’annexe 3 du document sur les activités professionnelles de l’infirmière auxiliaire.
    L’infirmière auxiliaire pourrait également administrer, selon une ordonnance, des médicaments ou autres substances en utilisant la solution péritonéale, notamment de l’héparine en cas de présence de fibrine.
    L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences pour faire cette activité comme l’exigent les article 3 et 14 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires :

    «3. Le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés.
    […]
    14. Le membre doit être diligent lors de l’administration d’un médicament ou d’une substance. À cette fin, il doit notamment avoir une connaissance suffisante du médicament ou de la substance et respecter les principes et méthodes concernant son administration. »
     
    L’infirmière auxiliaire doit connaitre les activités de suivi requis tel que mentionné dans le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire : « Recueillir et analyser l’information -Est à l’affût des indices d’une situation anormale et connaît les activités de suivi nécessaires à l’état de personne ».

  • 17. L’infirmière auxiliaire peut-elle administrer de la xylocaïne par voie sous-cutanée ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance ».

    La xylocaïne, souvent indiquée pour les chirurgies mineures, est un médicament anesthésiant local qui peut être administré par :

    • Vaporisation;
    • Application topique (gel);
    • Solution injectable sous-cutanée ou intradermique.

    La xylocaïne peut parfois être mélangée à certains médicaments afin de rendre l’injection moins douloureuse.

    L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences pour exercer cette activité. Elle respecte ainsi les articles 3 et 14 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires :
    «3. Le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés.
    […]
    14. Le membre doit être diligent lors de l’administration d’un médicament ou d’une substance. À cette fin, il doit notamment avoir une connaissance suffisante du médicament ou de la substance et respecter les principes et méthodes concernant son administration. »

    L‘infirmière auxiliaire doit également s’assurer d’un suivi après l’administration d’un médicament, en cas de changement dans l’état de santé de la personne et doit transmettre l’information à la bonne personne, comme mentionné dans le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire :
    « Assurer la surveillance et le suivi à la suite de l’administration d’un médicament ou d’une autre substance.»

  • 18. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut administrer un produit naturel sans ordonnance ?

    Non, selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance ».

    Au même titre qu’un médicament, l’infirmière auxiliaire doit détenir une ordonnance individuelle pour administrer un produit naturel. À cet effet vous pouvez consulter le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire: « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances - Vérifie l’ordonnance et/ou le plan thérapeutique infirmier (PTI) avant d’administrer un médicament. »

    Voici des classes de produits naturels, notamment :

    • Vitamines et minéraux;
    • Plantes médicinales;
    • Remèdes homéopathiques;
    • Remèdes traditionnels (p. ex. médecine traditionnelle chinoise);
    • Probiotiques;
    • Autres produits, tels les acides aminés et les acides gras essentiels.

    Les interactions surviennent lorsque les molécules contenues dans les produits naturels partagent les mêmes mécanismes pharmacocinétiques que les médicaments. Pour ces raisons, une évaluation médicale de la personne et une ordonnance doivent être faites avant l’administration du produit naturel. Les produits naturels entreposés doivent être clairement étiquetés au nom de la personne dans un espace de rangement hors de portée.

    Comme toute administration de médicaments ou substances, l’infirmière auxiliaire doit effectuer la vérification des 7 BONS avant l’administration du produit naturel. La vérification du produit inclut également la date de péremption et la qualité du produit. Comme mentionné dans le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire : « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substance- Respecte les pratiques sécuritaires et reconnues »
    L’infirmière auxiliaire doit également avoir une connaissance suffisante du produit naturel qu’elle administrera tel que l’exige l’article 14 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires:
    « Le membre doit être diligent lors de l’administration d’un médicament ou d’une substance. À cette fin, il doit notamment avoir une connaissance suffisante du médicament ou de la substance et respecter les principes et méthodes concernant son administration. »

  • 19. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut effectuer une instillation trachéobronchique à domicile ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut, lorsqu’il y a présence d’une trachéostomie non reliée à un ventilateur, « administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance ».

