Soins reliés au système nerveux sensoriel

  • 01. Est-ce que l'infirmière auxiliaire peut procéder à l'irrigation de l'oreille externe ?

    Oui, l’activité qui consiste à nettoyer ou irriguer l'oreille externe par l'injection d'une solution dans le conduit auditif peut être exercée par une infirmière auxiliaire selon une ordonnance ou une directive verbale d’une infirmière ou d’un médecin.  En exerçant ce soin, elle respecte l’article 37p) du Code des professions :

    « Contribuer à l’évaluation de l’état de santé d’une personne et à la réalisation du plan de soins, prodiguer des soins et des traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir la santé, de la rétablir et de prévenir la maladie et fournir des soins palliatifs. »

    Il est important de préciser qu’une évaluation doit être faite par un médecin ou une infirmière avant et après le traitement. Pendant le traitement, l’infirmière auxiliaire contribue à l’évaluation en observant la solution de retour, en vérifiant le conduit auditif à l’aide de l’otoscope et l’acuité auditive à l’aide de la voix. Elle doit s’assurer de bien connaître la méthode de soins et être en mesure d’identifier les diverses alertes cliniques afin de cesser l'irrigation si le patient se plaint notamment de douleurs, de nausées ou de vertiges. Elle doit aviser le médecin ou l’infirmière de toute anomalie. 

    POUR EN SAVOIR DAVANTAGE SUR LE CHAMP D'EXERCICE DE L'INFIRMIÈRE AUXILIAIRE

    Afin d’en savoir davantage sur le champ d’exercice, nous vous invitons à consulter Les activités professionnelles de l'infirmière auxiliaire et le Profil des compétences de l'infirmière et de l'infirmier auxiliaire.

  • 02. L’infirmière auxiliaire peut-elle effectuer le test du monofilament ?

    Oui, selon l’article 37 p) du Code des professions l’infirmière auxiliaire peut « contribuer à l’évaluation de l’état de santé d’une personne et à la réalisation du plan de soins, prodiguer des soins et des traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir la santé, de la rétablir et de prévenir la maladie et fournir des soins palliatifs. » 

    L’infirmière auxiliaire, par son champ d’exercices et dans son rôle de contribution à l’évaluation de l’état de santé de la personne, peut mesurer et observer des signes et symptômes et collaborer avec différents intervenants, comme mentionné dans le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire : « Observe avec vigilance et mesure avec précision »; « Utilise adéquatement les appareils de mesure et utilise adéquatement les échelles de mesure ».

    L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences pour effectuer le test du monofilament comme exigé à l’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires : « Le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés. »

    Les symptômes les plus courants de la neuropathie périphérique sont la perte de sensations dans les orteils et les pieds, des douleurs aiguës, des brûlures, des picotements, une sensation d'être piqué avec des épingles, des battements et des engourdissements.

    La neuropathie diabétique périphérique augmente le risque d'ulcères du pied et d'amputations. Son dépistage peut être réalisé rapidement et de manière fiable en utilisant le monofilament de Semmes-Weinstein 10 g. D'autres tests de dépistage peuvent inclure des piqûres d'épingle ou de la température (commençant distalement bilatéralement et se déplaçant proximalement jusqu'à ce qu'un seuil sensoriel soit identifié) et les réflexes de la cheville.
    Le monofilament doit être appliqué sur les différents sites plantaires de chaque pied, l’infirmière auxiliaire doit inscrire la réponse exprimée par la personne et par la suite le médecin pourra compléter son évaluation.

  • 03. Une ordonnance est-elle nécessaire à l’infirmière auxiliaire pour prendre les signes neurologiques à la suite d’une chute ?

    Non, cette activité peut être exercée de façon autonome, c’est-à-dire que l’infirmière auxiliaire peut décider à la suite d’une situation telle qu’une chute ou un changement dans l’état de la personne, de prendre ses signes neurologiques. Elle peut aussi être exercée selon une ordonnance, un plan thérapeutique infirmier (PTI) ou un protocole.

    Selon l’article 37.1 (5°), par. d) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « observer l’état de conscience d’une personne et surveiller les signes neurologiques ».

    L’infirmière auxiliaire doit connaître et comprendre les éléments à observer afin d’assurer une surveillance adéquate des signes neurologiques. De plus, elle analyse l’information afin de contribuer, avec les autres membres de l’équipe interdisciplinaire, à évaluer l’état de santé de la personne et à réaliser le plan de soin, comme le décrit le Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire.

    L’infirmière auxiliaire se doit d’intervenir en situation d’urgence et détient l’entière responsabilité professionnelle pour l’ensemble des activités qu’elle est légalement habilitée à exercer.

    Les troubles neurologiques comprennent, entre autres :

    • l’épilepsie;
    • la maladie d’Alzheimer et autres démences;
    • les maladies cérébrales vasculaires, y compris l’accident vasculaire cérébral;
    • la migraine et autres céphalées;
    • la sclérose en plaques;
    • la maladie de Parkinson;
    • les traumatismes crâniens.
  • 04. L’infirmière auxiliaire peut-elle mesurer le score sur l’échelle de Glasgow ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. d) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « observer l’état de conscience d’une personne et surveiller les signes neurologiques ».

    Certains passages du Profil des compétences de l’infirmière et de l’infirmier auxiliaire mentionnent que l’infirmière auxiliaire peut « procéder à une collecte de données » et « assurer la surveillance clinique et le suivi des données recueillies » d’une personne avec atteinte neurologique en utilisant l’échelle de mesure, et ce, dans tous les contextes de soins. Le Profil stipule également qu’elle « adapte les questions afin d’obtenir l’information recherchée et remplis le questionnaire avec attention ».

