Résidence privée pour ainées (RPA)

  • 1. L’infirmière auxiliaire peut-elle avoir un rôle de responsable des soins infirmiers en résidence privée pour aînés (RPA) ?

    Oui, l’infirmière auxiliaire peut avoir un rôle de responsable de soins infirmiers. Elle peut également exercer toutes les activités de gestion ou les fonctions administratives qui lui sont confiées. 

    Une RPA pourrait désigner une infirmière auxiliaire exerçant dans ce milieu à titre d’infirmière auxiliaire chef ou de coordonnatrice des soins infirmiers, afin de souligner le lien hiérarchique qu’elle exerce sur le personnel soignant. Toutefois, malgré son titre, cette dernière a la responsabilité de se présenter comme infirmière auxiliaire et de ne pas laisser croire à la clientèle qu’elle est infirmière.
     
    Cette infirmière auxiliaire doit également s’assurer qu’elle n’exerce que les activités professionnelles qu’elle est légalement habilitée à exercer. Elle se doit de connaître, entre autres, les articles 37 p) et 37.1 5° du Code des professions et d’avoir une éthique déontologique (Code de déontologie) afin de ne pas transgresser les limites dans l’exercice de sa profession.

    Nous vous invitons à consulter L’avis conjoint de l’OIIQ et de l'OIIAQ concernant la désignation d’une infirmière auxiliaire exerçant des fonctions de directrice ou de responsable des soins infirmiers dans une résidence privée pour aînés (RPA).

  • 2. Les obligations de l’infirmière auxiliaire exerçant dans une résidence privée pour aînés (RPA) concernant la distribution ou l’administration des médicaments

    L’organisation des soins dans les RPA a créé une réalité qui est propre à ce milieu, soit la distribution de médicaments. Bien qu’il s’agisse d’une activité déréglementée, l’infirmière auxiliaire qui est appelée à faire cette tâche doit mettre en pratique les connaissances qu’elle détient à titre de professionnelle de la santé. 

    Ainsi, elle a la responsabilité de distribuer les médicaments selon les bonnes normes de pratique, expliquée ci-dessous. Sa responsabilité face au résident est la même que dans le cadre de l’administration des médicaments. Effectivement, lorsque le Code des professions ou le Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires utilise l’expression « administration de médicament », il faut la comprendre au sens large et inclure la notion de distribution.

    Par conséquent, lors de la distribution ou de l’administration de médicaments, l’infirmière auxiliaire doit vérifier tous les médicaments, même s’ils sont présentés sous forme de dispill, préparés et vérifiés par un pharmacien. Elle doit aussi s’assurer de connaître entre autres les effets recherchés et les effets indésirables de la médication et de respecter les sept bons principes d’administration de la médication (7 bons) :  

    • Bon produit
    • Bonne heure
    • Bonne dose
    • Bon usager
    • Bonne voie d’administration
    • Bonne inscription
    • Bonne surveillance

     De plus, elle doit apposer ses initiales à la feuille d’administration des médicaments (FADM), et ce, pour chaque médicament qui a été distribué ou administré, selon le cas.

    Toutefois, en matière de distribution de médicaments, l’application de certains de ces éléments est différente qu’en matière d’administration.  Ainsi, l’élément « bonne heure » réfère plutôt à l’obligation de s’assurer que le résident comprenne bien à quel moment de la journée il doit prendre sa médication. L’infirmière auxiliaire doit aussi vérifier que la dose précédente ait bien été prise par le résident afin de s’assurer que le délai prescrit entre les doses soit respecté. Pour la vérification de la voie d’administration en matière de distribution, on réfère plutôt à la vérification que le médicament est servi par le pharmacien dans la voie prescrite.
     
    Ce faisant, l’infirmière auxiliaire respecte l’article 14 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires:
     
    « Le membre doit être diligent lors de l’administration d’un médicament ou d’une substance. À cette fin, il doit notamment avoir une connaissance suffisante du médicament ou de la substance et concernant son administration. »

    Finalement, les gestionnaires des RPA ont la responsabilité de mettre à la disposition des infirmières auxiliaires les outils nécessaires, telles les FADM, afin de leur permettre d’exercer dans le respect de leurs obligations professionnelles. 

  • 3. Le rôle de l’infirmière auxiliaire lors d’une chute d’un résident ou d’un patient

    À la suite d’une chute d’un résident ou d’un patient, il doit y avoir évaluation de l’état de santé de ce dernier. Le rôle de l’infirmière auxiliaire dans l’évaluation de l’état de santé d’une personne en est un de contribution. Dans le document, Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire, chapitre 2 p.7, il y est mentionné que :

    « Suivant le champ d’exercice reconnu à l’infirmière auxiliaire, elle peut contribuer à l’évaluation de l’état de santé de la personne et à la réalisation du plan de soins. Cependant, elle ne peut pas exercer cette activité en pleine et entière autonomie. Elle doit agir en collaboration avec l’infirmière dont le champ d'exercice consiste à évaluer l’état de santé d’une personne, à déterminer et à assurer la réalisation du plan de soins et de traitements infirmiers… »

    Par conséquent, l’infirmière auxiliaire ne peut prendre seule une décision quant à la condition postchute d’un résident ou d’un patient, ni quant à sa prise en charge.
     