    Cette activité fait référence à l’introduction de sérum physiologique dans la canule trachéale ou le tube endotrachéal.

    L’entretien d’une trachéostomie à domicile diffère de l’entretien d’une trachéostomie reliée à un ventilateur qui nécessite une attestation de formation et qui, de plus, ne peut être effectué à domicile. L’infirmière auxiliaire qui fait l’entretien d’une trachéostomie reliée à un ventilateur doit détenir une attestation délivrée par l’OIIAQ et répondre aux conditions d’exercice énoncées à l’article 3 du Règlement sur certaines activités professionnelles pouvant être exercées par une infirmière ou un infirmier auxiliaire.

    Le plan thérapeutique infirmier (PTI) constitue une note d’évolution à caractère obligatoire qui regroupe au dossier les décisions de l’infirmière liées au suivi clinique de la personne soignée.

    Il est mentionné dans les Méthodes de soins informatisées (MSI) que l’objectif de ce soin est de déloger les sécrétions bronchiques afin d’éviter des bouchons muqueux et de stimuler le réflexe de la toux pour faciliter l’aspiration des sécrétions. L’aspiration des sécrétions endotrachéales est un autre exemple d’activité réservée à l’infirmière auxiliaire.

    L’infirmière auxiliaire doit posséder les connaissances et les compétences liées à l’utilisation du matériel et aux techniques de soins à réaliser et doit reconnaître les signes et symptômes associés à la fonction respiratoire. Elle respecte ainsi l’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires, mentionnant que « le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés. »

  • 20. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut administrer du Botox de façon autonome ?

    Non, Selon les lignes directrices émises par le Collège des médecins dans le Guide d’exercice 2018, la collaboration d’un médecin en clinique médico-esthétique est essentielle :

     « Les traitements pourront être réalisés par le médecin qui a procédé à l’évaluation ou faire l’objet d’une ordonnance individuelle délivrée par ce même médecin à une infirmière ou à une infirmière auxiliaire, qui pourra l’exécuter aux conditions suivantes : une évaluation doit être faite avant chaque séance de traitement ».

    L’infirmière auxiliaire peut effectuer le traitement déterminé par le médecin selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions : « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance ».

    Puisqu’elle contribue à l’évaluation, l’infirmière auxiliaire pourrait, par exemple, collaborer à la surveillance post injection et aviser le médecin de toute observation anormale, tel que mentionné dans le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire : « Rapporte à un professionnel une situation problématique afin de s’informer des actions à poser ».

     Le rôle de l’infirmière auxiliaire est, notamment, de procéder à l’injection des substances prescrites par le médecin. Toutefois, l’article 14 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires stipule que « Le membre doit être diligent lors de l’administration d’un médicament ou d’une substance. À cette fin, il doit notamment avoir une connaissance suffisante du médicament ou de la substance et respecter les principes et méthodes concernant son administration ».
     
    De plus, l’article 3 mentionne que : « Le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés.»

  • 21. L’infirmière auxiliaire peut-elle préparer un antibiotique en poudre en le mélangeant avec de la xylocaïne afin de l’administrer intramusculaire ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. e) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « mélanger des substances en vue de compléter la préparation d’un médicament, selon une ordonnance ».

    Le chlorhydrate de lidocaïne est une solution anesthésique locale destinée à l'anesthésie régionale. Elle est indiquée dans la prévention de la sensation de douleur et agit par blocage réversible de la conduction nerveuse. Parfois, lorsque qu’un antibiotique est très irritant, comme la ceftriaxone, et qu’elle doit être administrée I/M, il est préférable de la mélanger à de la xylocaïne 1% au lieu du NACL.
    L’infirmière auxiliaire peut mélanger des substances lorsque requis dans la préparation de médicaments, incluant l’insuline, les vaccins et toute autre substance. L’infirmière auxiliaire pourrait aussi mélanger des médicaments et substances devant être administrés par voie intraveineuse par un médecin lorsqu’elle exerce au bloc opératoire, dans une unité d’endoscopie, en GMF ou en clinique privée.

