Soins reliés au système cardiovasculaire et respiratoire

  • 01. Le rôle de l’infirmière auxiliaire lors des traitements d’oxygénothérapie

    Selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut :

    « Administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance. » 

    Elle collabore avec l’équipe de soins et applique les techniques d’oxygénothérapie selon un PTI, une ordonnance verbale, écrite ou un protocole. Il n’y a pas de restriction quant à la concentration d’oxygène et au débit litre/minute que l’infirmière auxiliaire peut administrer.
    L’infirmière auxiliaire doit posséder les habiletés reliées à l’utilisation du matériel, aux techniques de soins à réaliser et reconnaître les signes et symptômes associés à la fonction respiratoire. Elle doit aviser un professionnel habilité dès l’apparition d’une détérioration respiratoire.  

    Toutefois, en situation d’urgence, l’infirmière auxiliaire pourrait exercer une activité qui ne lui est pas réservée. Par exemple, bien que l’administration d’oxygène requière, dans des circonstances régulières, une ordonnance ou un PTI, l’infirmière auxiliaire devrait en débuter l’administration dans une situation d’urgence, à défaut de joindre un médecin ou une infirmière rapidement.

    Nous vous invitons à consulter Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire, Intervention de l’infirmière auxiliaire dans les situations d’urgence.

  • 02. L’infirmière auxiliaire peut-elle effectuer les prélèvements ?

    Oui, tel qu’énoncé à l’article 37.1 (5°), par. b) du Code des professions , l’infirmière auxiliaire peut : 
    « Effectuer des prélèvements selon une ordonnance.»

    L’activité réservée n’est pas restrictive. Par exemple, l’infirmière auxiliaire peut prélever des sécrétions pour effectuer un test de chlamydia en introduisant une tige montée dans l’urètre. Elle peut effectuer un frottis vaginal pour le test PAP. Dans un tout autre ordre d’idées, elle peut prélever des sécrétions bronchiques par aspiration avec la trachéostomie.

    De plus, certains prélèvements exigent l’introduction d’un instrument.  Par exemple, lors de prélèvements de sécrétions gastriques, l’installation d’un tube nasogastrique est nécessaire. Nous pouvons donc relier l’activité à deux articles, soit celui mentionné ci-haut et l’article suivant :

     37.1 5 h) Introduire un instrument ou un doigt, selon une ordonnance, au-delà du vestibule nasal, au-delà des grandes lèvres, du méat urinaire ou de la marge de l’anus ou dans une ouverture artificielle du corps humain.
     
    L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences pour exercer les activités qui lui sont réservées.

    POUR EN SAVOIR DAVANTAGE SUR LE CHAMP D'EXERCICE DE L'INFIRMIÈRE AUXILIAIRE

    Afin d’en savoir davantage sur le champ d’exercice, nous vous invitons à consulter Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire et le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.

  • 03. L’infirmière auxiliaire peut-elle exercer lorsque sa formation de réanimation cardio-respiratoire (RCR) n’a pas été mise à jour ?

    Oui, l’infirmière auxiliaire peut exercer, mais il est à noter que de détenir la formation RCR à jour pourrait être une condition d’embauche ou une exigence de l’employeur en cours d’emploi. De plus, l’Ordre recommande fortement de maintenir à jour cette formation pour les raisons suivantes :

    Le droit d’exercer la profession d’infirmière auxiliaire n’est pas strictement lié à la mise à jour de ses connaissances. Elle doit aussi se conformer à certaines obligations déontologiques et légales.
     
    Il est énoncé à l’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires que :
     
    « Le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés. »

    En raison de la rapidité et de l’ampleur des changements cliniques ainsi que dans un but de protection du public, l’OIIAQ a adopté le Règlement sur la formation continue obligatoire des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec qui exige de consacrer dix heures à des activités de formation continue par période de référence de deux ans.
     
    L’article 6 du règlement mentionné ci-haut reconnaît au membre le droit de choisir les activités de formation qui répondent le mieux à ses besoins et qui ont un lien avec sa pratique professionnelle. À juste titre, la formation RCR est une formation reconnue par cet article.
     