    Lorsque l’infirmière auxiliaire intervient à la suite de la chute d’un résident ou d’un patient, elle doit observer son état et procéder à une collecte de données. Selon les résultats de ces données :

    • Si la personne est autonome et peut décider de se relever seule et sans aucune forme d’assistance, l’infirmière auxiliaire doit s’assurer qu’elle peut le faire en toute sécurité. Le patient pourrait s’aider d’un meuble pour se relever, mais ne peut recevoir l’assistance de l’infirmière auxiliaire pour le faire.
    • Si la personne n’est pas en mesure de se relever seule, l’infirmière auxiliaire doit joindre sur place ou par téléphone, un médecin ou une infirmière pour communiquer ses observations et données afin qu’une décision soit prise et qu’elle puisse recevoir des instructions, le cas échéant.
    • S’il est impossible de joindre un médecin ou une infirmière, l’infirmière auxiliaire doit communiquer avec Info Santé (811) pour recevoir des instructions, le cas échéant. Si la situation est urgente, elle doit communiquer sans délai avec le 911 pour assurer une prise en charge de la personne par les ambulanciers.

    Dans tous les cas, l’infirmière auxiliaire doit consigner au dossier ses observations et données pertinentes et rédiger un rapport d’incident/accident. Elle doit aussi assurer un suivi, le cas échéant, auprès du résident ou du patient, du répondant de celui-ci et des intervenants concernés. 

    Tout établissement de santé devrait prévoir des politiques et procédures devant être suivies par l’infirmière auxiliaire en situation de chute d’un résident ou d’un patient.

  • 4. Quelles sont les obligations d’une infirmière auxiliaire à l’égard de la rédaction des notes d’observation?

    La rédaction des notes d’observation au dossier médical du patient soulève plusieurs questions d’ordre légal et professionnel. L’infirmière auxiliaire doit donc y porter une attention toute particulière dans le cadre de sa pratique. Les notes d’observation qu’elle inscrit au dossier constituent le reflet de sa compétence professionnelle et de la qualité des soins qu’elle dispense aux patients. Par ailleurs, l’infirmière auxiliaire doit toujours inscrire son titre professionnel à la suite de sa signature et, à cet égard, l’OIIAQ recommande à ses membres l’utilisation de l’abréviation « inf. aux. » et pour les membres anglophones, les initiales « L.P.N ».

    En vertu du Règlement sur l’organisation et l’administration des établissements, l’infirmière auxiliaire a l’obligation de rédiger elle-même les notes d’observation dans le dossier du patient dont elle a la responsabilité. Cette obligation s’impose dans toutes les circonstances, incluant les cas où les dossiers des patients sont informatisés. Enfin, l’infirmière auxiliaire est liée par une obligation de confidentialité à l’égard de toutes les informations consignées au dossier du patient et ce, notamment en vertu des articles 48 à 50 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires.

  • 5. L’infirmière auxiliaire peut-elle recevoir une ordonnance téléphonique ?

    L’infirmière auxiliaire qui exécute une ordonnance le fait généralement à partir d’une ordonnance écrite par un médecin ou un professionnel habilité à prescrire, comme une infirmière praticienne spécialisée ou un pharmacien. Cependant, il arrive qu’une ordonnance soit transmise verbalement ou par téléphone par l’un de ces professionnels.

    Selon l’article 37.1 (5°), par. f). du  Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut :

    « Administrer par des voies autres que la voie intraveineuse des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. »

    Par conséquent, l'infirmière auxiliaire peut recevoir des professionnels autorisés à prescrire une ordonnance verbale ou téléphonique concernant l’administration de tous les médicaments ou traitements compris dans ses activités réservées. Elle peut également administrer ledit médicament ou prodiguer ledit traitement sans attendre que le médecin confirme ultérieurement par écrit ladite ordonnance au dossier du patient.

    Elle doit s’assurer de respecter les règles de rédaction d’une ordonnance et par le fait même la retranscrire au dossier du patient ainsi qu’à la feuille d’administration des médicaments (FADM) si besoin. 

    Nous vous invitons à consulter les documents suivants concernant la rédaction d’une ordonnance : Le Règlement sur les normes relatives aux ordonnances faites par un médecin et Les ordonnances individuelles faites par un médecin.


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