    Aucune restriction légale quant à la voie d’administration ne s’applique lors de la préparation du médicament ou de la substance devant être préparée.
    L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences pour exercer cette activité. Elle respecte ainsi ses obligations déontologiques en lien avec la compétence et la qualité des soins.  L’article 14 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires stipule que :
     
    « Le membre doit être diligent lors de l’administration d’un médicament ou d’une substance. À cette fin, il doit notamment avoir une connaissance suffisante du médicament ou de la substance et respecter les principes et méthodes concernant son administration ».

    Dans le respect de pratiques sécuritaires et reconnues, l’infirmière auxiliaire peut se référer aux Méthodes de soins informatisées (MSI) et maintenir ses compétences à jour.

  • 22. L’infirmière auxiliaire peut-elle mélanger de la xylocaïne avec épinéphrine sous-cutanée pré point de suture ou pré drainage d’abcès ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. e) du Code des professionsl’infirmière auxiliaire peut « mélanger des substances en vue de compléter la préparation d’un médicament, selon une ordonnance ». L’anesthésie par infiltration ou injection, comme la xylocaïne à 1 ou 2%, est couramment utilisée comme méthode de contrôle de la douleur durant la réparation d’une lacération, car elle engourdit une zone du corps pour une intervention chirurgicale ou autres procédures. Plus la xylocaïne est concentrée, plus l'effet anesthésique est localisé. L’épinéphrine est ajoutée à l'anesthésique local pour en prolonger l'effet. 

    L’infirmière auxiliaire peut mélanger des substances lorsque requis dans la préparation de médicaments, incluant l’insuline, les vaccins et toute autre substance. L’infirmière auxiliaire pourrait mélanger des médicaments et substances devant être administrés par voie intraveineuse par un médecin lorsqu’elle exerce au bloc opératoire, dans une unité d’endoscopie, en GMF ou en clinique privée.

    Aucune restriction légale quant à la voie d’administration ne s’applique lors de la préparation du médicament ou de la substance devant être préparée. L’infirmière auxiliaire pourrait donc préparer un médicament qu’elle n’est pas autorisée à administrer.

    L’infirmière auxiliaire peut mélanger des substances en vue de compléter la préparation d’un médicament, selon une ordonnance, et ce, auprès de tout type de clientèle et dans tous les milieux de soins, comme décrit dans le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire :
    « Calculer, mesurer et mélanger des substances en vue de préparer un médicament », « Agit avec précision : Utilise la règle de trois (produit croisé) pour calculer la dose d’un médicament », « Respecte l’ordonnance et le PTI : Vérifie l’ordonnance et/ou le plan de thérapeutique infirmiers (PTI) avant la préparation d’un médicament », « Respecte les pratiques sécuritaires et reconnues : Vérifie le temps de conservation des substances utilisées ».
     
    Dans le respect des pratiques sécuritaires et reconnues, l’infirmière auxiliaire peut se référer aux Méthodes de soins informatisées (MSI) et maintenir ses compétences à jour.

  • 23. L’infirmière auxiliaire peut-elle préparer un médicament en nébule pour l’administrer via un système d’oxygénothérapie ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. e) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « mélanger des substances en vue de compléter la préparation d’un médicament, selon une ordonnance ».

    Un nébuliseur est un appareil qui transforme un médicament en une fine brume et qui l’envoie dans les voies aériennes au moyen d’un embout buccal ou d’un masque. Le nébuliseur peut être utile aux personnes qui ont du mal à utiliser des inhalateurs.

    La nébulisation dure en moyenne 10 à 15 minutes. Le patient doit être assis durant la séance. Comme tous les actes de soins, il faut respecter les règles d’hygiène (lavage des mains, prélèvement du médicament avec asepsie). Le nettoyage du système de nébulisation est une procédure importante après son utilisation.

    Aucune restriction légale quant à la voie d’administration ne s’applique lors de la préparation du médicament ou de la substance devant être préparée.