    Par ailleurs, la Fondation des maladies du cœur (FMCQ) recommande la mise à jour aux deux ans de la formation RCR pour les professionnels de la santé.
     
    Finalement, il est à noter qu’une infirmière auxiliaire qui ne détient pas une formation RCR à jour n’est pas dispensée de son obligation d’intervenir en cas d’urgence et de porter secours à une personne dont la vie est en péril. L'annexe 4 des Activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire explique le rôle et les responsabilités de l’infirmière auxiliaire dans de telles situations. 

  • 04. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut effectuer un prélèvement de sécrétions bronchiques par aspiration ?

    Oui, comme énoncé à l’article 37.1 (5°), par. b) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « effectuer des prélèvements selon une ordonnance ».

    De plus, ce prélèvement exige l’introduction d’un cathéter dans la fosse nasale ou trachéale. Nous pouvons donc relier l’activité à deux articles, celui mentionné ci-haut ainsi que l’article 37.1 (5°), par. h) du Code des professions, soit « Introduire un instrument ou un doigt, selon une ordonnance, au-delà du vestibule nasal, au-delà des grandes lèvres, du méat urinaire ou de la marge de l’anus ou dans une ouverture artificielle du corps humain ».

    Le prélèvement des sécrétions effectué à l’aide d’un système collecteur de type « Spécimen trap », par exemple, requiert une asepsie rigoureuse en tout temps du matériel stérile ainsi que de l’équipement de protection individuelle (EPI). Pour plus d’informations, vous pouvez consulter les Méthodes de soins informatisées (MSI).

    Le confort et le positionnement de la personne lors du prélèvement sont des éléments à considérer. De plus, l’infirmière auxiliaire peut fournir des explications sur la procédure et prévenir la personne quant à de possibles désagréments tels que de l’inconfort, de la douleur, une sensation d’étouffement ainsi que sur les particularités et surveillances à effectuer à la suite du prélèvement. Elle peut encourager la personne à participer au prélèvement, si son état le permet.

    L’infirmière auxiliaire relie l’état de la personne aux soins qu’elle effectue, par exemple, pour régler l’appareil à succion et le choix de calibre du cathéter selon le type de clientèle. Comme inscrit dans le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire, elle « utilise adéquatement les appareils de mesure » et « reconnaît les besoins de la personne reliés à sa pathologie ».

    L’infirmière auxiliaire doit posséder les connaissances et les compétences requises pour exercer cette activité. Ainsi, elle respecte ses obligations déontologiques telles que l’exige l’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires: « le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés ».

  • 05. L’infirmière auxiliaire peut-elle faire une instillation trachéobronchique avec une solution NaCl 0,9% ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance ».

    Comme stipulé dans Le profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire, en tout temps l’infirmière auxiliaire :

    • « vérifie l’ordonnance ou le plan thérapeutique infirmier (PTI) avant de dispenser un soin »;
    • « applique un soin qui relève de leur compétence »;
    • « respecte la méthode de soins comme elle est décrite dans les Méthodes de soins informatisées»;
    • « observe l’efficacité d’un soin »;
    • « décrit de manière organisée la condition de la personne avant, pendant et après un soin dans une note d’évolution ».

     
    Les indications de l’instillation trachéobronchique, sont notamment de :

    • maintenir la liberté des voies aériennes supérieures;
    • drainer les sécrétions bronchiques;
    • prévenir l’infection et l’encombrement broncho-pulmonaire.

     
    Les surveillances/observations à effectuer lors d’une instillation trachéobronchique, sont :

    • l’état général de la personne;
    • la coloration des téguments;
    • la fréquence respiratoire;
    • la saturation, au besoin.
  • 06. L’infirmière auxiliaire peut-elle installer une canule naso-pharyngée ?

    Oui, conformément à l’article 37.1 (5°), par. h) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « Introduire un instrument ou un doigt, selon une ordonnance, au-delà du vestibule nasal, des grandes lèvres, du méat urinaire, de la marge de l’anus ou dans une ouverture artificielle du corps humain ».

