Soins reliés au système cardiovasculaire et respiratoire

  • 01. Le rôle de l’infirmière auxiliaire lors des traitements d’oxygénothérapie

    Selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut :

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. » 

    Elle collabore avec l’équipe de soins et applique les techniques d’oxygénothérapie selon un PTI, une ordonnance verbale, écrite ou un protocole. Il n’y a pas de restriction quant à la concentration d’oxygène et au débit litre/minute que l’infirmière auxiliaire peut administrer.
    L’infirmière auxiliaire doit posséder les habiletés reliées à l’utilisation du matériel, aux techniques de soins à réaliser et reconnaître les signes et symptômes associés à la fonction respiratoire. Elle doit aviser un professionnel habilité dès l’apparition d’une détérioration respiratoire.  

    Toutefois, en situation d’urgence, l’infirmière auxiliaire pourrait exercer une activité qui ne lui est pas réservée. Par exemple, bien que l’administration d’oxygène requière, dans des circonstances régulières, une ordonnance ou un PTI, l’infirmière auxiliaire devrait en débuter l’administration dans une situation d’urgence, à défaut de joindre un médecin ou une infirmière rapidement.

    Nous vous invitons à consulter Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire, Intervention de l’infirmière auxiliaire dans les situations d’urgence.

  • 02. L’infirmière auxiliaire peut-elle effectuer les prélèvements ?

    Oui, tel qu’énoncé à l’article 37.1 (5°), par. b) du Code des professions , l’infirmière auxiliaire peut : 
    « Effectuer des prélèvements selon une ordonnance.»

    L’activité réservée n’est pas restrictive. Par exemple, l’infirmière auxiliaire peut prélever des sécrétions pour effectuer un test de chlamydia en introduisant une tige montée dans l’urètre. Elle peut effectuer un frottis vaginal pour le test PAP. Dans un tout autre ordre d’idées, elle peut prélever des sécrétions bronchiques par aspiration avec la trachéostomie.

    De plus, certains prélèvements exigent l’introduction d’un instrument.  Par exemple, lors de prélèvements de sécrétions gastriques, l’installation d’un tube nasogastrique est nécessaire. Nous pouvons donc relier l’activité à deux articles, soit celui mentionné ci-haut et l’article suivant :

     37.1 5 h) Introduire un instrument ou un doigt, selon une ordonnance, au-delà du vestibule nasal, au-delà des grandes lèvres, du méat urinaire ou de la marge de l’anus ou dans une ouverture artificielle du corps humain.
     
    L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences pour exercer les activités qui lui sont réservées.

    POUR EN SAVOIR DAVANTAGE SUR LE CHAMP D'EXERCICE DE L'INFIRMIÈRE AUXILIAIRE

    Afin d’en savoir davantage sur le champ d’exercice, nous vous invitons à consulter Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire et le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.

  • 03. L’infirmière auxiliaire peut-elle exercer lorsque sa formation de réanimation cardio-respiratoire (RCR) n’a pas été mise à jour ?

    Oui, l’infirmière auxiliaire peut exercer, mais il est à noter que de détenir la formation RCR à jour pourrait être une condition d’embauche ou une exigence de l’employeur en cours d’emploi. De plus, l’Ordre recommande fortement de maintenir à jour cette formation pour les raisons suivantes :

    Le droit d’exercer la profession d’infirmière auxiliaire n’est pas strictement lié à la mise à jour de ses connaissances. Elle doit aussi se conformer à certaines obligations déontologiques et légales.
     
    Il est énoncé à l’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires que :
     
    « Le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés. »

    En raison de la rapidité et de l’ampleur des changements cliniques ainsi que dans un but de protection du public, l’OIIAQ a adopté le Règlement sur la formation continue obligatoire des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec qui exige de consacrer dix heures à des activités de formation continue par période de référence de deux ans.
     
    L’article 6 du règlement mentionné ci-haut reconnaît au membre le droit de choisir les activités de formation qui répondent le mieux à ses besoins et qui ont un lien avec sa pratique professionnelle. À juste titre, la formation RCR est une formation reconnue par cet article.
     
    Par ailleurs, la Fondation des maladies du cœur (FMCQ) recommande la mise à jour aux deux ans de la formation RCR pour les professionnels de la santé.
     
    Finalement, il est à noter qu’une infirmière auxiliaire qui ne détient pas une formation RCR à jour n’est pas dispensée de son obligation d’intervenir en cas d’urgence et de porter secours à une personne dont la vie est en péril. L'annexe 4 des Activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire explique le rôle et les responsabilités de l’infirmière auxiliaire dans de telles situations. 

  • 04. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut effectuer un prélèvement de sécrétions bronchiques par aspiration ?