    L’infirmière auxiliaire peut calculer, mesurer et mélanger des substances en vue de préparer un médicament, comme décrit dans le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.
    L’infirmière auxiliaire collabore avec l’équipe de soins et applique les techniques d’oxygénothérapie selon un PTI, une ordonnance ou un protocole. Il n’y a pas de restriction quant à la concentration d’oxygène et au débit litre/minute que l’infirmière auxiliaire peut administrer.
    L’infirmière auxiliaire doit posséder les habiletés reliées à l’utilisation du matériel, aux techniques de soins à réaliser et reconnaître les signes et symptômes associés à la fonction respiratoire. Elle doit aviser un professionnel habilité à évaluer dès l’apparition d’une détérioration respiratoire.  

    Comme décrit dans le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire :

    « Lorsque l’infirmière auxiliaire relie les manifestations cliniques aux pathologies et à la situation de la personne. Elle reconnaît les besoins de la personne reliés à sa pathologie et recherche les causes d’une manifestation inhabituelle chez la personne ».

    Dans le respect de pratiques sécuritaires et reconnues, l’infirmière auxiliaire peut se référer aux Méthodes de soins informatisées (MSI) afin de maintenir ses compétences à jour.

  • 24. Est-ce que l'infirmière auxiliaire peut effectuer la vaccination en milieu scolaire ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. g) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « contribuer à la vaccination dans le cadre d’une activité découlant de l’application de la Loi sur la santé publique ».

    L’infirmière auxiliaire peut exercer auprès de la clientèle pédiatrique toutes les activités comprises dans son champ d’exercice à l’exception de la thérapie intraveineuse, en raison d’une restriction quant à l’exercice de cette activité. 

    Toutefois, les lignes directrices du Protocole d’immunisation du Québec (PIQ) doivent être appliquées dans tous les milieux et en tout temps. Afin de bien connaître les responsabilités professionnelles et légales de l’infirmière auxiliaire, nous vous invitons à le consulter.
    L’infirmière auxiliaire doit s’assurer de toujours avoir le matériel nécessaire pour l’administration d’un vaccin, notamment un contenant biorisque et l’équipement de protection adéquat. À ce sujet, vous pouvez vous référer aux Méthodes de soins informatisées (MSI) et au Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire qui stipule que l’infirmière auxiliaire doit « appliquer les règles d’asepsie lors de l’utilisation et de la disposition du matériel thérapeutique » et « dispose du matériel contaminé de façon sécuritaire ». 

    La clientèle pédiatrique peut parfois être vulnérable. C’est la raison pour laquelle l’infirmière auxiliaire doit être à l’affût de situations particulières, comme l’indique le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire : « observe avec vigilance » et « porte attention à ce que la personne exprime, autant par son langage verbal que non verbal ».

    L’infirmière auxiliaire en milieu scolaire vaccine les enfants lors des séances de vaccination qui ont habituellement lieu à l’automne et au printemps. Un dépliant d’information sur la vaccination est envoyé par l’entremise de l’école, comprenant un formulaire de consentement à la vaccination.

    Les vaccins qui sont administrés en 4e année du primaire combattent :

    • l’hépatite A et B;
    • le virus du papillome humain (VPH).

    Il y a certains avantages de vacciner en 4e année du primaire :

    • C’est à l’âge de 9 et 11 ans que le système immunitaire répond le mieux;
    • L’enfant devrait idéalement être vacciné avant qu’il soit exposé à ces infections;
    • La vaccination à l’école évite aux parents d’avoir à se déplacer.

    Les vaccins qui sont administrés en 3e année du secondaire combattent :

    • le méningocoque;
    • la diphtérie et le tétanos.
  • 25. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut administrer un bolus de potassium par voie intraveineuse ?

    Non, puisque le potassium est un additif et à l’article 4 du Règlement sur certaines activités professionnelles pouvant être exercées par une infirmière ou un infirmier auxiliaire, il est mentionné que l’infirmière auxiliaire peut installer un cathéter intraveineux périphérique court de moins de 7,5 cm et peut y administrer une solution intraveineuse sans additif.

    Toutefois, dans son rôle de contribution à l’évaluation, l’infirmière auxiliaire peut, par exemple, effectuer la surveillance post administration et aviser le médecin de toute observation anormale tel que stipulé dans le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire: « rapporte à un professionnel une situation problématique afin de s’informer des actions à poser ».