    L’infirmière auxiliaire doit obtenir une ordonnance ou une directive sur le plan thérapeutique infirmier (PTI) pour effectuer l’insertion d’une canule par la cavité nasale jusqu’au pharynx. Parfois installée en situation d’urgence, elle doit connaître et maîtriser la technique de soin, comme il est mentionné à l’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires : « le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés ».

    Le choix de format de la canule ainsi que la préparation de la personne, les surveillances et soins sont des incontournables. Vous trouverez dans les Méthodes de soins informatisées (MSI), plusieurs recommandations, ainsi que les soins et surveillances de l’état de la personne et la méthode d’insertion et retrait d’un tube naso-gastrique.

    Certaines contre-indications indiquent que l’installation pourrait porter à préjudice. Dans son rôle de contribution à l’évaluation de l’état de santé de la personne, l’infirmière auxiliaire peut collaborer à la prise d’une décision lorsqu’il y a modification de l’état de santé de la personne. Comme mentionné dans le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire, « Elle utilise son jugement clinique pour recueillir des données, observer les manifestations cliniques, objectives et subjectives, et relier ses observations à l’état de la personne et aux pathologies. Elle analyse ainsi l’information afin de contribuer, avec les autres membres de l’équipe interdisciplinaire, à évaluer l’état de santé de la personne et à réaliser le plan de soins ».

  • 07. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut initier un protocole de détresse respiratoire inscrit au formulaire d’administration des médicaments (FADM) ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. f) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances, lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance ».

    Le protocole prescrit au dossier, au FADM ou au PTI a préalablement été évalué par un professionnel autorisé. Le PRN est une médication prescrite au besoin en lien avec des manifestations cliniques précises, mais occasionnelles.
     
    Les médicaments administrés lors du protocole de détresse respiratoire :

    • Benzodiazépines (versed injectable);
    • Opioïdes (morphin injectable) ;
    • Anticholinergies (scopolamine injectable).

    L’ordonnance individuelle en PRN est administrée de façon autonome par l’infirmière auxiliaire lorsque les manifestations cliniques pour lesquelles le PRN a été prescrit sont présentes. Comme toute ordonnance individuelle, la personne a fait l’objet d’une évaluation préalable par le médecin. Par la suite, elle est en mesure de s’assurer que les manifestations cliniques énumérées au PRN sont présentes. Elle peut ensuite administrer le médicament prescrit. 

    L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences pour exercer cette activité. Elle respecte ainsi les article 13 et 15 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires :

     « 13. Le membre doit prodiguer les soins et les traitements à un patient avec diligence. Il doit notamment:
    1° intervenir promptement auprès du patient lorsque son état de santé l’exige;
    2° assurer la surveillance requise par l’état de santé du patient;
    3° prendre les moyens raisonnables pour assurer la continuité des soins et des traitements.
    […]

     15. Si l’état d’un patient l’exige, le membre doit consulter un autre membre, un membre d’un autre ordre professionnel ou toute autre personne compétente, ou diriger ce patient vers l’une de ces personnes. »

    De plus, le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire mentionne que l’infirmière auxiliaire doit « relier les manifestations cliniques aux pathologies et à la situation de la personne- Recherche les causes d’une manifestation inhabituelle chez la personne ». 

  • 08. Est-ce l'infirmière auxiliaire peut effectuer le test de dépistage du streptocoque (Streptest) sans ordonnance ?

    Non, tel qu’énoncé à l’article 37.1 (5°), par. b) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « effectuer des prélèvements selon une ordonnance ».

    Un prélèvement doit donc être effectué en tout temps selon une ordonnance.

    Ce prélèvement exige l’introduction d’un instrument. Il est donc relié à une deuxième activité réservée, soit celle prévue à l’article 37.1 (5°), par. h)  du Code des professions : « Introduire un instrument ou un doigt, selon une ordonnance, au-delà du vestibule nasal, au-delà des grandes lèvres, du méat urinaire ou de la marge de l’anus ou dans une ouverture artificielle du corps humain ».