    Afin de vérifier l’état mental de la personne, celle-ci doit être :

    • éveillée;
    • alerte;
    • capable de comprendre les questions.

    En l’absence de ces conditions, le score de l’échelle de Glasgow doit être mesurée. Elle indique l’état de conscience d’un patient, et permet de suivre son évolution. Elle détermine également la profondeur du coma en attribuant un pointage selon la réponse la plus appropriée dans les trois catégories suivantes :

    • Ouverture des yeux;
    • Réponse verbale;
    • Réponse motrice.

    Le total du pointage le plus bas est de 3 (coma) et le plus élevé est de 15 (alerte).

    Au moment de poser les questions appropriées, afin d’optimiser la collecte de données, il est possible de demander à la personne d’ouvrir les yeux (si œdème des paupières, le noter). L’examen des pupilles et de la force musculaire doivent avoir une symétrie bilatérale. Aussi, afin d’optimiser les réponses verbales, il est possible de varier les questions afin d’éviter la mémorisation des réponses par la personne.

     L’infirmière auxiliaire doit avoir les connaissances et les compétences requises pour exercer cette activité. Elle respecte ainsi ses obligations déontologiques en lien avec la compétence et la qualité des soins, comme l’exige l’article 13 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires :

    « Le membre doit prodiguer les soins et les traitements à un patient avec diligence. Il doit notamment:

    1° intervenir promptement auprès du patient lorsque son état de santé l’exige;
    2° assurer la surveillance requise par l’état de santé du patient;
    3° prendre les moyens raisonnables pour assurer la continuité des soins et des traitements. »

  • 05. L’infirmière auxiliaire peut-elle effectuer l’examen du réflexe ostéotendineux à l’aide d’un marteau à réflexes ?

    Oui,  selon l’article 37.1 (5°), par. d) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « observer l’état de conscience d’une personne et surveiller les signes neurologiques ».

    L’infirmière auxiliaire peut contribuer à l’examen de la fonction motrice et du réflexe ostéotendineux. Toutefois, avant d’effectuer un examen, elle doit s’assurer d’avoir les connaissances et les compétences requises pour le faire, comme stipulé à l’article 3 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires : « Le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés. »
     
    De plus, l’article 5 indique que « le membre doit, avant de fournir des services professionnels, tenir compte des limites de sa compétence et des moyens dont il dispose ».

    Le réflexe ostéotendineux est une réaction involontaire normale de contraction musculaire à la suite d’une percussion du tendon. Il est recherché à l’aide d’un marteau à réflexes. Lorsque le marteau percute le tendon, on excite un nerf qui va remonter l'information jusqu'à la moelle épinière. L'influx revient alors immédiatement vers le muscle.

    Les réflexes tendineux (étirement ou myotatique) testés comprennent, entre autres :

    • le coude;
    • le genou;
    • le poignet.

     L’évaluation de ces réflexes renseigne sur la possibilité d’une affection neurologique. Plusieurs autres réflexes peuvent aussi être évalués :

    • Moue et points cardinaux (les lèvres);
    • Palmonmentier (contraction du menton à une stimulation de la paume de la main);
    • Clonus (contractions musculaires rythmiques et rapides provoquées par l’étirement passif et brutal d’un tendon);
    • Préhension et les signes de Hoffmann et Tromner (doigts).
  • 06. L’infirmière auxiliaire peut-elle mesurer la fonction sensitive et motrice ?

    Oui, selon l’article 37.1 (5°), par. d) du Code des professions, l’infirmière auxiliaire peut « observer l’état de conscience d’une personne et surveiller les signes neurologiques ».

    À titre d’exemple, l’infirmière auxiliaire peut contribuer à l’examen de la fonction motrice et sensitive. Toutefois, avant d’effectuer un examen, elle doit s’assurer d’avoir les connaissances et les compétences requises pour le faire, comme stipulé aux articles 3 et 5 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers auxiliaires :
     
    « 3. Le membre doit exercer sa profession selon les normes de pratique généralement reconnues. À cette fin, il doit mettre à jour ses connaissances et perfectionner ses aptitudes et habiletés ».
    [...]
    5. Le membre doit, avant de fournir des services professionnels, tenir compte des limites de sa compétence et des moyens dont il dispose. Il doit en outre s’abstenir de garantir la guérison d’une maladie ou l’efficacité d’un traitement qu’il prodigue ».

    Les symptômes sensitifs les plus fréquents sont les suivants :

    • Paresthésies (picotement, fourmillement dysesthésies);
    • Douleurs, souvent à prédominance nocturne, notamment au niveau des membres;
    • Troubles de l’équilibre majorés par la perte du contrôle visuel.

    Le symptôme moteur le plus fréquent est la faiblesse musculaire. Tout examen doit donc être comparatif entre le côté droit et gauche.

    Comme mentionné dans le Profil des compétences de l’infirmière et l’infirmier auxiliaire, l’infirmière auxiliaire : « analyse l’information et assure le suivi des données recueillies afin de contribuer avec les autres membres de l’équipe, à évaluer l’état de santé de la personne. »

    Différents termes sont utilisés pour décrire les manifestations cliniques observées par l’infirmière auxiliaire :

    • Parésie : faiblesse musculaire;
    • Paralysie : force;
    • Paresthésie : sensation anormale (engourdissements, fourmillements);
    • Dysesthésie : sensation désagréable et spontanée au toucher (brûlement, démangeaison, chocs électriques, piqûre);
    • Hyper-hypoesthésie : absence ou présence de sensation au toucher;
    • Hyper-hypoalgésie : absence ou présence de sensation douloureuse.

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