    De plus, l’article 13 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires mentionne que :
    « Le membre doit prodiguer les soins et les traitements à un patient avec diligence. Il doit notamment:
    1° intervenir promptement auprès du patient lorsque son état de santé l’exige;
    2° assurer la surveillance requise par l’état de santé du patient;
    3° prendre les moyens raisonnables pour assurer la continuité des soins et des traitements ».

    Le potassium est l’un des électrolytes de l’organisme qui porte une charge électrique lorsqu’il est dissous dans les liquides corporels tels que le sang. Il est nécessaire au fonctionnement des cellules, des muscles et des nerfs. Dans l’hypokaliémie, son taux dans le sang est trop faible, notamment dû à plusieurs causes, mais fréquemment dû à des vomissements, diarrhées, troubles des surrénales ou à la prise de diurétiques. Elle peut entraîner une faiblesse, des crampes, des contractions ou même une paralysie des muscles et des anomalies du rythme cardiaque. Habituellement, le taux de potassium peut être restauré grâce à l’ingestion d’aliments riches en potassium ou avec la prise de compléments alimentaires par voie orale.

    Le potassium est administré par voie intraveineuse comme traitement de l’hypokaliémie dans les situations suivantes, notamment lorsque :

    • Le taux de potassium est dangereusement faible;
    • Le faible taux entraîne des troubles du rythme cardiaque;
    • Les suppléments par voie orale sont inefficaces.
  • 26. Au retour de salle d’opération, l’infirmière auxiliaire peut-elle changer le soluté de Lactate Ringer par un Salin avec 5% de dextrose ?

    Oui, l’infirmière auxiliaire peut exercer toutes les activités comprises dans son champ d’exercice. Le rôle de l’infirmière auxiliaire lors de la contribution à la thérapie intraveineuse est déterminé par la section III  du Règlement sur certaines activités professionnelles pouvant être exercées par une infirmière ou un infirmier auxiliaire:

    1° installer un cathéter intraveineux périphérique court de moins de 7,5 cm;
    2° administrer une solution intraveineuse sans additif à partir d’un cathéter intraveineux périphérique court de moins de 7,5 cm;
    3° installer et irriguer, avec une solution isotonique, un cathéter intraveineux périphérique court de moins de 7,5 cm, à injection intermittente. 

    La modification d’un type de soluté par l’infirmière auxiliaire se fait selon l’ordonnance au dossier, une indication ou un ordre verbal. Parfois on a besoin d’un soluté pour sa tonicité (concentration des ions), son pouvoir volémique (remplir un état de choc) et parfois pour ces deux paramètres. La solution administrée sert à augmenter, diminuer ou équilibrer le volume des cellules par osmose.

    Les solutions utilisées peuvent être :

    • Hypotoniques :  Dextrose 2,5%
    • Isotoniques; NaCl 0,9%, Dextrose 5%, Lactate Ringer
    • Hypertonique : NaCl 10-20%, Glucose 10%

    Le Profil des compétences de l’infirmier et l’infirmière auxiliaire mentionne que l’infirmière auxiliaire prodigue des soins de qualité. Elle applique les différentes méthodes de soins avec jugement et autonomie. Elle vérifie l’ordonnance ou le plan thérapeutique infirmier avant de dispenser des soins spécifiques. De plus, l’article 13 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires mentionne que :
    « Le membre doit prodiguer les soins et les traitements à un patient avec diligence. Il doit notamment:
    1° intervenir promptement auprès du patient lorsque son état de santé l’exige;
    2° assurer la surveillance requise par l’état de santé du patient;
    3° prendre les moyens raisonnables pour assurer la continuité des soins et des traitements ».

  • 27. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut administrer un bolus d’une solution sans additif par voie intraveineuse ?

    Oui, l’article 4 du Règlement sur certaines activités professionnelles pouvant être exercées par une infirmière ou un infirmier auxiliaire mentionne que l’infirmière auxiliaire peut administrer une solution intraveineuse sans additif à partir d’un cathéter intraveineux périphérique court de moins de 7,5 cm.