    Le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire mentionne que l’infirmière auxiliaire doit faire équipe avec la personne et ses proches pour prendre les décisions qui la concernent en s’assurant d’obtenir un consentement libre et éclairé. Elle doit bien expliquer la procédure, la douleur qui pourrait être ressentie et la façon de la soulager. À la suite du prélèvement, elle assure la surveillance et le suivi nécessaire auprès de la personne et de ses proches.
    Symptômes d’une pharyngite-amygdalite, notamment :

    • de la fièvre (plus de 38 °C);
    • des maux de tête;
    • de la difficulté à avaler;
    • des maux de gorge d’apparition soudaine;
    • une enflure des amygdales, avec dépôt de pus.

    Le test rapide (streptest) a pour but de confirmer la présence d’une pharyngite-amygdalite bactérienne. Majoritairement, les virus sont les responsables de cette infection et seuls des médicaments de soutien permettant d’atténuer les symptômes de la personne sont recommandés.

    L’infirmière auxiliaire est en mesure de relier les manifestations cliniques aux différentes pathologies et à la situation de la personne. De plus, elle recherche les causes d’une manifestation de symptôme inhabituel chez la personne, comme mentionné dans le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire.

  • 09. L’infirmière auxiliaire peut-elle préparer un médicament en nébule pour l’administrer via un système d’oxygénothérapie ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. e) du Code des professionsl’infirmière auxiliaire peut « mélanger des substances en vue de compléter la préparation d’un médicament, selon une ordonnance ».


    Un nébuliseur est un appareil qui transforme un médicament en une fine brume et qui l’envoie dans les voies aériennes au moyen d’un embout buccal ou d’un masque. Le nébuliseur peut être utile aux personnes qui ont du mal à utiliser des inhalateurs.

    La nébulisation dure en moyenne 10 à 15 minutes. Le patient doit être assis durant la séance. Comme tous les actes de soins, il faut respecter les règles d’hygiène (lavage des mains, prélèvement du médicament avec asepsie). Le nettoyage du système de nébulisation est une procédure importante après son utilisation.

    Aucune restriction légale quant à la voie d’administration ne s’applique lors de la préparation du médicament ou de la substance devant être préparée.

    L’infirmière auxiliaire peut calculer, mesurer et mélanger des substances en vue de préparer un médicament, comme décrit dans le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.

    L’infirmière auxiliaire collabore avec l’équipe de soins et applique les techniques d’oxygénothérapie selon un PTI, une ordonnance ou un protocole. Il n’y a pas de restriction quant à la concentration d’oxygène et au débit litre/minute que l’infirmière auxiliaire peut administrer.
    L’infirmière auxiliaire doit posséder les habiletés reliées à l’utilisation du matériel, aux techniques de soins à réaliser et reconnaître les signes et symptômes associés à la fonction respiratoire. Elle doit aviser un professionnel habilité à évaluer dès l’apparition d’une détérioration respiratoire.  

    Comme décrit dans le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire :

    « Lorsque l’infirmière auxiliaire relie les manifestations cliniques aux pathologies et à la situation de la personne. Elle reconnaît les besoins de la personne reliés à sa pathologie et recherche les causes d’une manifestation inhabituelle chez la personne ».

    Dans le respect de pratiques sécuritaires et reconnues, l’infirmière auxiliaire peut se référer aux Méthodes de soins informatisées (MSI) afin de maintenir ses compétences à jour.

  • 10. L’infirmière auxiliaire peut-elle administrer le vaccin contre la tuberculose (BCG)?

    Oui, elle peut y contribuer. Selon l’article 37.1 (5°) par. g) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « contribuer à la vaccination dans le cadre d’une activité découlant de l’application de la Loi sur la santé publique ».

    Pour effectuer cette activité, l’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences nécessaires, comme l’exige l’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires : « Le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés ».