    Oui, comme énoncé à l’article 37.1 (5°), par. b) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « effectuer des prélèvements selon une ordonnance ».

    De plus, ce prélèvement exige l’introduction d’un cathéter dans la fosse nasale ou trachéale. Nous pouvons donc relier l’activité à deux articles, celui mentionné ci-haut ainsi que l’article 37.1 (5°), par. h) du Code des professions, soit « Introduire un instrument ou un doigt, selon une ordonnance, au-delà du vestibule nasal, au-delà des grandes lèvres, du méat urinaire ou de la marge de l’anus ou dans une ouverture artificielle du corps humain ».

    Le prélèvement des sécrétions effectué à l’aide d’un système collecteur de type « Spécimen trap », par exemple, requiert une asepsie rigoureuse en tout temps du matériel stérile ainsi que de l’équipement de protection individuelle (EPI). Pour plus d’informations, vous pouvez consulter les Méthodes de soins informatisées (MSI).

    Le confort et le positionnement de la personne lors du prélèvement sont des éléments à considérer. De plus, l’infirmière auxiliaire peut fournir des explications sur la procédure et prévenir la personne quant à de possibles désagréments tels que de l’inconfort, de la douleur, une sensation d’étouffement ainsi que sur les particularités et surveillances à effectuer à la suite du prélèvement. Elle peut encourager la personne à participer au prélèvement, si son état le permet.

    L’infirmière auxiliaire relie l’état de la personne aux soins qu’elle effectue, par exemple, pour régler l’appareil à succion et le choix de calibre du cathéter selon le type de clientèle. Comme inscrit dans le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire, elle « utilise adéquatement les appareils de mesure » et « reconnaît les besoins de la personne reliés à sa pathologie ».

    L’infirmière auxiliaire doit posséder les connaissances et les compétences requises pour exercer cette activité. Ainsi, elle respecte ses obligations déontologiques telles que l’exige l’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires: « le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés ».

  • 05. L’infirmière auxiliaire peut-elle faire une instillation trachéobronchique avec une solution NaCl 0,9% ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance ».

    Comme stipulé dans Le profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire, en tout temps l’infirmière auxiliaire :

    • « vérifie l’ordonnance ou le plan thérapeutique infirmier (PTI) avant de dispenser un soin »;
    • « applique un soin qui relève de leur compétence »;
    • « respecte la méthode de soins comme elle est décrite dans les Méthodes de soins informatisées»;
    • « observe l’efficacité d’un soin »;
    • « décrit de manière organisée la condition de la personne avant, pendant et après un soin dans une note d’évolution ».

     
    Les indications de l’instillation trachéobronchique, sont notamment de :

    • maintenir la liberté des voies aériennes supérieures;
    • drainer les sécrétions bronchiques;
    • prévenir l’infection et l’encombrement broncho-pulmonaire.

     
    Les surveillances/observations à effectuer lors d’une instillation trachéobronchique, sont :

    • l’état général de la personne;
    • la coloration des téguments;
    • la fréquence respiratoire;
    • la saturation, au besoin.
  • 06. L’infirmière auxiliaire peut-elle installer une canule naso-pharyngée ?

    Oui, conformément à l’article 37.1 (5°), par. h) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « Introduire un instrument ou un doigt, selon une ordonnance, au-delà du vestibule nasal, des grandes lèvres, du méat urinaire, de la marge de l’anus ou dans une ouverture artificielle du corps humain ».

    L’infirmière auxiliaire doit obtenir une ordonnance ou une directive sur le plan thérapeutique infirmier (PTI) pour effectuer l’insertion d’une canule par la cavité nasale jusqu’au pharynx. Parfois installée en situation d’urgence, elle doit connaître et maîtriser la technique de soin, comme il est mentionné à l’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires : « le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés ».

    Le choix de format de la canule ainsi que la préparation de la personne, les surveillances et soins sont des incontournables. Vous trouverez dans les Méthodes de soins informatisées (MSI), plusieurs recommandations, ainsi que les soins et surveillances de l’état de la personne et la méthode d’insertion et retrait d’un tube naso-gastrique.

    Certaines contre-indications indiquent que l’installation pourrait porter à préjudice. Dans son rôle de contribution à l’évaluation de l’état de santé de la personne, l’infirmière auxiliaire peut collaborer à la prise d’une décision lorsqu’il y a modification de l’état de santé de la personne. Comme mentionné dans le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire, « Elle utilise son jugement clinique pour recueillir des données, observer les manifestations cliniques, objectives et subjectives, et relier ses observations à l’état de la personne et aux pathologies. Elle analyse ainsi l’information afin de contribuer, avec les autres membres de l’équipe interdisciplinaire, à évaluer l’état de santé de la personne et à réaliser le plan de soins ».


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