    L’infirmière auxiliaire peut administrer tous les solutés sans additifs (Dextrose, NaCl, Lactate Ringer) et en régler le débit de façon manuelle ou à l’aide d’une pompe volumétrique, selon une ordonnance ou une directive.

    Il est important de noter que la contribution à la thérapie intraveineuse est une activité qui est restrictive quant à la clientèle et le milieu d’exercice.

    Dans son rôle de contribution à l’évaluation, l’infirmière auxiliaire effectue la surveillance des soins qu’elle prodigue, tel que stipulé dans le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire :

    « Est à l’affût des indices d’une situation anormale

    • Connaît les activités de suivi nécessaire à l’état de la personne; 
    • Anticipe les problèmes potentiels;
    • Fait des visites fréquentes. »

    De plus, l’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires stipule que « le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés ».
    Nous vous invitons à consulter les documents sur les activités professionnelles de l’infirmière auxiliaire.

  • 28. L’infirmière auxiliaire peut-elle initier une ordonnance collective ?

    Oui, selon l’article 37p) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire « contribue à l’évaluation de l’état de santé de la personne ». Bien que le rôle de l’infirmière auxiliaire dans l’évaluation en est un de contribution, elle est en mesure d’initier des ordonnances collectives si celles-ci sont élaborées en conformité avec son champ d’exercice. L’ordonnance collective doit décrire les circonstances qui donneront lieu à son application. Par exemple, elle peut prévoir l’administration d’un analgésique en cas de douleur. L’infirmière auxiliaire a les compétences pour apprécier la douleur dans le cadre de sa contribution à l’évaluation et pourra ainsi décider d’initier l’ordonnance collective. 

    Il convient également de rappeler que l’ordonnance collective doit également prévoir :

    • les modalités de l’initiation;
    • les contre-indications;
    • les mécanismes de suivi auprès d’un professionnel habilité à évaluer les personnes symptomatiques ou à effectuer la surveillance des personnes.

     L’infirmière auxiliaire, par sa grande contribution en pharmacothérapie, connait les effets secondaires ainsi que les effets recherchés d’un médicament. Ainsi, l’infirmière auxiliaire peut administrer tout médicament via toutes les voies qui lui sont autorisées dans ses activités réservées.  

    Tel que mentionné dans le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire, elle « utilise son jugement clinique pour recueillir des données, observer des manifestions cliniques, objectives et subjectives, et relier ses observations à l’état de la personne et aux pathologies ».

    En tout temps, l’infirmière auxiliaire doit respecter, notamment, l’article 14 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec :

    « Le membre doit être diligent lors de l’administration d’un médicament ou d’une substance.
    À cette fin, il doit notamment avoir une connaissance suffisante du médicament ou de la substance et respecter les principes et méthodes concernant son administration ».

    Nous vous invitons à consulter l’avis conjoint sur le rôle de l’infirmière auxiliaire en lien avec les ordonnances collectives.

  • 29. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut administrer un médicament intravaginal comme traitement préventif ou curatif ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance ».

    Elle peut donc installer et utiliser divers procédés ou appareils, comme décrits dans le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire: « En respectant la démarche de soins, elle applique différentes méthodes de soins avec jugement et autonomie ».

    Les médicaments intravaginaux sont spécialement conçus pour fondre dans le vagin et ainsi libérer un médicament qui agira principalement de façon locale.

    Ils se présentent sous différentes formes telles que crème, gel, capsules, ovules et comprimé, et peuvent ainsi traiter notamment :

    •  Les saignements vaginaux;
    •  Des vaginites à levure avec des antifongiques;
    •  Des vaginites bactériennes avec certains antibiotiques;
    •  L’atrophie vaginale avec de l’œstrogène.

    Il est important de bien comprendre l’article de loi qui permet à l’infirmière auxiliaire, selon une ordonnance, d’administrer tout médicament qui n’est pas administré par la voie intraveineuse. La première question à se poser est donc : « Est-ce que la médication que je dois administrer se donne par une voie qui m’est autorisée? »

    L’article 14 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires stipule que :
     
    « Le membre doit être diligent lors de l’administration d’un médicament ou d’une substance. À cette fin, il doit notamment avoir une connaissance suffisante du médicament ou de la substance et respecter les principes et méthodes concernant son administration.» 