    Afin de bien connaître les responsabilités professionnelles et légales de l’infirmière auxiliaire, nous vous invitons à consulter le PIQ.

    Comme mentionné dans le Profil des compétences de l’infirmière auxiliaire, l’infirmière auxiliaire « consulte les sources de référence reconnues » et « a une bonne connaissance des médicaments qu’elle administre ».

    La tuberculose est une infection causée par le bacille Mycobacterium tuberculosis. Au Québec, plus de 200 cas de tuberculose active sont déclarés chaque année. La tuberculose active est traitée avec des antituberculeux.

    À qui peut être administré le BCG?

    • À une communauté affectée de façon importante par la tuberculose contagieuse;
    • Aux travailleurs de la santé et au personnel de laboratoire qui y sont exposés de façon répétée;
    • Aux voyageurs qui prévoient séjourner dans des régions où l’incidence de la tuberculose est élevée.

    La demande d'accès pour le BCG doit être approuvée par le Programme d'accès spécial de Santé Canada. Actuellement, le vaccin est réservé à la clientèle des programmes publics de vaccination. Ce vaccin est administré par voie intradermique.

    Les personnes atteintes d’infection tuberculeuse latente (ITL) sont asymptomatiques et non contagieuses. Chez 10 % d’entre elles, une tuberculose active se déclenchera des mois ou des années plus tard.
    C’est pourquoi un test cutané à la tuberculine (TCT) est administré notamment pour obtenir une valeur de base chez les travailleurs en santé qui sont susceptibles d’être en contact ultérieurement avec le bacille Mycobacterium tuberculosis. Ce test est effectué en deux étapes et la lecture du TCT doit être faite par un professionnel de la santé apte à le faire.

    Le TCT ne devrait pas être utilisé comme moyen de déterminer si la vaccination contre la tuberculose a été efficace, car ni l’existence d’une réaction tuberculinique ni sa taille ne sont prédictives d’un effet protecteur contre la tuberculose.

  • 11. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut effectuer une phlébotomie thérapeutique (saignée rouge) ?

    Non, selon l’article 37.1 (6°), par. b) du Code des professions : « Procéder à des phlébotomies, selon une ordonnance » est une activité réservée aux technologistes médicaux.

    Lorsque l’infirmière auxiliaire dispense des soins, elle doit s’assurer de respecter son champ d’exercice. Pour ce faire, elle doit bien connaître les activités professionnelles de sa profession.
    Le Profil des compétences de l’infirmière de l’infirmier auxiliaire mentionne qu’elle « respecte son champ d’exercice », « applique un soin qui relève de sa compétence »,« demande l’aide nécessaire dans une situation qui dépasse les limites de sa compétence ». 

    Les articles 5 et 15 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires exigent également que : 
    «5. Le membre doit, avant de fournir des services professionnels, tenir compte des limites de sa compétence et des moyens dont il dispose. Il doit en outre s’abstenir de garantir la guérison d’une maladie ou l’efficacité d’un traitement qu’il prodigue.
    […]
    15. Si l’état d’un patient l’exige, le membre doit consulter un autre membre, un membre d’un autre ordre professionnel ou toute autre personne compétente, ou diriger ce patient vers l’une de ces personnes. »

  • 12. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut administrer un bolus de potassium par voie intraveineuse ?

    Non, puisque le potassium est un additif et à l’article 4 du Règlement sur certaines activités professionnelles pouvant être exercées par une infirmière ou un infirmier auxiliaire, il est mentionné que l’infirmière auxiliaire peut installer un cathéter intraveineux périphérique court de moins de 7,5 cm et peut y administrer une solution intraveineuse sans additif.

    Toutefois, dans son rôle de contribution à l’évaluation, l’infirmière auxiliaire peut, par exemple, effectuer la surveillance post administration et aviser le médecin de toute observation anormale tel que stipulé dans le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire : « rapporte à un professionnel une situation problématique afin de s’informer des actions à poser ».