  • 30. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut effectuer une injection intramusculaire de vitamine C ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance ».

    La vitamine C est une vitamine hydrosoluble. Dans son aspect chimique, il s'agit de l'acide ascorbique qui est aussi utilisé en tant qu'antioxydant dans certaines industries.

    Comment évalue-t-on un médicament?
    Il y a trois phases d’étude à respecter avant de pouvoir conclure à son efficacité :

    • Phase 1 : Évaluation des effets toxiques du médicament sur quelques personnes;
    • Phase 2 : Évaluation du bénéfice que le médicament peut apporter à une cohorte de patients;
    • Phase 3 : Étude de grande envergure à laquelle participent des centaines de personnes.

    Les chercheurs peuvent ainsi évaluer les bénéfices du médicament à grande échelle. L'Association des médecins hématologues et oncologues du Québec, affirme « qu’il est possible que les propriétés antioxydantes de la vitamine C contribuent à diminuer certains effets de la chimiothérapie, mais qu’aucune étude valable n'en fait la preuve. »

    Or, depuis 2018, les injections de vitamine C sont disponibles dans certaines cliniques au Québec. Très peu d’effets secondaires ont été notés mis à part les troubles intestinaux qui sont les plus récurrents.
    Il est important que l’infirmière auxiliaire s’engage dans son développement professionnel en maintenant à jour et en perfectionnant ses compétences. À ce sujet, vous pouvez consulter le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire : « Suivre l’actualité́ relative à son domaine de pratique ».

    De même, l’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires exige que « le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés. »

  • 31. L’infirmière auxiliaire peut-elle mélanger des narcotiques qui servent aux protocoles de détresse respiratoire en soins palliatifs ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. e) du Code des professionsl’infirmière auxiliaire peut « mélanger des substances en vue de compléter la préparation d’un médicament, selon une ordonnance ».

    Un protocole de détresse consiste en l’administration d’une combinaison de médicaments, tel que :

    1) Opiacé : Morphine ou Dilaudid
    2) Benzodiazépine : Versed
    3) Anticholinergique : Robinul ou scopolamine

    Il est préférable d'avoir un papillon sous-cutané par médicament et bien identifier sur chaque site. L’installation d’un papillon ou cathéter permet de diminuer le traumatisme lors d’injections répétées.
    L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences pour exercer cette activité. Ainsi, elle respecte ses obligations déontologiques. Par ailleurs, l’article 9 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires stipule : « Le membre doit entretenir une relation de confiance et de respect mutuel avec un patient. À cette fin, il doit notamment adopter une approche personnalisée respectant les valeurs et les convictions du patient ».
    Tel que mentionné dans Le profil des compétences de l’infirmière et l’infirmier auxiliaire: « Respecte l’intimité de la personne, pose des questions à la personne sur l’efficacité du médicament administré, vérifie l’ordonnance et/ou le PTI pour connaître les activités de suivies ».

    Selon le Règlement sur l'organisation et l'administration des établissements, le pharmacien doit établir et appliquer des politiques sur la préparation, la distribution et le contrôle de l'utilisation des médicaments, des drogues ou des poisons. Cette obligation s'applique dans tous les établissements du réseau de la santé.

     Dans le respect de pratiques sécuritaires et reconnues, l’infirmière auxiliaire peut se référer aux Méthodes de soins informatisées (MSI).

  • 32. L’infirmière auxiliaire peut-elle préparer une solution pour l’administration d’un lavement par voie rectale ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. e) du Code des professionsl’infirmière auxiliaire peut « mélanger des substances en vue de compléter la préparation d’un médicament, selon une ordonnance ».

    L’objectif du lavement est de nettoyer l’intestin pour favoriser un examen de bonne qualité, réduire les risques infectieux lors d’une intervention ou faire en sorte d’évacuer les selles bloquées ou le fécalome obstruant les intestins d’un patient.
    Aucune restriction légale quant à la voie d’administration ne s’applique lors de la préparation du médicament ou de la substance devant être préparée.

    L’infirmière auxiliaire peut calculer, mesurer et mélanger des substances en vue de préparer un médicament, comme décrit dans Le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.

    Nous pouvons associer  ce soin à une autre activité réservée du Code des professions. Selon l’article 37.1 (5°), par. h)l’infirmière auxiliaire peut « Introduire un instrument ou un doigt, selon une ordonnance, au-delà du vestibule nasal, des grandes lèvres, du méat urinaire ou de la marge de l’anus ou dans une ouverture artificielle du corps humain ».

    L’infirmière auxiliaire doit rédiger une note d’évolution à la suite d’un soin, celle-ci constitue le reflet de sa compétence professionnelle et de la qualité des soins qu’elle dispense aux personnes. De plus, elle assure ainsi la continuité des soins prodigués.

    Dans le respect de pratiques sécuritaires et reconnues, l’infirmière auxiliaire peut se référer aux Méthodes de soins informatisées (MSI) et ainsi maintenir ses compétences à jour.

  • 33. L’infirmière auxiliaire peut-elle reconstituer de la vancomycine en poudre pour l’administrer par la voie orale ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. e) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « mélanger des substances en vue de compléter la préparation d’un médicament, selon une ordonnance ».

    Même si la vancomycine en poudre est un antibiotique aussi utilisé par voie intra-veineuse, l’infirmière auxiliaire peut le mélanger pour l’administrer par la voie orale. Elle pourrait par ailleurs reconstituer de la vancomycine dans le but d’être administrée par voie intra-veineuse, par une autre professionnel de la santé, puisqu'aucune restriction légale quant à la voie d’administration ne s’applique lors de la préparation du médicament ou de la substance devant être préparée.

    L’infirmière auxiliaire peut calculer, mesurer et mélanger des substances en vue de préparer un médicament, comme décrit dans le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.

    La vancomycine est utilisée dans le traitement de certaines infections sévères telles que staphylocoques, streptocoques et de certaines infections du tractus gastro-intestinal. Son utilisation nécessite une surveillance et un suivi des effets thérapeutiques et indésirables que l’infirmière auxiliaire, selon le Profil des compétences, doit s’assurer, à la suite de l’administration d’un médicament ou d’une autre substance. 

  • 34. En clinique de médecine esthétique, l’infirmière auxiliaire peut-elle effectuer un prélèvement sanguin en vue d’un traitement de plasma riche en plaquettes (PRP) ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. i) du Code des professions l’infirmière auxiliaire peut « introduire un instrument, selon une ordonnance, dans une veine périphérique à des fins de prélèvement, lorsqu’une attestation de formation lui est délivrée par l’Ordre dans le cadre du règlement pris en application du paragraphe o de l’article 94 ».

    L’infirmière auxiliaire peut effectuer tous les types de prélèvements sanguins auprès de tout type de clientèle et dans tous les milieux de soins.

    Il est obligatoire, pour une infirmière auxiliaire, d’exercer en la présence d’un médecin, sur place, dans une clinique esthétique.

    La collaboration avec un médecin est essentielle, puisque selon les lignes directrices émises par le Collège des médecins : 

    • Une évaluation doit être faite avant chaque séance de traitement;
    • Un médecin doit être accessible et disponible rapidement;
    • Une ordonnance individuelle doit être émise.

    Nous vous invitons à consulter les normes de rédaction d’une ordonnance de traitement médico-esthétique en suivant ce lien : Le Guide en médecine esthétique .

    L’article 37 p) du Code des professions permet à l’infirmière auxiliaire de « contribuer à l’évaluation de l’état de santé d’une personne et à la réalisation du plan de soins, prodiguer des soins et des traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir la santé, de la rétablir et de prévenir la maladie et fournir des soins palliatifs ».

    L’infirmière auxiliaire a la responsabilité de s’assurer qu’elle répond aux normes de la pratique en médecine esthétique et qu’elle respecte ses obligations déontologiques en lien avec la compétence et la qualité des soins.


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