    De plus, l’article 13 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires mentionne que :
    « Le membre doit prodiguer les soins et les traitements à un patient avec diligence. Il doit notamment:
    1° intervenir promptement auprès du patient lorsque son état de santé l’exige;
    2° assurer la surveillance requise par l’état de santé du patient;
    3° prendre les moyens raisonnables pour assurer la continuité des soins et des traitements ».

    Le potassium est l’un des électrolytes de l’organisme qui porte une charge électrique lorsqu’il est dissous dans les liquides corporels tels que le sang. Il est nécessaire au fonctionnement des cellules, des muscles et des nerfs. Dans l’hypokaliémie, son taux dans le sang est trop faible, notamment dû à plusieurs causes, mais fréquemment dû à des vomissements, diarrhées, troubles des surrénales ou à la prise de diurétiques. Elle peut entraîner une faiblesse, des crampes, des contractions ou même une paralysie des muscles et des anomalies du rythme cardiaque. Habituellement, le taux de potassium peut être restauré grâce à l’ingestion d’aliments riches en potassium ou avec la prise de compléments alimentaires par voie orale.

    Le potassium est administré par voie intraveineuse comme traitement de l’hypokaliémie dans les situations suivantes, notamment lorsque :

    • Le taux de potassium est dangereusement faible;
    • Le faible taux entraîne des troubles du rythme cardiaque;
    • Les suppléments par voie orale sont inefficaces.
  • 13. Est-ce que l’infirmière auxiliaire peut retirer un cathéter de type PICC line/Midline ?

    Non, l’article 4 du Règlement sur certaines activités professionnelles pouvant être exercées par une infirmière ou un infirmier auxiliaire, mentionne que l’infirmière auxiliaire peut installer un cathéter intraveineux périphérique court de moins de 7,5 cm. Conséquemment, elle peut retirer un cathéter répondant à cette mesure.  Le retrait d’un cathéter de type PICC line/Midline n’est donc pas autorisé puisqu’il mesure plus de 7,5 cm.

    L’infirmière auxiliaire, comme stipulé dans le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire, peut « appliquer des mesures de prévention des infections, elle doit s’assurer du respect de l’application de ces mesures par les autres intervenants, et doit l’aviser si elle ne respecte pas une mesure. » De plus, elle contribue à la réalisation du plan de soin.

    Ce genre d’accès veineux central est généralement inséré dans la veine d’un membre supérieur. Il est utilisé pour recevoir des médicaments intraveineux, comme la chimiothérapie, produits sanguins, hydratation et autres médications. Il sert aussi aux divers prélèvements sanguins.
    L’infirmière auxiliaire peut s’occuper, entre autres, du changement de pansement et de la surveillance du site d’insertion. La présence d’une rougeur, douleur, chaleur ou œdème, hyperthermie, déplacement du cathéter, et écoulement sont des observations que l’infirmière auxiliaire peut et doit transmettre à l’équipe de soins.

    L’article 13 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires indique que :
     « Le membre doit prodiguer les soins et les traitements à un patient avec diligence. Il doit notamment:
    1° intervenir promptement auprès du patient lorsque son état de santé l’exige;
    2° assurer la surveillance requise par l’état de santé du patient;
    3° prendre les moyens raisonnables pour assurer la continuité des soins et des traitements ».

    Certaines précautions lors de l’hygiène personnelle et des activités journalières de la personne doivent être appliquées par le porteur d’un tel dispositif. Bien que l’enseignement se fait avant le départ de la personne par un professionnel habileté, des rappels peuvent être nécessaires.

  • 14. En clinique médicale privée, l’installation d’un soluté peut-elle être effectuée par l’infirmière auxiliaire ?

    Non, la contribution à la thérapie intraveineuse est une activité restrictive quant au milieu d’exercice. Elle doit être exercée dans un centre exploité par un établissement au sens de la Loi sur les services de santé et les services sociaux (Chapitre S-4.2) ou de la Loi sur les services de santé et les services sociaux pour les autochtones cris.

    L’infirmière auxiliaire se doit de respecter le cadre légal et réglementaire qui définit le champ d’exercice de celle-ci. Elle doit s’assurer de le connaître et d’exercer la profession à l’intérieur de ce cadre.

    Cependant, la contribution ne se limite pas seulement à l’installation d’un cathéter et d’un soluté. L’infirmière auxiliaire possède les compétences professionnelles (voir Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire) pour effectuer la surveillance en observant avec vigilance des éléments tels que :

    • Le site d’insertion;
    • La perméabilité du cathéter;
    • L’état de la tubulure;
    • Le débit de perfusion;
    • L’Intégrité du pansement.

     Nous vous invitons à consulter les Méthodes de soins informatisées (MSI).

    D’autres facteurs peuvent aussi influencer le débit d’une perfusion : 

    • La hauteur inadéquate de la solution;
    • Une tubulure coudée, pincée, écrasée;
    • Une mauvaise position du membre;
    • Une obstruction causée par la position du patient.

     Certaines situations pourraient se produire :

    • Des bulles d’air dans la tubulure;
    • La chambre du compte-goutte noyée;
    • Le retrait involontaire du soluté.

    L’infirmière auxiliaire a une obligation déontologique, telle que mentionnée à l’article 13 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires :
    « Le membre doit prodiguer les soins et les traitements à un patient avec diligence. Il doit notamment:
    1° intervenir promptement auprès du patient lorsque son état de santé l’exige;
    2° assurer la surveillance requise par l’état de santé du patient;
    3° prendre les moyens raisonnables pour assurer la continuité des soins et des traitements.

  • 15. Est-ce que l'infirmière auxiliaire peut prodiguer des soins tels que l’aspiration des sécrétions trachéales en circuit fermé par une trachéostomie reliée à un ventilateur ?

    Oui, l’aspiration des sécrétions trachéales fait partie des soins d’entretien d’une trachéostomie dans l’activité autorisée Entretien d’une trachéostomie reliée à un ventilateur. Pour pratiquer cette activité, l’infirmière auxiliaire doit détenir une attestation délivrée par l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ) et répondre aux conditions d’exercice de l’article 3 du Règlement sur certaines activités professionnelles pouvant être exercées par une infirmière ou un infirmier auxiliaire.

    Elle peut exercer, auprès de tout type de clientèle, les activités professionnelles suivantes :

    1° Prodiguer les soins d’entretien d’une trachéostomie reliée à un ventilateur lorsque les paramètres de ce ventilateur sont réglés;
    2° Ouvrir un dispositif intégré dans le circuit ventilatoire en vue d’administrer un aérosol doseur;
    3° Ventiler avec un réanimateur manuel autogonflable relié ou non à une source d’oxygène;
    4° Réinstaller, en situation d’urgence, la canule trachéale en cas de décanulation lorsqu’un professionnel habilité n’est pas disponible en vue d’une intervention immédiate.

    Ces activités professionnelles sont exercées dans un des centres suivants :

    • Un centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD);
    • Un centre hospitalier, lorsque le patient est en réadaptation, en hébergement ou en soins de longue durée;
    • En centre de réadaptation pour les personnes ayant une déficience physique.

    Certaines conditions doivent être respectées :

    • Une infirmière doit être disponible dans le bâtiment en vue d’une intervention rapide auprès du patient;
    • Le patient doit faire l’objet d’un plan thérapeutique infirmier (PTI) et son état de santé ne doit pas être dans une phase critique ou aiguë.

    Selon l’ATS[1], l’aspiration de sécrétions devrait se faire au besoin et non sur une base régulière. La fréquence des séances d’aspiration peut varier d’une personne à l’autre selon son âge, son état neurologique et musculaire, son niveau d’activité, sa capacité à tousser efficacement, la quantité et la ténacité de ses sécrétions ainsi que le niveau de cicatrisation de la stomie.

    L’infirmière auxiliaire se doit d’intervenir en situation d’urgence et a l’entière responsabilité professionnelle de l’ensemble des activités qu’elle est légalement habilitée à exercer.

    [1] AMERICAN THORACIC SOCIETY (ATS Journals). « Care of the child with a chronic tracheostomy », American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, vol. 161, no 1, 1er janvier 2000, p. 300.

  • 16. L’infirmière auxiliaire peut-elle vérifier la pression du ballonnet interne d'une canule trachéale et ajuster au besoin le volume ?

    Oui, selon l’article 37 p) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire « contribue à l’évaluation de l’état de santé d’une personne et à la réalisation du plan de soins, prodigue des soins et des traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir la santé, de la rétablir et de prévenir la maladie et fournit des soins palliatifs ».

    Selon un plan thérapeutique infirmier (PTI), ou un plan de soins thérapeutiques, une politique ou procédure d’établissement, elle peut effectuer :

    • l’aspiration de la trachéostomie;
    • le changement du pansement;
    • la surveillance de l’intégrité du ballonnet;
    • la vérification et l’ajustement de la pression au besoin.

    Elle utilise son jugement clinique pour recueillir des données, observer les manifestations cliniques objectives et subjectives et relier ses observations à l’état de la personne et aux pathologies. Elle analyse ainsi l’information afin de contribuer, avec les autres membres de l’équipe interdisciplinaire, à évaluer l’état de santé de la personne et à réaliser le plan de soins.
    À cet effet, le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire mentionne que l’infirmière auxiliaire « est à l’affût des indices d’une situation anormale :

    • Connaît les activités de suivi nécessaire à l’état de la personne 
    • Anticipe les problèmes potentiels
    • Fait des visites fréquentes ».

    À certaines étapes de la procédure, une évaluation peut s’avérer nécessaire. L’infirmière auxiliaire se doit alors de communiquer avec un professionnel habileté à évaluer afin de recevoir des directives.

    De plus, elle doit s’assurer d’avoir les connaissances et les compétences nécessaires pour exercer les activités professionnelles qui lui sont réservées ou autorisées, tel que le stipule l’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires : « Le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés. »

     Afin d’en apprendre davantage sur le champ d’exercice de l’infirmière auxiliaire, nous vous invitons à consulter le document Les activités professionnelles de l’infirmière auxiliaire.

  • 17. L’infirmière auxiliaire peut-elle mesurer le débit expiratoire avec un débitmètre de pointe (Peak flow)?

    Oui, selon l’article 37 p) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire « contribue à l’évaluation de l’état de santé d’une personne et à la réalisation du plan de soins, prodiguer des soins et des traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir la santé, de la rétablir et de prévenir la maladie et fournit des soins palliatifs ». Elle utilise son jugement clinique pour recueillir des données, observer les manifestations cliniques, objectives et subjectives, et relier ses observations à l’état de la personne et aux pathologies. Elle analyse ainsi l’information afin de contribuer, avec les autres membres de l’équipe interdisciplinaire, à évaluer l’état de santé de la personne et à réaliser le plan de soins.

    L’infirmière auxiliaire peut utiliser un débitmètre de pointe (Peak flow) puisqu’aucune évaluation n’est requise lors de la prise de cette mesure, qui est considérée comme une collecte de données dans le cadre de la contribution à l’évaluation de l’infirmière auxiliaire. Par la suite, elle transmet les résultats à un professionnel habilité à évaluer, comme mentionné dans le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire : « Transmettre et recevoir les informations relatives à la personne lors : des rapports de relève ou interservices, de rencontres formelles, d'échanges informels. »
    Pour rappel, un débitmètre de pointe sert à mesurer la vitesse maximale du souffle et le volume expiratoire maximal lors d’une expiration forcée.

    La spirométrie, aussi appelée « test de la fonction respiratoire » ou « test de la fonction pulmonaire », est un test diagnostique qui nécessite une évaluation constante; c’est la raison pour laquelle elle doit être réalisée par un professionnel habilité tel qu’un inhalothérapeute. L’infirmière auxiliaire peut y collaborer.
    Afin d’en savoir davantage sur le champ d'exercice, nous vous invitons à consulter le document Les activités professionnelles de l’infirmière auxiliaire.


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